‹ Jacques Bouchard: pièce en un acte, en proseChapitre 5 sur 13 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PHILIPPE

Bien, très bien.

JACQUES, continuant

a C'est pour te dire qulton pauvre Jacques s'rend « malade ed'chagrin I qui fait plus rien, qui « travaille plus... parc'qui t'adore, quoi! Rappelle « toi ta mémoire et pense un peu au temps d'au- « trefois; t'avais juré pourtant ! pourquoi alors dis- « tu qu'c'est fini !... J'pleure comme une bête vois- « tu, ma Berthe, j'm'ronge, j'bois même, et c'est « plus fort que moi.;, j'peux pas oublier... j'peux « pas.

« Tiens, si c'est ma blouse qui t'effraye j'vas m'a- « cheter une casaque ed'drap... ah 1 ça prouve que « j'taime bien, pas vrai I

« J't'attends, avec de l'espérance, à 11 heures au « coin de la rue Véron, près du café Charles. Si « t'y viens pas... Eh I bien, je m'connais... j'ferai un « coup.

« Je t'embrasse et je reste toujours ton homme. Jacques Bouchard ».

Eh bien ?

PHILIPPE

Si elle est pas là, t'a l'heure, après ça, c'est un sans cœur. Ah! bon Dieu, t'aurais mieux fait, comme c'est aujourd'hui dimanche, de t'nettoyer, de m'suivre et de venir te balader un peu. (Un temps.) Alors quoi, tu demeures-là ?

JACQUES

Oui.

PHILIPPE

Bonne chance alors. (Il lui tend la main en se levant. En se retournant il aperçoit Polyte et Henri.) Tiens, v'ia justement Henri et Polyte.

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