IT'J JACQUES CALLOT
ciiiicux. Claude Maugis, ancien auniùnier deLouisi' de l.ori'aiiie, et qui depuis occupa les uièuies loue lions auprès de Marie de Médicis, avait eu le premier Tidik' de foi'iuer des albums d'estampes recueillies un peu ]:ail()ul. Il louait Callot sans rései've, et pour lui en h'inoi^tier sa recounaissauce, celui-ci Ini d<'dia les treize pièces de la Tierge publiées par Israël lleiuiel. Il appelle Claude Maugis : « Homme très illustre, coii- « seiller de la reiue Mère et du roi, auuionier ordinaire « de leurs uuijestés, et at)bé de saint Amlnoise ». Plus tard le cabiuet de Maugis passa à l'abbé de Marolles, et Ton sait que les collections de Marotte ont lormé le uoyau primitif du dé})artemeut actuel des estampes à la Bibliotbèque Nationale.
Ce que la passion d'amasser des éj)reuves rares, d'en composer des cabiers devint au dix-buitième siècle, c'est La Bruyère qui nous rai)prend dans la l'orme ironique qui lui est particulière. Sous le nom de Démocède, il peint quelque maniaque d'alors tout occn})é de sa passion, consterné de la quantité de vides remarqués dans ses suites précieuses. Il anuisse pour amasser d'ailleurs, et la moindie pièce man- ({uant lui cause des insomnies.
*< Vous voulez, ajoute Démocède, voir mes estampes? Et bientôt il les étale et vous les montre. V(|us en rencontrerez unequi n'est ni noire, ni nette, ni dessinée, et moins propre à être gardée dans un cabinet qu'à j tapisser un'jour de fête le Petit-Pont ou la rue Neuve.
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'11 cuiivicnl (jiM'llc (^sl iiuil gravt'c, plus mal dossinoo, mais il assure qu'elle est d'un Italien qui a ti\nvaillé peu. qu'elle n'a presque pas été tirée, que c'est la seule qui soit en France de ce dessin, qu'il l'a achetée très cher et qu'il ne la chanj^erait pas pour ci' qu'il ;i de meilleur. J'ai, conlinue-t-il, une sensible affliction et qui m'obligera à renoncer aux estampes pour le reste de mes jours. J'ai tout Callot, hormis une seule (jui n'est pas à la vérité de ses bons ouvrages. au contraire c'est un de ses moindres. mais (jui m'achèverait Callot. Je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin d'v réussir. Cela esl bien rude! » {De Ut
Démocède n'est point mort, de nos jours il colb^clionne plus que jamais, seulement il a quelque peu délaissé Callot pour Lawreince ou Debucourt.
Pendant tout le règne Louis XIV, le graveur lorrain conserva' son prestige; les estampes de Silvestre, de Perelle, de Sébastien Leclerc, inspirées de lui. le maintenaient dans sa faveur première. Les curieux ] (^cherchaient de préférence ses œuvres llorenlines, moins répandues en France, parce que les planches étaient restées en Italie et qu'on n'en tirait plus d'épreuves nouvelles. Pierre Morin, fleuriste à Paris, derrière l'hôpital de la Charité, les achetait à tout prix )M)ur les joindres aux œuvres d'Albert Durer. Quant ô\\\ travaux purement lon'nins. ils('taieAt devenus la