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propi'it'lr d'Israël llonriet, qui les laissa à son neveu Israël Silvc^slre. Le pondre de ce dernier vendit les cuivres originaux à Fagnani dans le courant du dix- Imitiùnie siècle. Ce Fagnani, sorle de brocanteur italien. iiniiK'i'ola les séries, travailla les planches jjonr en obtenir des états plus rares et classa l'œuvre entier « en deux grands volumes in-folio comme est celle (|n*il a eu riionneur de faire voira Monseigneur, et on la curiosité se trouve entièrement satisfaite; il les a aussi séparez en autant de petits volumes qu'il v a de matière pour former ditïérentes grandeurs de livres dans une bibliothèque. »
Comme on le voit par ce passage de Florent Lecoiute, Fagnani était le précurseur des modernes rafistoleurs. Mais si peu louable que fût ce trafic savant, il eut du moins l'avantage de sauver la plus grande partie des originaux du naufrage. A la mort de Callot, les héritiers avaient fait deux parts des planches gravées en Lorraine; Catherine Kuttinger veudit la sienne à Silvestre ; celle du frère, Jean Callot, se transmit de proche en proche jusqu'à Françoise d'Isscmbourg, arrière -petite nièce de l'artiste, devenue Mme de Graflîgny, sorte de bas-bleu médiocre, auteui' des Lettres péruviennes justement oubliées. Mme de Graffigny avait la passion des ustensiles de cuisine et le mépris des œuvres d'art. Elle avisa certain jour les cuivres noircis de son héritage, et les livra à im chaudronnier qui les convertit en
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cM^scrolcs cl 011 !)as<iiiniiv>^. \»'in Li (in du dix- Ijiiilièmo sirclc. M. de (j\nnn possc'diiit une cnvclle tnillée dans iino cau-forlc d(^ Jacques (iallol : depuis cette pièce a disparu.
Quand Fagnaiii cessa son (((ninieice, il cc-da les originaux achetés par lui à Tabbé de Clianccy, garde des Estampes du roi. Cehii-ci était un lonctioiniaire infidèle; chassé de son enipk^i pour indélicatesse, il vendit les cuivres en Angleterre. Depuis; (Y'ux-ci revinrent à Paris, et après des pérégrinations nombreuses chez des marchands parisiens, ils furent successivement acquis par M. Tlii('ry. de Nancy, (jui les gardait encore ces temps derniers.
De ces cuivres, les uns ont résisté aux tirages à cause de leur dureté propre : tels sont ceux des 3//sères de la Guerre. D'autres au contraire, comme les Supplices, se sont écrasés sous le rouleau, et sont usés par la presse. Au temps de Fagnani, quelques-uns d'entre eux tenaient encore; depuis, les fonds se sont nivelés, les fhiesses ont disparu et les épreuves qu'on en pourrait tirer ont perdu le ragoût singulier et puissant des premiers états.
Les estampes vendues sous le nom de Callot son très souvent de misérables épreuves obtenues sur ces planches déshonorées. On y trouve parfois un nom d'éditeur, Langlois, Vincent, ou autres qui avaient possédé les originaux pendant le dix-huitième siècle. Ces images n'ont aucune valeur: on a o\\ l)ean leur
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faire iiiio toilette spéciale, les préparer en salissant le papier, en reprenant même les lointains, elles ne Iroiiipeiil personne. Empâtées et décrépites, elles sont anx tirages contemporains de Callot ce qne Madame Récatnier vieillie était an porlrail de David.
L'artisle ne connaissait point les artifices de tirages imaginés par Rembrandt, lequel faisait passer une eau-forte par toute la gamme des tons en forçant ou (Ml atténuant son encrage. Callot gravait dans une manière qui voulait imiter le burin, et qui participait des avantages et des inconvénient de ce procédé. Le Irait est trop écrit, trop net pour autoriser les demi-teintes; nous avons relevé les lourdeur inhérentes à la méthode dans quelques pièces cidevant décrites, entre autres le Brelan. Au lieu de se condamner à ces tailles en treillage. Rembrandt eût fait simplement agir l'encre sur le plat du enivre et obtenu ainsi les obscurités péniblement pointées pièce à pièce par Jacques Callot.
Sans vouloir pousser plus loin ces réflexions complémentaires de notre travail, nous pouvons affirmer ({ue le faire du Lorrain est un des plus populaires qui soient. Les yeux les moins exercés le reconnaissent sans peine aucune. On parle de Callot comme de son compatriote Grandville; Tun éveille aussitôt l'idée des gueux, l'autre celui des animaux travestis. Quand on »''leva en 1877 sur une des places de Nancy une
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statue au nuutic du (lix-septièine siùi-lc, on mit ces simples mots sur le socle :