‹ Jacques Callot, sa vie, son œuvre et ses continuateurs (volume 2)Chapitre 33 sur 53 · J8 JACQUES CALLOT · texte numérisé non relu

J8 JACQUES CALLOT

employés par lui cherchaient à animer les fonds par des scènes microscopiques rappelant un épisode célèbre de la vie du personnage représenté. Yéulentils nous montrer le Cadet la perle, ce comte d'Harcourl de la maison de Lorraine célèbre par la l)oucle d'oreille qu'il avait adoptée, ils lui donnent comme cadre le siège de Turin. Le maréchal de La Meilleraye aura le siège d'Arras; le duc de Rohan, un combat de cavaliers et plus loin des rochers ronds empruntés à Callot sans être démarqués. Le cardinal Jean de Gondi se profilera sur une vue de Paris, dont il est archevêque; Maximilien de Bourgogne, sur l'Abbaye de wSaint-Vaast dont il est le commendataire; le Père Joseph, l'Éminence grise, laissera entrevoir le couvent des Filles du Calvaire fondé par lui. Cronnvel aura son combat naval; de moindres héros verront se dérouler des chaises; ce sont les Le Bouthilier officiers des ordres du Roi, Parlicelli, conlrùleur des finances, plusieurs dames, même celles gravées sur les originaux de Van Dyck, auxquelles on ajoute ce complément décoratif.

Quand le graveur donnera la figure équestre du duc d'xVnjou, frère de Louis XIV, il esquissera derrière une vue de la Seine et la tour de Nesle. Mais ce sont là de |)ures inspirations, en somme, et des adaptations. La seule transcription authentique et indiscutable, nous Lavons trouvée sur un portrait du roi représenté à clievaL ressortant sur la Grande chasse

JACQUES (^ALI.m 2iy

(le C-allot airangée pour la circonslaiice, avec le ceil' poiii suivi par les chasseurs, ^éta^*^^ et les rochers ronds baignant dans Teaii. On sent que ces praticiens n'ont pas le temps d'imaginer des scènes de leur cru, et qu'ils prennent leur bien ou ils peuvent. Comme

Éventail, par Mculas Cochin.

ils ont par devers eux les estampes du niaitre. ils leur font les emprunts nécessaires à leurs effets.

Quels étaient ces adaptateurs anonymes? Les figures traitées au burin et les fonds destinés à l'eau-forte montrent bien que le même ouvrier ne terminait point la planche. La physionomie une fois tracée par le portraitiste, le cuivre devait être confié au déco-

râleur chargé de raccentuer à sa guise. Au nombre de ces opérateurs de la dernière main, nous pourrions nommer Nicolas Cochin l'ancien, né à Troyes \ers 102(1, et qui suivit la manière de Callot pendant sa longue carrière. Cochin possédait les modèles principaux du maître, il en étudiait les finesses gracieuses, l'expression ardente. A l'exemple de La Belle, il recher chait de préférence les sujets du Nancéien; lui aussi avait parodié la Tentation de saint Antoine, en laissant une place plus grande à la figure du plaisir. Le saint est entouré de démons, mais aussi de séducions. Le style de cette composition est sobre, mais sensiblement plus mesquin et plus empêché que n'est l'inspiration farouche du créateur.

L'impulsion venue de Callot se décèle plus franchement dans la Foire de Falaise et la Tour de Babel inventées par Cochin, où des fourmilières d'élres s'agitent et courent. Par quelle singulière idée la Tour de Babel, cette pièce bizarre, fut-elle dédiée à Ballesdens, le rival malheureux du grand Corneille à l'Académie française? Dans cette estampe comme dans la plupart des autres, l'artiste se perd un peu Irop dans le détail, néglige les notes générales si étudiées et si parfaites chez Callot. Qu'il grave les éventails, la Citasse royale, le Passage de la Mer Bouge, qu'il demande même à son modèle préféré la Femme adultère ou la Bésurrection de Lazare, il reste froid, un peu maniéré, et la gêne apparaît indiscutable.

Nicolas (^.orliiii trnvaillnit pour le complo des t'iliteurs Montcornet et Le Blond. A en croire Flo- I > lit Le Comte, il eût gravé diverses estampes sur les (1 .-«sins inédits de Callot; nous n'avons pu les décou- M'ir.

François ("Jiauveau niaicha sur les mêmes brisées, i!i;iis pour être demeuré un artiste secondaii'e, il élargit le champ de Teau- forte, en l'employant conjtiinlement avec le burin. C'est lui et Sébastien Leclerc qui créeront la vignette, cette note d'art si française ]i;i<sée aux gens du dix-liuitièiue siècle, et devenue, ràce à eux. la merveille de notre école de gravure. \ (lire vrai, François Chauvcau n'imita presque jamais I illot; tout au plus cherchfi-t-il dans la Tentation '!•' saint Antoine quelque motif pour le Ravissement il'Proserpine de Dassoucy (1655), entre autres certain diable aiguisant ses cornes à une meule. Quant au ivste. il contribua puissamment à transformer la mode acceptée par les éditeurs. Au lieu de former (l.'s albums de suites, il lit des estampes pour des livres, pour le Molière notamment. (»ù le grand comique appaïaît dans deux tleurons de frontispices costumé en Sganarelle et en don Juan.

Le plus rapproché peut-être de Callot par la nature du talent et les liens d'amitié fut Israël Silvestre. Celui-ci était le neveu d'Israël Henriet; son père, peintre sur verre, avait partagé l'admiration commune pour le maître de N'ancy. Tout jeune. Israël Silvestre,

— il était né en lO^l — feuilletait les estampes et faisait son éducation artistique dans la boutique de son oncle; il habituait son œil aux finesses précieuses de la pointe, il s'essayait à les reprendre. La mort de son père décida de sa vocation. Henriet enseignait le dessin aux seigneurs de la cour, l'enfant trouvait à qui parler dans l'atelier et se mêlait aux meilleurs esprits. L'oncle, qui avait contribué pour une si grande part à lancer ses amis Callot et La Belle, n'eut point grand peine à frayer la route à l'enfant. Dans le temps qui suivit ses premiers essais, « il avoit si bien formé sa manière qu'on voyoit des pièces de lui qui ne le cèdent à nulle autre ». Cinq ans après la njort de Callot, le jeune homme entreprenait son voyage en Italie; déjà sa manière future se révélait, il se vouait plus volontiers à la topographie et prenait, au hir et à mesure de ses chevauchées à travers le monde, les croquis des sites principaux. Il est alors plein de fougue et de hardiesse; il exécute d'instinct, avec une énergie toute juvénile, les eaux-fortes préparées. Plus tard les conseils de La Belle lui enlèveront quelque peu de cette audace; il se contiendra, poussera davantage ses travaux, il aura perdu la fine (leur de son esprit.

Toute son œuvre tient de Callot; on y retrouve l'aisance, le brio et l'élégance du Lorrain. Il le suit jusque dans ses défauts, et s'amuse parfois comme lui à arranger ses modèles, ce qui rend ses paysages

OU ses palais légèrement suspects. Un encadrement en forme d'écran lui servira à loger la ])lace royale avec ses foules de promeneurs, mais il s'en tiendra ])lus volontiers aux estampes dépourvues d'orneinonts, à la vue pure et simple. >>'ous avons vu Callot j)rofiler en ombres chinoises, en noir sur le fond éclairci de certaines pièces, ses figures de premier plan destinées à faire reculer les lointains; Silveslre aliuse du procédé, il le met à toutes sauces et parfois le rend fastidieux par sa répétition.

Il est peu varié; tous ses monuments sont pris dans le plein soleil des grandes journées avec leurs tuiles brillantes et les grandes taches d'ombres portées par les murs sur les terrains. Sa dextérité est merveilleuse dans l'agencement des constructions compliquées, il se joue comme à plaisir au milieu des toits pointus, des larges pignons, il donne à chaque chose sa physionomie. Mais on épiouve quelque^ ennui à ressentir toujours la même impression, la note est trop uniforme.

11 s'est approchi' au plus près de Callot dans l'estampe de la Maifion de Saint-Ouen. inanièie de fête foraine, bariolée ronnne celh* de VImpruneta. encombrée de marchands, de bateliers, de gens de toute sorte. C'est un tait curieux dans la carrière de Sil- \estre que, plus il s'éloignait de Callot dans le temps, plus il s'en rapprochait dans la manière. La Maison de Saint-Ouen date de 1672, c'est-à-dire que le maître

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est mort depuis près de quarante ans; et cependant sa note est demeurée tout entière dans l'œuvre de son imitateur. Tout au plus saurait-on reconnaître plus de distinction cliez Silvestre, ce qui n'est point une qualité dans l'espèce. La vie étrange de ces cohues, surprise par Callot et décrite d'un trait de pointe, est légèrement assoupie chez l'autre; moins de gueux ou d'histrions, moins de pittoresque aussi.

Ses planches de réjouissances, entre autres celles du ballet de la princesse d'Élide, marquent une étape nouvelle dans la cai'rière du graveui'. 11 est un personnage officiel, un artiste de cour, et il le montre. Tout en demeurant très attaché aux principes de Callot. il est plus musqué, plus pimpant. Son invention n'a point les ressources de son prédécesseur, mais il le surpasse par le ton de meilleure compagnie. Son talent est assez haut coté pour le temps; ses planches montent à 500 livres, et on le surcharge de mille travaux.

Ces artistes avaient embourgeoisé le métier; ils n'étaient plus des errants éternels comme Jacques Prévost, couchant à la belle étoile dans la plupart des cas, et d'instant à autre habitant les palais. Israël Silvestre possédait pignon sur rue du fait de sa femme Henriette Selincart, il connaissait la grande aisance. Ses albums de topographie s'enlevaient couramment dans un public que la mode entraînait vers les paysages.

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H n'est pas sans intérêt de mentionner ici les diverses fortunes des planches originales de Callot passées à Silveslre. Ce dernier, comme nous l'avons dit, avait iiéiilé de toutes celles que son oncle Israël llenriet exploitait, c'est-à-dire à peu près la totalité des cuivres gravés en Lorraine de 1(329 à 1655. A la mort d'IIenriet, Silvestre accrut son lot déjà considérable de la part échue à Catherine Kuttingcr ; il y fit mettre ce qu'on appelle en style iconograpliique Vexcudit, c'est-à-dire sa marque de propriété. Avant d'arriver à ce dernier possesseur, ces originaux avaient fourni plusieurs tirages; un du vivant même de Callot sur papier lorrain, qui donne les meilleures épreuves; un second plus tard, vers 1655; le troisième fut celui de Silvestre. On comprend la différence énorme pour les collectionneurs entre les estampes obtenues par Callot ou sous sa direction, et celle du troisième état avec ïexcudit. Autant les premières sont fines, autant les dernières montrent l'usure. Les amateurs lia])iles dédaignent celles-ci, ils réservent leurs tendresses à celles-là.

Lorsque Silvestre mourut, le 11 octobre 1661, les planches de Callot passèrent avec celles de La Belle, de Lepautre, d'IIenriet et les siennes propres à Hen- ] iette-Suzanne Silvestre, mariée à Nicolas Petit de Logny, avocat au Parlement. Le tout représentait une somme de 5000 livres environ. Vers 1699. Nicolas Petit vendit son lot à l'orfèvre Fagnani.qui fit de nouveaux

tirages, numérota les suites à sa guise, et fit entourer certaines d'entre elles de cartouches dessines par un autre imitateur de Jacques Callot nommé Sébastien Leclerc. C'était une grave maladresse. Ces décors nouveaux signalaient aux amateurs les épreuves récentes, on n'en voulait pas. Fagnani, marchand avant tout, et commerçant malhonnête, fit disparaître ces témoins importuns en les dissimulant sous des caches ; il espérait tromper les clients sur les états. Malheureusement ces superclieries n'échappèrent à personne; les œuvres de Callot ainsi déshonorées tombèrent vite au rabais, on les repoussa comme une marchandise frelatée.

Nous venons de parler de Séljastien Leclerc; lui aussi s'étudia de bonne heure à faire du Callot. Né en 1657, deux ans après la mort du maître, il n'avait subi qu'une influence médiate, la tendance passée dans les mœurs. S'il compose des caprices à sa façon, c'est qu'il voit ses contemporains recliercher ces petits travaux de pointe; il suit La Belle, Israël Silvestre et les autres. Ses dessins de diverses figures dédiés à Colbert d'Ormoy sont une paraplirase émanée dii-ectement d'eux, mais il les veut rapprocher des caprices du Lorrain. Les figures y sont doubles en esquisse;' simples d'abord, et poussées ensuite; c'est moins audacieux, mais plus naturel. Plus tard il mit des fonds à ces modèles, de petits lointains formés de scènes pittoresques, comme dans la série publiée sous

les auspices de M. deBoncœur, œuvre cliarmante, très voisine des compositions similaires de Ccillot.

Lui aussi refit la Noblesse sous le titre iVEstats et conditions de la vie humaine, où les gueux trouvent leur place. Chaque personnage, depuis le président au Parlement jusqu'au galérien, est présenté au public dans un distique en vers de mirlitons, peut-être composés par le graveur. Il montre un homme de robe en costume de ville suivi d'un laquais, magistrat dameret, poudré et musqué comme un galant. Il écrit au bas :

L'iiabit du maistre el du laquais Marquent un conseiller du palais.

Il passe en revue toutes les conditions, les riches et les pauvres, même le criminel condamné à ramer sur les galères, misérable hère chargé de chaînes. Ces liens sont terribles à porter, Fartiste-poète plaint le sort du malheureux homme dans ces deux vers bizarres :

Ce galérien soupire accablé sous ses chaînes Qui sont bien différents de celles de Chimène.

Les estampes ne sont pas moins difiérentes de celles de Callot, mais pour ordinaires qu'elles soient, elles notent le passage, la transition insensible entre les merveilleuses inventions du maitre et celles des vignettistes du dix-huitième siècle. Sébastien Lecleic

a iiolablcinenl agiaiidi les dejuiers. Tandis (|iil' .I;icqiios Callut composai! pour un seul livre les illiisti'alioiis très ordinaires que nous voyons dans la Lumière (lu cloistre, Sébastien Leclerc abandonnait les albums d'estampes, les séries pour se vouer à la décoration des ouvrages. X l'exempte de François Cbauveau, il cbercbe dans Callot la pbrase concise et serrée nécessaire à ces petits tableaux complets qu'on nomme la vignette. Tout le secret de ce mode d'ornementation repose précisément sur la lînesse, l'esprit, le brio dont le maître lojrain savait mieux que personne jouer à propos; le suivre en pareil cas, c'était encore 1(* plus babile. Leclerc Téludia, cliercba à redire ce qu'il voyait cbez lui; quand il esquissera quel([ue scène de mœurs, il saura grouper les figurines, il ne se pei'dra pas dans les détails oiseux. La vie de cbaque jour lui fournira des sujets sans nombre; il les enjolivera, les relèvera d'une pointe de malice, les saupoudrera de fin esprit, et l'école française de l'illustration sera née, née de Callot, venue de Lorraine }>ar l'Italie après un long séjour eu France.

Ce mouvement irrésistible et spontané, celte imitation quasi inconsciente ne s'arrêta point à Florence et à Paris. 11 y eut r Reims, à Nancy des pasticheurs de Callot, il y en eut en Flandre, il y en eut en Allemaf^iie. A Reims, c'est Nicolas De Son, conteniporciiu de Callot, (jui s'essayait à faii'c ce qu'il rencoiitiait dans les œuvres du Lorrain, mais avec rinex[)é-

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riencc d'un graveiir inédiucrc ci diiii flessinatciir maladroit. Il passe pour avoir ('It' Tt-lrvc direct du maître au même titre que Colligiiou: eest uue erreur. De Son resta dans sa province, il y composa des vues, entre autres celle de la cathédrale de Reims, devant laquelle il réj)andil une iuule tiguranl un maij^i'c. un très maigre pastiche de YImprunela. Quand il vint à Paris, il demeura médiocre, et ses planches d'Anet, de Yillers-Cotterets, ne sortent point d'un niveau ordinaire; c'est un apôtre, mais un apôtre modeste qui ne parait pas s'être douté beaucoup de sa mission.

François Collignon tint de plus près au Lorrain: il était né vers 1610 à Nancy, où il avait pu fréquenter Callot à son retour d'Italie. Sa place toutefois n'est point des plus marquantes dans la pléiade. Il va un peu au hasard, tantôt rapproché de Callot, tantôt suivant La Hclle. peu inventif, peu audacieux. Son tempérament d'interprète, de copiste, l'arrête dans son essor personnel. Entre deux besognes, l'une d'inspiration, l'autre de transcription, il choisira de préférence la dernière. S'il décrit de lui-même les masca rades romaines en février 1654. il est embarrassé et lourd; au contraire il sait traduire assez finement les dessins de La Belle pour le siège de Perpignan ou pour la bataille de Rocroy, destinés au recueil de l'ingénieur Beaulieu.

Et tandis que les Français chantent à l'envi les louanges du Lorrain en le reproduisant en tout et par-

tout, eu cherchant à le piller, à le transcrire, à l'imiter, un jeune artiste de Prague, né vers 1607, copie les guerres d'après lui, adopte sa manière et tente de l'imposer à ses compatriotes: c'est Wcnceslas Hollar. Celui-ci est i)eut-ètre le plus parfait, le plus réellement doué de cette foule de copistes et d'adaptateurs; il a la délicatesse, le toucher, le doigté le plus suhtil qui se voient. Quand il personnifie les saisons sous les traits de jeunes et jolies femmes, il est au plus près de Gallot, c'est la Noblesse moins la netteté et la vigueur. Mais les fonds y sont féconds en surprises. VHiver ce sera la Hollandaiî^e pimpante, proprette, longuement calfeutrée de mantes, de masques de tous genres; derrière elle un coin de ville avec ses beffrois, ses pignons pointus, son petit peuple tranquille. Ses cohues ont aussi leur physionomie digne de Callot', on voit toute une population s'agiter au pied de la cathédrale de Strasbourg, le chef-d'œuvre incontesté de l'artiste. Et, bien qu'il exagère ses travaux, qu'il pousse au delà du nécessaire les accentuations, il a gardé de son modèle préféré l'esprit qui anime les moindres scènes Ses travaux en Hollande, en Angleterre, portèrent la pensée de Callot, légèrement travestie, à travers les deux royaumes. 11 connut d'ailleurs La Belle et grava de lui le portrait dont nous parlions tout à l'heure; mais il parait avoir goûté davantage le maître lorrrin.

JACOIKS CAI.I.OT -IZÔ

En résume .(acques Callol a bniilovt^rsr rÉcole française des graveurs, il a iii)|i!>sé ses nioyensartistiques en perfeetionnant les procédés. Il cvt ini inventeur tout aussi ])ien (ju'un grand maître et l'esprit le plus fécond, le plus fortement trempé du dix-septième siècle, dans son genre. Depuis Ilolbein, personne n'avait su dire comme lui, dans de très petites compositions, la vie commune, les scènes journalières. D'autres avaient cherché les mêmes sujets avant lui. mais les ressources leur faisaient défaut. L'école des Wierix. tout habile qu'elle fût, ne connaissait que le burin, outil rebelle dans les finesses et laissé aux graveurs de profession, aux transcriptions des maîtres. Callot fît de l'eau-forte l'agent docile des inventeurs; guidés par lui, les dessinateurs ou les peintres purent écrire leur pensée sur le métal sans intermédiaire, et sans endjarras de pratique. Aujuiird'liui encore, après deux siècles et demi, nos aquafortistes modernes ne sauraient faire mieux. Les perfectionnements apportés dans cette branche spéciale de l'art portent sur le détail, ils n'ont point touché à l'essence même de son économie.

Frontispice.

Ferdinand faisant fortifier Livourno 21

Figure des Caprices de Florence . . 29

^aint Mansuet ressuscitant le fils dti roi. 57

Le Massacre des Innocents 41

Combat de galères 45

J'artie de la Foire de Florence, dite VImprunela 49

Estampe de la suite des Bohémien? 57

Titre des Varie figure 09

La Dévideuse et la Fileuso 71

Le Gentilhomme 75

La Dame lorraine 77

Le Crucifiement 05

Le Parterre de >ancy 09

Le Char de l'Infante 105

La Chasse 117

Callot, par Michel Lasne 125

Entrée du roi à la Rochellr d29

Le roi à cheval 151

Portrait de Delorme 155

Saint de la suite dite des Grands Apôtres 145

Les Misères de la Guerre. — L'Estrapade loi

Les Misèi'es de la Guerre. — La Roue 155

Les Misères delà Guerre — Les Pendus lOG

Vq^ Mi-ù'rcs de la Gticrre. — L"Hùpit:il io^

Tombeau de Jacques Callut • • • lOô

Le Retour de l'enCant prodigue 105

Polonais, par Siepliano délia Bella 19 1

MiVawr, traj^i-comcdie jf'uée en Hiil 105

La Mort victorieuse 201

Éventail, par Kicolas Cocliin 219

Vue du Louvre 223

l.NTRODCCTiON.

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