SCÈNE I
Jacques-Cartier. — Onondaha.
Jacques-Cartier X Onondaha. ( Après les salutations d’usage.) — Grand Chef, je te saine ; je viens au nom du Roi très-chrétien de France prendre possession de ce pays ; je viens apporter des paroles de paix sous les wigwams et les huttes sauvages et fumer le calumet avec celui qui commande à ces forêts. Reçois, illustre chef, des mains du visage pâle ces présents, gages de mon estime et de mon affection. Aussi longtemps que brillera la lumière de l’astre sur la tente du guerrier farouche, aussi longtemps je viendrai m’asseoir à ses côtés. Tu es devenu puissant au milieu des conseils de ton pays par ta sagesse ; ton courage pour combattre et
poursuivre les bêtes féroces t’a rendu brave et fort
parmi les tiens . Suspend maintenant à la porte
de ta hutte ces souvenirs précieux apportés par l’homme pâle.... Je vais écouter ton doux langage.
Onondaha 1 Jacques-Cartier. — Frère, merci de tes bonnes paroles. Le chef est content de toi. Il a vu arriver les visages pâles avec crainte, et tu as dissipé sa terreur avec le miel de ta bouche. Les peaux rouges sont fiers, mais ils sont soumis devant celui qui les aime et qui entoure leurs cous de colliers superbes. Aussi loin que pourra s’étendre ton regard sur ce domaine, aussi grande sera ta puissance pour commander.... Frère, mange avec moi ces fruits de l’amitié et que le Manitou te soit favorable.
(Toute la tribu s’approche à un signe du chef, et Jacques- Cartier et l’Indien échangent divers présents, des colliers et des produits. Une peau est dressée sur l’herbe et les deux interlocuteurs s’assoient).