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naconà, Taignoigny, Domagaya et plusieurs autres vinrent aussi devant les navires Cartier alla à leur rencontre pour saluer le vieux chef, et l’invita à entrer dans le fort. IL répéta l'invitation à Taïswaoagny qui se présenta en deuxième lieu. Domagaya avait pu dans l'intervalle glisser dans l'oreille du capitaine que “ Taignoagny avait mal parlé, et qu’il avait dit au seigneur Donnacona qu'il n’entrât point dans les navires.” Au même moment Cartier aperçut les femmes qui fuyaient à toutes jambes et vit que les hommes seuls restaient. Il crut que le tempsétait arrivé de frapper un grand coup, et il eria à ses gens de prendre Donnacona, Taignoagny, Domagaya et les autres qui avaient été désignés d'avance. Les sauvages furent pris d’une terreur telle qu'ils ‘ commencèrent à fuyr et courir, comme brebis devant le loup: les ungs le travers la rivière, les autres parmy le bois, chascun son advantage” Les captifs farent mis sous bonne garde.
Durant la nuit les sauvages s’amassèrent sur la rive opposée de la rivière Sainte-Croix, hurlant comme des loups, et criant: Agohanna, Agohanna. Cartier n’en fit pas de cas, et .ne permit pas à Donnacona de se montrer ni de leur adresser la parole. Le lendemain, vers midi, ils revinrent en nombre et recommen-
ét.
ins ON
cèrcnt leurs cris et leur appel à Donnacona.
Avec la pormission de Cartier, celui-ci leur annonça qu'il était bien traité, qu’il irait en France raconter au roi ce qu’il connaissait du Saguenay et d'autres lieux, qu'il reviendrait dans dix ou douz2 lanes,et que le roi lui ferait un grand présent. Ces bonnes nouvelles parurent satisfaire les naturels ; ils traversèrent la rivière en assez grand nombre et ils firent présent à Cartier de vingt-quatre colliers d'esurgay ‘“ quai est la plus grande richesse qu'ils aient en ce monde.” Le capitaine leur donna en échange quelques menus objets, qui parurent leur faire plaisir. Le lendemain, 5 mai, une petite barque, montée par quatre femmes, apporta à Cartier des provisions en quantité, du blé, de la viande, du poisson, et autres vivres. Donnacona paraissait ravi de faire ce voyage qui, naturellement, devait exciter sa curiosité (1). Lis samedi 6 mai, Cartier reprit le chemin de la France avec ses deux navires. Le retour fut heureux. Au lieu de suivre la côte sud du Labrador, il prit le passage entre l’Ilo d’Anticosti et &aspé, (2)
(1) M. Cunat pense que le zuotif qui dirigea Cartier dans l'enlèvement des chefs sauvagas, était de les habituer à nos usages et les amener à embrasser le christianisme,
afin d'introduire, avec leur secours, la civilisation dans
ces vastes contrées, (ist, inédite de S, Malo.) (2) Voir Note C, chap. VII,
relâcha à l’île de Brion, au havre du Saint- Eiprit, aujourd’hui le port aux Basques, sur le côté sud de Terreneuve, et en dernier lieu aux îles de Saint-Pierre et dans la Baie des Trépassés que Cartier appela Aougnouse. Il quitta ce havre de refuge le 18 juin. Les vaisseaux poussés par un vent favorable, arrivèrent à Saint-Malo le 16 de juillet.
Ce voyage de quatorze mois mit fin à l’état d'incertitude où étaient plongés les esprits au sujet du Canada. Ce pays était enfin connu, et l’on allait pouvoir se faire une idée assez juste des avantages qu’il offrait à la création d'établissements stables. Cartier avait exploré toute la rive gauche du Saint-Laurent, jusqu’à Hochelaga. IL avait pu s'assurer de la fortilité du sol de cette vallée, dont les Laurentides au nord, etles Alléghanys au sud, forment le plus bel encadrement qui se puisse voir. Pays d'accès facile, puisque le capitaine malouin l'avait parcouru sans rencontrer d'opposition sérieuse de la part des peuplades sauvages qui l'habitaïent, le. Canada semblait offrir un champ féébnd à la civilisation chrétienne. Il ne restait plus à François I qu’à en revendiquer la possession, et à l’exploiter d’une façon profitable aux intérêts de l'Eglise catholique et de la France,
int-
r le ET AT aux Tré- | uitta CHAPITRE VIII AUX it à Troisième voyage de Cartier
da 1541-1542 s au :
anu, S8eZ tion loré Contrairement à ses prévisions, Cartier ne qu’à put être fidèle à la promesse qu’il avait faite ilité aux sujets de Donnacona, de leur ramener leur s au seigneur, douze lunes après son départ pour la blus France. Colle-ci venait d'entrer en guerre avec Days | los Espagnols commanlés par Charles Quint, buin et tout le temps que durèrent les hostilités, tion c’estàdire durant les douze années subaés qui quentes, Cartier comprit qu’il était inutile de
un vouloir reprendre le fil de ses expéditions
Il lointaines.
ven- Quelques uns ont prétendu que Cartier, de ‘une retour de son deuxième voyage, essaya de tho- dégoûter le roi en l’engageant à ne plus
former de nouvelle expédition. Ces rapports
sont mensongers, puisquo la troisième expédition, bien qu'elle n’eût lieu que plusieurs annéos après, fat organisée sur une plus grande échelle que les précédentes. * D'autres attribuent ces lenteurs au fait qu’on n'avait trouvé au Canada ‘aucune apparence de mines, et alors plus qu'aujourd'hui, une terre étrangère qui ne produisait ni or ni argent, n’était comptée pour rien (1).”
Ce qui contribua le plus puissamment à faire différer une nouvelle expédition, ce fut le manque de ressources. En effet los finances royales étaient dans un triste état de délabrement, et François I avait des ennemis trop puissants à tenir on respect, pour s'occuper de découvertes qui pouvaient être retardées sans inconvénient. Ce ne fat qu’&près la trève de dix ans, conclue entre les deux monarques le 18 juin 1538, par la médiation du souverain pontife Paul LIT, que François I put donner suite à l’idée qu’il nourrissait depuis si longtemps de fonder (les colonies dans le nouveau monde. Après avoir écouté le récit du deuxième voyage dela bouche même de Cartier, recueilli des sauvages autant d'informations qu’il pouvait avoir besoin pour se confirmer dans sex desseins, et mûrement considéré là propos
(1) Charlevoix,
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ss DU
d'ordonner une nouvelle expédition, il prit ua parti décisif. Un gentilhomme nommé François de la Roque, sieur de Roberval, avait obtenu de Si Majesté la permission de suivre Cartier dans ses découvertes. Le Roi lui confia la conduite et la lieutenance générale. Mais comme Roberval ne semblait pas mettre tout l'empressement voulu, François [I émit, en date du 17 oztobre 1540, des lettres patentes, (1) par lesquelles il constituait Jacques Cartier capitaine général et maître pilote de tous les vaisseaux destinés pour cette entreprise. Ces lettres sont infiniment précieuses, en ce qu’elles nous font mieux saisir le véritable motif de l'établissement d'une colonie. française au Canada. Ba voici les principales dispositions :
Le désir de connaître plusieurs pays qu’on dit être possédés par des hommes vivant sans connaissance de Dieu, et contrairement à la raison, nous y fit envoyer à grands frais, il y a longtemps, plusieurs bons pilotes et autres de nos sujets de savoir et d'expérience, pour découvrir ces pays. Ils nous en amenèrent plusieurs hommes, que nous avons longtemps gardés dans notre royaume, et fait instruire dans l'amour et la crainte de Dieu, dans sa
(1) Enregistrées au parlement de Rouen : registre secret, archives de la cour d’appel, fonds du parlement,
sainte loi et la doctrine chrétienne : nôtre intention étant de les faire ramener dans ces pays en compagnie de bon nombre de nos sujets de bonne volonté, afin d'attirer plus facilement les autres peuples de ces contrées à croire en notre sainte foi.
‘“ Et, entre autres, y avons envoyé notre cher et bien aimé Jacques Cartier, qui a découvert le grand pays des terres de Canada et Hochelaga, qui offre (ainsi qu’il nous l’a rapporté) plusieurs bonnes commodités, et dont les peuples, avantageusement pourvus de corps, sont bien disposés d'esprit et d’entendement, Et, à l'exemple de ceux qui l'avaient précédé dans ces désouvertes, le dit Cartier nous a amené un certain nombre de ces sauvases, que nous avons fuit ouïr et instruire en notre sainte foi. C’est pourquoi, considérant leur bonne inclination, nons avons résolu de renvoyer le dit Cartier dans les pays de Canada et d’'Hochelaga, et jusqu'à la terre de Saguenay, s’il peut y aborder, avec bon nombre de navires et d'hommes de toutes sortes d'arts et de métiers, afin d'entrer plus avant dans ces pays, de converser avec leurs peuples et d'habiter avec eux (s’il en est besoin), pour mieux parvenir à notre dite intention, et faire ainsi une chose agréable à D'eu, notre Créateur
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ct Rédompteur, en procurant la glorification de son saint nom cet l'augmentation de notre mère la sainte Eglise catholique dont nous sommes dit et qualifié le premier fils.”
Ces lettres patentes sont la meilleure réponse que l’on peut faire, à ceux qui ont aflirmé, que François 1 n’envoya Cartier au Canada que pour des motifs d’un intérêt sordide, surtout on vue d’y découvrir de l’or et autres métaux vrécioux, Ce que ce prince chevaleresque désirait avant tout, c'était, commeille déclare, la glorification de notre mère la sainte Eglise, c'est-à-dire l’oxtension de la foi catholique.
Dans ce mêmo document, François IL fait un élogo bien mérité de son capitaine général, ot rend hommage à ‘ sa capacité, son dévouement, son Courage, sa grande diligence et son expérience.” En conséquence il lui donna amp'e autorité, et ordonna qu'on le fît jouir de toutes les prérogatives inhérentes à ses titre eu qualité de capitaine général. Cinq navires (1) furent équipés à Saint-Malo : du nombre était l’Emérillon. Vu la pénurie où se trouvaient les finances royales, le roi intima au prévôtde Paris, aux baillis de Rouen, de Caen, d'Orléans, de B'ois et de Tours, aux sénéchaux du Maine,
(1) Voir Note À, chap. VIII,
d'Anjou et de Guyenne, et à tous les autres officiers de justice, tant de France que de lu province de Bretagne, de mettre à la disposition de Cartier jusqu’à cinquante prisonniers, à son choix (1).
Le 23 mai 1541 Cartier mit à la voile, laissant en France M. de Roberval, qui n'avait pas ou le temps de s’approvisionner de poudre, l'artillerie et de munitions qu’il tirait de la Champagne et de la Normandie. La traversée fut pénible. Les navires furent dispersés par la tempête, à l'exception de ceux commandés par Cartier et le vicomte de Beaupré. Ce ne fut que le 23 août qu'ils arrivèrent au havre de Sainte-Croix, les cinq vaisseaux s'étant retrouvés à Terreneuve. Aussitôt après leur arrivée, les sauvages de Stadaconé vinrent rendre visite aux Français, et demander des nouvelles de leur souverain et de ses compagnons. Cartier leur dit que Donnacona était mort, (2) et que les autres vivaient largement en france, et avaient préféré ne pas revenir au Canada. Son but, en leur célant ainsi une partie de la vérité, était de les empêcher de croire qu'ils auraient pu avoir été mis à mort d’une manière déloyale ; car ils étaient tous
(1) Veyez la Note B, à la fin de ce volume, chap. VIII. (2) Voir Note C, chap. VIII.
atr'es de lu ispo- 1iers,
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Je ne 1avre étant leur rent r des com était ment
décédés, à l'excoption de la petito fille. Cotte nouvelle ne déplut pas à Agona, appelé à remplacer le vieux chef, disparu de la scène terrestre. Il se laissa aller à des démonstrations d'amitié, qui cependant ne cachaient au fond que la plus profonde dissimulation,
Cartier se méfiait de la sincérité des sauvases. C’est pourquoi il ne voulut pas vivre trop rapproché d'eux. Désirant aussi un abri plus sûr et plus commode que la rivière Suinte- Croix, il remonta le fleuve avec deux barques jusqu’à la rivière du Cap Rouge, à neuf milles plus haut que le promontoire de Québec, et là iltrouva le refuge désiré. L'endroit ne pouvait être mieux choisi, Il lui parut si propice qu'il résolut de s’y fortifier; il fit monter ses vaisseaux à l'embouchure de la rivière ; trois y furent mis en sûreté pour l'hiver.
Le mois de septembre était venu, ct Roberval, si impatiemment attendu, n’arrivait pas. Ce retard était de nature à décourager le capitaine. Mais il en prit son parti, et envoya à sa rencontre Macé Jalobert, son beaufrère, ct Etienne Noël, son neveu. Ils conduisaient deux des vaisseaux de l’escadre et emportaient avec eux des lettres pour le roi, daus lesquelles Cartier lui rapportait fidèlement toutes les péripéties de son voyage, son
établissement au Cap Rouge, ot enfin se plaignait de l’absence do Roberval. Celui-ci ne devait partir de france que l’année suivante. Si Cartier eût pu prévoir l'abandon dont il était victime, il eût peut-être abandonné on projet de passer l’hiver au Canada. Mais quoiqu'il arrivât, la prudence lui commandait do so fortifier contre les attaques probables des nations sauvages. C’est ce qu'il avait déjà fait on partie, en élevant sur les bords de la rivière un petit fort, qu'il appela Charlebourg-Royal,(1) en l'honneur du duc d'Orléans; fils de François I. Mais il ne se contenta pas de cet unique appoint. La rivière du Cap Rouge est encaissée entre deux montagnes, ct il eût été facile aux sauvages de veair les surprendre et de les corner. Cartier ‘it donc ccastruire au sommet d’une de ces hauteurs un autre fort qui couvrait le premier. Comme nous le verrons bient(t, cette précaution était sage, car les sauvages auraient attaqué Charlobourg-Royal, s’il n'eut été mis en aussi bon état de défense.
Après le départ de Jalobert et de Noël, Cartier affréta deux barques, pr't avec lui Martin de Paimpont, d’autres gentilshommes et quelques marins, et partit le 7 septembre
(1) Voir Note D, chap. VIII,
plai- 1 ne antce.
nt il 5on Mais ndait ables avait ds de arlceléans; a pas Cap C8, CL r les donc teurs mme était arle-
bon
Noël, lui mes
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pour se rendre à Hochelaga. Ie vicomte de Beaupré resta au Cap-Rouge comme gardien et commandant du fort qu'il y avait fait ériger.
Cette fois l'intention bien arrêtée de Cartier était de remonter le fleuve au-delà d’'Hochelaga, et de franchir les rapides de Lachine qu’il connaissait, pour en avoir entendu parler dans son voyage précédent par les habitants du Mont-Royal. Il s'arrêta en route à un village nommé AHochelaï situé, d’après Champlain, dans un lieu appelé Sainte-Croix, (1) ‘loigné de quinze lieues de Québec. Garneau appelle ce village Achelacy, et le place dans le voisinage des rapides du Richelieu. Cartier s’y était déjà arrêté en 1535, et le chef lui avait alors donné de grandes preuves d'amitié et de confiance. La petite fille qu’il avait conduite en France, en même temps que Donnacona, était une des enfants de ce chef. Celui-ci était encore plein de vie, et il parut heureux de revoir le capitaine. Cartier lui fit de jolis présents, et lui confia deux jeunes français pour leur faire apprendre la langue du pays.
Le 11, Cartier arrivait à l’île de Montréal, et passa sans trop de difficulté les deux premiers rapides. Mais il fut forcé de s'arrêter au saut Saint-Louis, qu’il lui fut impossible de
(1) Voir Note E, chap. VIII.
franchir. Renseignements pris, Cartier renonça à son projet de naviguer plus à l’ouest, et rebroussa chemin. IL apprit à Hochelaï que le chef était parti depuis deux jours pour se rendre à Maïisoana, ainsi qu’il l'avait annoncé aux deux jeunes français. C'était une feinte, car cet ami prétendu du capitaine était allé s’'aboucher avec Agona, et délibérer sur ce qu'ils pourraient entreprendre contre les Français.
À son arrivée à Charlebourg-Royal, Cartier fat informé que les sauvages n’apportaient plus de provisions au fort, et que Stadaconé était rempli de peuple de toutes les parties du pays. Cette nouvelle le mit sur ses gardes, et il redoubla de précautions, en cas d'attaque durant la saison d'hiver qui s’approchait.
Le second voyage de Cartier dans le haut du fleuve, n'offre rien de remarquable. Il n’apprit rien de nouveau sur le pays, si ce n’est qu’il était impossible de passer les sauts avec ses barques. Ce fut le résultat net de ce voyage. Quant à ses relations avec les sauvages des environs d'Hochelaga, elles furent d’une grande bienveillance, quoique ces sauvages tramassont déjà sa destruction. Cartier n'avait donc rien de mieux à faire que de se retirer avec les siens dans ses forts, et de sc préparer
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haut A 1 Ce jauts le ce ages ’une Ages vait irer arer
à toute éventualité. Ils avaient semé des légumes aussitôt après leur arrivée. Le terrain était fertile, car en moins de neuf jours les graines qu'ils ensemencèrent sortirent du sol.
“ Des deux côtés de la rivière, dit Cartier (1), il y a de fort bonnes et belles terres, pleines d'aussi beaux et puissants arbres que l’on puisse voir au monde et de diverses sortes. De plus, il y a grande quantité de chênes les plus beaux que j'aie vus de ma vie, lesquels étaient tellement chargés de glands, qu'il semblait qu’ils s’allaient rompre ; en outre il y ade plus beaux érables, cèdres, bouleaux et autres sortes d'arbres, que l’on n’en voit en France; et proche de cette forêt sur le côté sud, la terie est tonte couverte de vignes, que nous trouvâmes chargées de grappes aussi noires que ronces. De plus il y a quartité d’aubépines blanches, qui ont les feuilles aussi larges que celles des chênes, et dont le fruit ressemble à celui du néflier. En somme, ce pays est aussi propre au labourage et à la culture qu’on puisse trouver ou désirer.”
Ici se termine la relation du troisième voyage de Cartier (2). Cette interruption regrettable nous laisse daus la plus grande incertitude sur
(1) 3e Voyage. Edit. canad., p. 72, (2) Voir Ncte F, chap. VIII,
les faits et gestes du découvreur du Canada, durant cet hiver de 1541-42. Tout ce que nous savons, c’est que Cartier fut molesté sans relâche par les sauvages qui rôdaient continuellement autour du camp. Ce fut la cause de son retour en France, comme Roberval en fait foi. Dès le petit printemps, il quitta Charlebourg-Royal et il rencontra Roberval sur les côtes de Terreneuve vers le 7 juin. Ce dernier avait fait voile de la Rochelle le 16 avril précédent, avec trois grands navires portant deux cents personnes, tant hommes que femmes, et quelques gentilshommes, entre autres le Sieur de Senneterre, son lieutenant, Lespinay, son enseigne, le capitaine Gruinecourt, Jean Alphonse, Saintongeois, pilote de renom: (1). Roberval voulut ramener Cartier avec lui au Canada. Mais le capitaine fit voile secrètement durant la nuit, pour la Bretagne.
On a interprété de bien des manières le départ précipité de Cartier. Roberval a écrit que Cartier, voulant s’assurer la priorité de ses découvertes, avait voulu arriver le premier en France. Cette accusation est injustifiable, car l’illustre navigateur n'avait fait aucune découverte impor tañte dans ce dernier voyage.
(r) Voir Note G, chap. VIII,
Li pt e,
anada, ce que té sans
conti-
À CAUSC val en quitta berval in. Ce > le 16 navires ommes s, entre 1 lieupitaine ngeois, menér pitaine pour la
ères le
a écrit rité de remier ifiable, aucune royage.
Il avait sans doute de puissants motifs pour ne pas suivre Roberval, motifs qu’il dut faire agréer au Roi, puisque celui-ci loin de Île blâmer, le chargea presque aussitôt de retourner au Canada, pour aller chercher le sieur de Roberval.
Les événements donnèrent du reste raison à Cartier, car, s’il eût accompagné Roberval en Canada, ils y seraient tous infailliblement morts de faim, en attendant le mois de septembre 1543, où ils auraient pu avoir une récolte dans le pays. C’est ce qui ressort de la relation même du voyage de Roberval. La disette devint telle, qu'il lui fallut mettre son monde à la ration, et quelle ration ? de la morue, du marsouin, des fèves et du pain en quantité insuffisante. Cinquante de ses hommes moururent durant l'hiver. Roberval fit preuve d’une grande imprévoyance dans l’organisation de son voyage, et la retraite de Jacques Cartier nous semble parfaitement justifiée.
Comme nous l’avons établi dans un précédent chapitre, Cartier mit huit mois à aller quérir le sieur de Roberval. Les détails manquent sur ce quatrième voyage, fait par ordre du Roi. Mais nous savons qu’à son retour Cartier eut des démêlés avec Roberval, au
sujet des sommes dépensées pour la troisième expédition. Un procès s’ensuivit, qui donna beaucoup de tracasseries au brave navigateur. Des commissaires furent nommés et Roberval comparut devant eux. Cartier prouva à leur satisfaction que, loin de n’avoir pas dépensé la somme accordée par le Roi, il se trouvait pour 1633 livres de ses propres deniers. Après deux années de débats plus ou moins remplis d'intérêt, le tribunal d’amirauté, dans sa séance du 21 juin 1544, déclara nuls et non avenus tous les rapports de M. de la Roque, sieur de Roberval. Cartier eut donc gain de cause sur toute la ligne.
La carrière aventureuse de notre Découvreur se termine avec l’année 1543. Il avait atteint la cinquantaine. Fatigué sans doute par les misères et les privations qu'il dut cssuyer durant ses trois voyages au Canada ; découragé peut-être par la perfidie des peuplades sauvages sur l’amitié desquelles il ne pouvait compter ; chagrin enfin de ne pouvoir coloniser un pays aussi éloigné, sans ressources suflisantes, (Cartier semble renoncer pour toujours à reprendre la mer. Son courage pourtant n'avait pas fait défaut jusqu'alors ; s’il rentrait dans la vie privée, c'était plutôt dans l'intérêt de l’œuvre civilisatrice qu’il
isième donna ratcur. )berval ,à leur ensé la it pour Après ‘emplis ans SA et non Roque, sain de
Décou- | avait s doute 1 dut anada ; es peu- 8 il ne pouvoir <ources
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avait entreprise, que pour se ménager une vie calme et paisible au milieu de ses parents et de ses amis bretons. Le Découvreur avait bien compris que les éléments de colonisation employés par Roberval, n'étaient pas de nature à former le noyau d’une population honnête et vigoureuse. Ce transport à Charlebourg-Royal d'une chaîne de malfaiteurs était une grande faute, Et Cartier, dont on connait la foi profonde — car il fut catholique et breton toujours —, n'aurait jamais consenti à fonder une colonie avec des hommes de mœurs perdues. Mieux valait pour lui rentrer dans ses foyers, et travailler à se rendre utile à ses concitoyens, d’une manière moins éclatante peut être, mais plus en rapport avec sa conscience de catholique dévoué à son Dieu.
Lénener dense AeNEN ENS En EAeNen Ter ÉTERNEL EE SCENE A CELAPITRE IX
Les compagnons de Cartier (1)
Il n'existe pas, que nous sachions, de liste oflicielle des équipages de Jacques Cartier lors de sa première et de sa troisième expédition au Canada. Sur les 61 qui prirent part à la première, il nous a été impossible de découvrir un seul nom. Il est bien vrai que l'abbé Manet cite Olivier PDabreuil et Jacques Maingard, mais nous somimes porté à croire que l’auteur des Malouins Célèbres a commis une erreur, vu qu'ils ne prirent part qu’au deuxième voyage, au témoignage de tous les auteurs.
Au cours du récit du troisième voyage nous trouvons les noms du vicomte de Beaupré, Macé Jalobert, Etienne Noël et Martin de Paimpont. Ajoutons Thomas Fourmont dit La Bouille, Louis Douayren, Michel Hervé, le jeune, et Colas Barbé. On ne trouve aucune mention des autres,
(1) Voir Appendice A. Rôle d'équipage.
ms
Le rôle d'équipage du second voyage ronforme 74 noms, y compris le Découvreur.
Mais cette liste, bien que revêtue du cachet officiel, est incomplète, car il est hors de doute que l’escadre était composée de 110 hommes, comme on peut s’en assurer en référant au texte du Brief Récit et succincte navigation. Sur ce nombre 25 moururent du scorbut durant l'hiver de 1535-36. Une des victimes dont le nom est resté, Philippe Rougemont, n'apparaît pas sur le rôle d'équipage.
Leo Récit du second voyage nous a conservé aussi les noms de Claude de Pontbriand, Charles de la Pommeraye, Jehan Guyon, Jehan Poullet, qui ne figurent pas non plus sur la liste.
Le P. Charlevoix en cite un autre, du nom de Goyelle,
D'autres écrivains mentionnent Charles Guyot, secrétaire de Cartier, Jean Garnier; sieur de Chambeaux, Garnier de Chambeaux et Charles Gaillot.
En faisant un relevé de ces noms, disséminés un peu partout, on parvient à former une liste de 84 noms. Vingt six manquent donc à l'appel. Quels sont-ils ? On serait tenté de croire qu'ils furent les victimes de l'épidémie scorbutique, vu que leur nombre est assez
ronreur.
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exactement celui des pauvres malheureux emportér par le fléau, Mais cette supposition n’est pas possible, quand on sait que la liste des marins fut dressée à Saint-Malo, avant lo départ des vaisseaux. |
Quoiqu'il en soit, les soixante quatorze noms qui figurent au rôle d'‘quipage de la aeuxième oxpédition,ne représentent pas tous les marins de la Grande Hermine, de la Petite Hermine et de l’'Emérillon. Si l’on s’en rapporte au document qui suit, on se convaincra davantage de la vérité de cette assertion. Il établit eh effet que Jacques Cartier avait eu ses franches coudées pour le recrutement de ses hommes d'équipage, et qu'il avait même obtenu le privilège insigne d'inscrire sur ses cadres plus de marins que n’en signale le rôle, dresfé par une main officielle, avant son départ.
. Le mercredi dernier jour d ès P s mi V En à l'abbaye Éonelfebans io dnaletense Fonlet aparu le rolle et numbre des Es De ed, Cartier a prins pour lad. naviga- Monnet ss ne entre mes mains pour incerer cy dessus, Vans Fo et protesté de en dymyer du numbre de Ne e et d’en prendre d’aultres à son chouaix.
ertion desd. maistres, compaignons, mariniers et
pillotes s’ensuyvent.
Ê6" dotument porte la signature de Jehan Léveillé, greffier. Le but de Cartier, en faisant insérer ce document au registre des délibéra-
tions des bourgeois de Suint-Malo, était de s'opposer aux tentatives des armateurs étrangers, hostiles à son entreprise.
À cette période de l’année les armatours faisaient la course aux marins pour la pêche à Terreneuve. [ls durent voir d’un mauvais œil les préparatifs grandioses de Cartier, qui, lors de son premier voyage, leur avait enlevé soixante hommes, C'était là en effet une entrave sériouse au recrutement de leurs pêcheurs. [ls firent une terrible opposition à Cartier, comme il appert par les lignes qui suivent, puisées dans Ramé (1):
Les bourgeois et marchands de ceste ville taichant d’empescher lad, navigation ; taichant aussi à emmener et conduire plusieurs navires de ceste ville aux dites parties de Terre neuffve pour leur proffit particulier, ont caiché et faict caicher lesdits maistres de navires, maistres mariniers et compaignons de mer,
Obligé de lutter corps à corps avec des adversaires aussi peu scrupuleux, Cartier s'était adressé à la justice, pour faire lever un obstacle qui pouvait compromettre ses plans, au préjudice du Roi. Il avait obtenu, le 27 mars 1534, quelques semaines avant son premier dépari pour le Canada, une défense formelle aux armateurs malouins, de lever leurs équi-
(1) 1'e série, p. 4.
pages pour Terreneuve avant qu'il eût fait lui-même son prélèvement.
Comme les difficultés de l’année précédente semblaient se répéter, Cartier crut prudent en 1535, de mettre ses affaires de recrutement en règle, afin de n'avoir plus à lutter avoc les armateurs. Telle est l'explication de la pièce précitée (1). Elle nous fait aussi comprendre pourquoi nous découvrons plus tard qu'au lieu de 73 personnes, il s’en trouve cent dix.
Le rôle d'équipage de 1535 renferme, comme nous l'avons déjà dit, 74 noms, celui de Cartier, capitaine, compris. C’étaient tous des marins, ou, du moins, ils s'étaient engagés en cette qualité. Exceptons cependant les deux aumôniers, Dom Anthoine et dom Guillaume Le Breton. Il n’y avait pas de passagers proprement dits, et la plupart étaient malouins.
Parmi eux il y avait plusieurs parents et alliés des familles Cartier et Des Granges.
Quelques-uns le devinrent plus tard.
Guillaume Le Breton Bastille, capitaine et maître du galion, âgé de 27 ans en 1535, ne semble pas étranger à Jehan Le Breton, qui épousa en 1536 Jehanne Des Granges, nièce de Catherine, femme de Cartier, Une autre nièce de cette dernière unit son sort à celui
(1) Page 115.
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d'Olivier Le Breton. Guillaume Le Breton ne vivait plus le 26 février 1540, ainsi que le prouve l’organisation de la tutelle de ses mineurs.
Jacques Maingaid, maître du galion, né le 22 décembre 1498, était fils d’Allan Maingard etde Collette Des Granges. Le faitque Cartier porta un de ses enfants sur les fonts baptismaux, prouve dans une certaine mesure qu'il y avait quelque lien de parenté entre sa mère et la famille de Catherine Des Granges.
Macé Jalobert, capitaine et pilote du courlieu, ou la Petite Hermine, épousa, vers 1528, Alison des Granges, sœur de Catherine. Il était par conséquent beau-frère de Jacques Cartier. Macé Jalobert naviguait encore en
Estienne Nouel, né le 21 août 1510, était neveu et filleul du Capitaine. II £tait le second enfant de Jehan Nouelet de Jehanne Cartier.
Jacques Nouel qui obtint, en 1558, comme héritier du Découvreur, un monopole pour l'exploitation du Canada, était fils d’un second mariage de Jehan. Ce Jacques était aussi filleul de Carticr.
Michel Audiepvre, dont le nom se trouve dans les textes Odieupvre, Aulievre, Dieure, Oldyepvre, le Lievre, épousa une nièce par
al
Laurent, qui épousa Catherine Jalobert, fille
alliance de Cartier, Perrine Jalobert, fille de Macé et d’Alison Des Granges. Cartier nomma lPainé de ses enfants, puis un second,le premier, Jacques, ayant succombé. Il est quälifié de noble homme. Michel apparaît, en 1558, comme un des gentilshommes de la garnison du Château. Il exerçait aussi les fonctions de commis à la Recepte des droits de l’Amiral sur les prises de guerre.
Michel Philipot épousa Jeanne Le Fuchestel, alliée aux Des Granges.
Guillaume Âlliecte était allié aux Des Granges ; Robin Alliecte ayant épousé Perrine Des Granges avant 1497.
Guillaume Le (rentilhomme était le père «le
de Macé, beau-frère de Cartier.
Anthoiïine Alliecte, frère de Guillaume, était, comme lui, allié aux Des Granges. Il assiste au baptême d’un Des Granges le 10 octobre 1529.
Jacques Du Boys était le fière de Julienne, femme d’Etienne Nouel, neveu de Cartier.
Pierre Nyel devint allié de Jacques Cartier.
Anthoine Des Granges n'était pas frère de Catherine, car on ne le voit pas figurer au partage des biens du Connétable de Saint-Malo. Son nom apparaît le 4 mars 1541 à côté de Michel Hervé, le jeune, pour certifier qu’un
nommé Fleuriot avait reçu de Jacques Cartier denier à Dieu pour aller avec lui au Canada.
Ce Fleuriot (Hervé) voulait se décharger (le la tutelle des enfants mineurs de feu Jehan Perriguet et Gillette Brignon, et il donnait pour excuse ses absences répétées de la ville, et surtout son engagement comme l’un des compaignons et gens de Me Jacques Cartier pour le veaige de Canada où de breff partiront pour aller.
Voilà douze parents ou alliés aux familles Cartier et Des Granges. Parmi eux se trouvaient trois des plus en vue, dont l’un, maître du galion, Jacques Maingard ; le deuxième, Macé Jalobert, capitaine et pilote du courlieu, etla plus jeune Etienne Noël, devaient prendre part à la troisième expédition de Cartier.
Nous trouvons sur le rôle d'équipage un apothicaire etun barbier-chirurgien : François- Guitault et Sanson Ripault. C’est probable ment à ce dernier qu'échut la pénible tâble de faire l’autopsie du cadavre de Philippe Rougemont.
Les aumôniers en titre étaient Dom Guillaume Le Breton et Dom Anthoine.
Quelques uns ont cru que cette désignation de .
Dom appliquée à ces deux prêtres comportait le titre de Bénédictin. C'est, paraît-il, une
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erreur, car Dom au XVIe siècle, dans la Haute Bretagne, et particulièrement à Saint- Malo, indiquait un prêtre séculier, et même un prêtre libre, ou un simple chapelain. Ainsi nous voyons au registre des baptêmes de Saint-Malo, le nom du prêtre précédé de ce Dom qui aujourd'hui distingue les religieux Bénédictins des autres. Dom Guillaume Ruault, prestre, fait un baptême à la cathédrale de Saint-Malo le 18 mai 1539. Ainsi de Dom Roland Columbel, substitut du vicaire-curé, le 13 décembre 1540 ; le même, grant chapelain de lad. église de S. Malo, le 8 décembre 1547.
L’annotateur des Relations des voyages de Csrtier publiées sous les auspices de la Société lit éraire et historique de Québec, et M. Harisse après lui, ont prétendu qu’il n’y avait point de prêtres catholiques parmi les compagnons de Cartier. Sont-ils bien sûrs de n'être pas tombés dans l'erreur, car on constate à plusieurs reprises que la messe se disait et même était chantée. Nous pourrions multiplier les citations. Ainsi dans la relation du premier voyage, Cartier dit :
“ Le jour Saint Barnabé, après la messe ouye, nous allames o n0z barques oultre le dit hable.”
‘ Le dimanche, fismes dire la messe, et le lundi suivant, partismes outre le port de Brest.”
“ Le lundi scixième, après avoir ouy la messe.”
“Le jour de feste de l’Assomption Nostre Dame, partismes assemblement du dit hable de Blanc Sablon, après avoir messe.”
Les mêmes remarques sont encore plus nombreuses et mieux compréhensibles dans la relation du second voyage.
‘ Le septiesme jour du dict moys jour Nostre- Dame, (septembre 1535), après avoir ouy la Messe, nous partismes de la dicte Isle es couldres.”
“# Notre capitaine, voyant la pitié et la maladie ainsi esmeue, feist mettre le monde en prières et oraisons,......…. . Et ordonna que le Dimenche ensuyvant l’on diroit au dict lieu 1: MEBSC serssiss La Messe dicte et célébrée (1) devant la dite Image, se fit le capitaine pèlerin à Nostre Dame, qui se fait de prier à Roquemadou.”’
Ces preuves écrites devraient suffire amplement pour nous faire croire que le capitaine malouin s'était fait accompagner d’ecclésiastiques. Les citations précédentes nous paraissent assez explicites. Our la Messe, est une expression vague, qui peut être interprétée dans le sens d'entendre lire ou réciter les prières ordinaires de la Messe. C'était la pratique des
(1) Les manuscrits de la Bibliothèque Impériale disent chantée.
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protestants, à défaut de ministres, de faire la lecture de la bible le dimanche. Aujourd’hui encore, nous voyons au Cours de longs voyages, les capitaines de vaisseaux suppléer aux fonctions du ministre absent. Mais cette coutume était inconnue en France à cette époque.
Cartier, dont la prudence égalait la bravoure, n'aurait pas entrepris des voyages de plusieurs mois, sans amener avec lui des prêtres pour assister ses hommes d'équipage, soit en cas de maladie, soit en cas de péril. Un des caractères même de ses expéditions qui était de porter la religion catholique au sein des hordes sauvages, exigeait qu'il emmenât avec Jui des personnes capables de les instruire, et de leur a1ministrer les sacrements de l'Eglise (1).
Mais revenons aux autres compagnons de Cartier. La plupart n'offrent aujourd’hui d'autre intérêt que d’avoir pris part à des voyages périlleux, remplis d’incertitudes et souvent de déboires. Les plus remarquables sont les maîtres et les pilotes des navires mis à la disposition du capitaine.
Thomas Fourmont, ou Fromont, dit de La Bouille, maître de la Grande Hermine, fat un des rares compagnons du deuxième voyage qui suivirent encore le capitaine en 1541, On
(1) Voir Note A, chap. IX.
le voit assister aux délibérations de la communauté de Saint-Malo, le 3 mars 1535, à côté de Jacques Cartier, dont il :at constamment le bras droit. Au retour de Macé Jalobert et d’'Etienne Noël,renvoyés en France par Cartier le 2 septembre 1541, on apprit la mort de La Bouïille. Il avait succombé au cours de ce troisième voyage. Macé Jalobert, capitaine et pilote de la Petite Hermine, était probablement le fière d'Hermine Jalobert. Ce serait l’origine des noms donnés à la nef et au courlieu, dont l’une était montée par le capitaine Cartier, et l'autre par le capitaine Jalobert, son beau-frère. Le prénom d’'Hermine était excessivement rare dans la ville bretonne.
La flottille de la deuxième expédition renfermait plusieurs gentilshommes. Nous avons déjà donné leurs noms. Il y avait des gens de métier, des charpentiers, et des cordonniers. Georget Mabille appartenait à la confrérie de Saint-Crépin, comme la plupart des Mabille de père en fils, depuis les temps les plus reculés.
Richard Cobaz était d’une famille de marins, de charpentiers de navires, de ‘“ gallifestreux ” ou calfats. Les charpentiers inscrits sur le rôle comme tels étaient: (Guillaume Sequart, Guillaume Esnault, Jehan Dabin, Jehan du Nort, Philippe Thomas et Michel Donquan.
Où retrouve Jehan Dabin, le 12 novembre
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1544, témoin de Cartior dans un procès, Michel Donquan était irlandais de naissance. Les ouvriers JIirois ou irlandais étaient alors nombreux à Saint-Malo.
Un dernier point à noter au sujet des compagnons du deuxième voyage: c’est la différence, souvent notable, dans l’orthographie des noms et prénoms que l’on retrouve, non sans étonnement,sur les listes dressées jusqu'à ce jour. Il nous en est tombé plusieurs sous les yeux, et il n’y en à pas deux qui soient absolument semblables. Nous avons celles de M. Ramé, de M. de la Porderie, dans le Collectionneur Breton, une de M. lablhé Laverdière conservée à la bibliothèque de l’'Université-Laval, une de M. Benjamin Sulte dans son ÆAistoire des Canadiens français, et celle de M. Joüon des Longrais, auquel nous avons emprunté une foule de.détails.
Pour donner une ilée des incorrections orthographiques, nous avons pris la peine d'en relever un certain nombre et de les rectifier de notre mieux, d'après M. des Longrais, qui nous a paru avoir fait une étude plus spéciale que ses prélécesseurs de ces noms défisurés.
Sans attacher trop de valeur qu’il ne faut à l'orthographie d’an nom de famille ou de baptême, elle n’est pourtant pas dénuée d'importance pour le chercheur sérieux. Celui-
ci ne vout pas être induit en erreur, même en matière légère. Que l’on compare les deux colonnes suivantes, dont l’une est le corrigé de l’autre, et l’on pourra juger de la différence.
Richard Le Bay, Estienne Reumeuel, Michel Audiepore, Lucas Fammys, Robin Le Fort, :
Colas Barbe,
Jehan Margen, Gilles Stuftin, Guillaume Allierte, Jacques Poinsault, Jullien Plantirnet, Michel Donquais, Goulset Riou, Jehan Comuyres, Louis Douayrer,; Bertrand Sambost, Jehan Ravy,
Jean Duvert,
Marc Jalobert,
lisez [a
à. Cobaz.
. E. Pommerel.
. M. Audiepvre.
. L. Saumur.
R. Le Tort.
. C. Barbé.
J. Maryen.
… G@. Ruffin.
. G. Alliecte.
J. Prinsault
. J,. Plancouct,
M. Donquan.
. Goulhet Riou.
. J, Coumyn.