SCÈNE VV
Arthur, Parizot et Henri.
Henri—Holà ! l'ami ! qu’avez-vous donc sur le Cwur ce soir; on dirait Comme ça que vous avez des remords. Allons,.….un peu de hardiesse.. et pas
sonniers du nom de
de contes en l’air pour rien... Tenez, (lui présentant Parizot) voici un gai luron qui se dit de vos parens et qui veut vous voir ;.. ça changera vos idées de faire un petit bout de conversation avec lui.
ParizoTr—Salut, Monsieur le tourne-clef. Je suis Lien aise de venir faire votre connaissance....Il y a un instant en passant par ici, j'ai saisi des mots vagues à la porte de cette prison, et il m'a semblé que je n'étais pas tout à fait étranger à vos paroles. J'ai demandé à cet homme qui est ici, ce que ça voulait dire et je suis entré....Ah 1! Monsieur, je
vous assure que j'en connais long sur ces affaires
là... Tenez, moi qui vous et j'ai vécu dans le temps de votre père ;.. il occupait votre place et bien souvent je venais voir un de ses prij ean Canada... un vénérable vieillard victime. de la persécution et qui au dire du père Lamerluche a pas:$ par tous les malheurs possibles. Vous parliez de 1837....C'est ça que c’est une histoire pas drôle, celle-là. Si vous aviez vu Delorimier, Cardinal, Duquette et d’autres braves canayens qu’on a été pendre comme des chiens après les avoir traîné dans les prisons ;...vous ne resteriez pas longtemps géolier....Rien qu’à y penser, j'écume encore de rage...Si je n'étais pas si vieux et si cassé, j'irais ben encore me battre comme à mes vingt ans * ee la liberté de mon pays....Mais c’est assez. Dites moi donc ce que vous faites ici Vous m'avez l'air pas mal abattu pour un homme qui n’a rien à faire....Allons! voici un banc pour vous asseoir. Et puis si le cœur vous en dit (en sortant une bouteille de dessous son habit) voilà de quoi vous donner de la gaîité.
(Ils vont s'asseoir.)
ARTHUR (acceptant la bouteille et prenant un coup). —Merci l'ami, tu me fait grand bien.
ParzzoT.—Buvez ; il n’y a pas de quoi. Par chez
nous, c’est toujours comme ça; on prend en famille.
ARTHUR.—Tout de même, je n'oublirai jamais tant de bonté de ta part; car vois-tu, je suis bien malheureux.
ParizoT.— Voyons : pas trop de langage. et surtout faut pas gaspiller ma boisson avec des niaiseries.
ARTHUR.—J'y consens; mais pour l’amour de Dieu, écoute ce que je vais te dire: tes lèvres ont prononcé il y a un instant un nom dont l'écho torture sans cesse mon âme... Tu l’ignores peutêtre, mais chaque qu les murs de cet obscur réduit le répètent à mes oreilles... et chaque jour, grâce à la trahison et à l’infâme cupidits qui me dévore, je renouvelle au profit de vils corrupteurs le supplice toujours répété de l’ignominie contre la patrie enchaînée. Tiens, (il se dirige vers lé milieu de la place et ramasse le papier)...pendant que mes maîtres livrent au vent de l'oubli et à la froide humidité des cachots la proie décharnée de cette odieuse conspiration, on laisse trainer comme un rebut dans la vile poussière de la prison les reclamations généreuses de tout un peuple. Voyez et lizez ce document..…..Ce sont des accents douloureux et ils étaient dignes d'arriver jusqu’au pied de l’autorité comme un cri d'espérance et de revendication nationale!...Hélas ! ils sont demeurés sans écho... Jamais peut-être ils n’ont eu d’autres à témoins que ces murailles ténébreuses !.…
(Il tend le document au paysan.)
ParizoT (abasourdi et prenant un ton respectueux). --Pardon Monsieur, je n’ai pas la chance de pouvoir lire ces papiers là. Mais votre récit m'intéresse et je serais curieux d'avoir lecture de ce document.
(Il remet: le papier au géolier.) : …
D TI PL TER MP AC A CR ed mp
D Pom = js MA
Le géolier lit :
A Son EXCELLENCE LORD SYDENHAM
Gouverneur de la Province de Québec.