‹ Jacques Cartier ou Canada vengé [microforme]Chapitre 26 sur 29 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

(Arthur seul et s’assayant. Il essuie sont front. Puis reprenant après un moment de silence. On baisse les gaz. )

ARTHUR.—Quelle triste nuit! Quelle angoisse poignante agite mon âme! Le secret de cette persécution infâme serait-il découvert ?...Le trouble inquiet de Barizot.... ce mot furtif glissé à l'oreille du prisonnier... ces pas fprécipités vers la porte de sortie; tout cela est un indice certain qu'il doit se passer quelque chose d’étrange... Mais pourquoi

s’alarmer inutilement? Ne suis-je pas grassement

payé par l'Etat... sans compter le tour du bâton ? Allons du courage... Tiens, voilà justement mon affaire (prenant la bouteille et absorbant un coup). Rien de tel pour remettre les émotions comme quelques bonnes larmes... Avec ça que ça coute pas cher... et qu'un malheureux qui se sent des transes subites prend un sommeil de plomb et se croit dans le paradis...(après une pause) Mais ne v'làt-il pas que la tête commence à me tourner... Je soup: çonnais bien que cette maudite boisson me jouérait quelque mauvais tour un moment ou l’autre... (X

en CU me

sent des pesanteurs à la tête. Il se lève difficilement.) C'est curieux tout de même comme je me sens la tête lourde, et agitée... on dirait que les paupières m'ouvrent toutesgrandes comme soulevées avec des tenailles pour m'empêcher de dormir... (Il est tourmenté). La prison tourne... mes idées s'embrouillent. Je crois que je deviens fou. Où suisje? Non. (1 cherche la porte). pas par ici... ns tatonne). Ah! c’est affreux. A mon secours. Ant...

(Il tombe à la renverse... Il reste immobile quelque temps. Pendant ce temps là Parizot veut pénétrer dans la prison— l’aide-de-camp qui est à la porte, attiré par les cris du géolier lui barre le passage. Parizot l’étend d’un coup de poing par terre et pénètre dans la prison.—Puis il va ouvrir la grille et amène le vieillard qu'ilifait asseoir dans le fond de la pièce sur un fauteuil qu’il a disposé dans ce but. Il sort.— Pendant ce temps là un rêve vient agiter Arthur. Il parle par paroles entrecoupées—il aperçoit une vision. Jacques- Cartier enveloppé d’un long linceul apparait dans un nuage éclatant.)

ARTHUR (révant, parle) —Malheureux que je suis !.. J'avais pourtant vu la figure hideuse du crime :.… naguère encore la colère de mes nouveaux maîtres s'était tournée contre moi... Pourquoi m'être livré ainsi comme une brute aux insultes de la foule ?.. Je suis fevenu l'instrument de la vengeance et de la persécution... Qu’ai-je retiré de cette infâme marché? La honte... le mépris, le deshonneur.….. Supplice affreux !.. Tous les jours... à chaque instant... il me faut river des chaînes aux bras de mon éternellè victime. Bourreau, lâche persécuteur ;.… quand donc cesseront tes infernales tortures ni Mais Grand Dieu ; que vois-je ?.… est-ce un rêve ?.… Sera-ce l'ombre d'un nouveau tyran ou celle d’un libérateur de l’opprimé ?.… Ah! j'étouffe..… à moi... au secours ! |

(Il se réveille tout couvert de sueur. La vision s’efface. A ces cris l’aide-de-camp éntre dens la salle de le prison. II est frappé de stupeur en voyant le désordre qui entoure Arthur et en se trouvant en présence du vieillard.)

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