‹ Jacques Cartier questions de calendrier civil et ecclésiastique [microforme]Chapitre 3 sur 9 · CU · texte numérisé non relu

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CCELEEET]

13 avril.

1 mai.

novembre, décembre, janvier.

février, mars, avril,

de

at

116 L'ABBÉ HOSPICE VERREAU e STYLE FRANÇAIS ‘STYLE ROMAIN suivi par Jacques Cartier, suivi aujourd'hui.

1555 se continue, 1536 suite,

8 avril avant Pâques, 3 avril,

13 avril, ‘“ ‘6 13 avril.

15 avril, dernier jour. 15

Tel éiait l’ordre civil et officiel de la succession des années en France, et cet ordre fut observé, avec les restrictions déjà indiquées, jusqu'en 1563. A cette date, Charles IX, par son ordonnance de Roussillon, régla qu'à l'avenir l'année commencerait en France au 1er janvier, en sorte que le 1er janvier 1563 devint le 1er janvier 1564. ‘

Les préliminaires arrêtés, nous allons faire l'examen chronologique des voyages de Cartier * et des documents publiés par MM. Ramé, * Harrisse ! ei Foûon des Longrais.” Cette étude comprendra deux parties : d'abord la détermination de l'année, puis la recherche du quantième de la semaine et du mois.

Je commence par l'année.

Je placerai les pièces dans l'ordre où elles doivent être, qui n’est pas toujours celui où elles ont été publiées, par suite de l'oubli général que j'ai signalé plus haut.

On me pardonnera, si je procède article par article, comme pour un inventaire. Dans une pareille matière, il s'agit surtout d'être clair et précis.

1. “ Du jeudi, XIX mars, l'an mil VS XX XIII davent monsieur l'alloué, ete.

Premier document officiel où il est question du voyage de 1534. Cartier se plaint des moyens pris par quelques personnes — bourgeois et marchands -— pour l'empêcher de former l'équipage dont il a besoin. Il parait que la cour ne voulut pas adjuger immédiatement sur ces remontrances, et qu'elle prit huit jours pour informer et délibérer. La sentence ne fut rendue que le 28 mars, défendant à tous les vaisseaux de quitter le port, même de se déplacer, avant que Cartier eût fait le choix de ses hommes.

1 Il paraît cependant que le Parlement n'accepta cette réforme que deux ans plus tard, et ne commença l’année le ier janvier qu'en 1567. “Le Parlement, qui est comme le gardien des anciens ordres du Royaume, s’y opposa et ne put être persuadé de suivre cette réformation qu'après l'assemblée de Moulins, sçavoir en l'an 1567.” [Mézeray, Abrégé chronol, de lhist. de France, Amsterdam, 1674, t V, p.83] l'année 1566 n'eut done que $ mois et 17 jours.

: Je me servirai des différentes éditions et traductions publiées depuis 1845 jusqu'à nos jours.

* A la suite de la première édition, dennée par M. H. Michelant, dn voyage de 1534, Paris, Tross, 1865, Je la cite par le seul mot Rumé.

# Notes pour servir à l'histoire, à la bibliographie et à la cartographie de ta Nouvelle-France, ete., Paris, Tross, 1872.

5 Jacques Cartier, Documents nouveaur, ete., Paris, Picard, 1888. M, Joüon des Longrais, ancien élève de l'Ecole des chartes, n’a eu garde d'oublier la correction du calendrier. 11 appelle nouveau style le style romain.

6 Ramé, dans l'édition mentionnée plus haut, pp. 3 et suivantes : registres de l'assemblée de ville où cour de Saint-Malo. Cette assemblée était composée des principaux bourgeois et présidée ordinairement par le lieutenant du sénéchal, sous le nom d’alloué, Les chanoines, seigneurs de la ville avec l'évêque, avaient droit d’y assister,

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L'année 1588 ayant commencé le 18 avril, le 19 mars se trouvait dans les dernières semaines ; pour nous, c'est le 19 mars 1534, un mois seulement avant le départ de Cartier,

et non pas un an, comme quelques-uns semblent le croire.' Il faut dater ce document

comme suit: Du 19 mars 2

2 ‘Après que Messire Charles de Mouy, sieur de la Meilleraye. . . . . ‘Nous partismes [du port “do St, Malo] le 20 d'Auril en l'an M. D. XXXIHH, ete, , . .. Le cinquième jour de Septembre “ de l’année susdite nous arriuasmes au port de S. Malo, etc.”

Relation du premier voyage de Cartier. Nous l'étudierons plus loin avec quelques détails, pour le quantième des mois.

Le millésime est exact, puisqu'il se rapporte aux mois compris entre la mi-avril et la fin de décembre.

3. “Phelippes Chabot, . . Nous vous avons commis et depputé. . . Donné le pénultième jour . d'octobre l'an mil cinq centz trante quatre.” ? 20 octobre 1534.

Commission donnée par l'amiral de France à Jacques Cartier pour lui faire poursuivre ses découvertes dans un second voyage.

La date de cette commission peut nous faire connaître l'impression que le premier

voyage de Cartier avait produite à la cour, sinon dans l'imagination de ses concitoyens.‘ à

Car, si l’on tient compte du temps nécessaire au capitaine malouin pour se rendre auprès du roi, et du temps qu'il fallait pour préparer les pièces officielles, on comprendra que François Ier avait, du premier coup d'œil, vu l'importance des découvertes et qu'il voulait profiter, sans perdre un instant, des ressources qu'elles pouvaient offrir à la France, Cette pièce mérite d'être étudiée.

4. “Lundi, huictiesme jour de feubvrier l'an mil cinq centz XXXHIIE, à la baye sainet Jehan, °

davent mon dit seigneur le capitaine.”

Séance de la cour, présidée, cette fois, par Le capitaine de la ville, en présence du doyen du vénérable chapitre, de l’alloué et des principaux bourgeois. 11 semble qu'on ait voulu donner une certaine solennité à cette réunion: il s'agit en effet de reconnaitre

8 février

! Narrative and critical History of America. Edited by J. Winsor, t. 4, pp. 47 et 65.

* C’est la notation reçue; l’année inférieure correspond à notre calendrier. Ramé, p. 7.

* Ceux-ci, en eflot, parissont avoir reçu Cartier, au retour de son premier voyage, comme des gens habitués à ces lointaines expéditions,

“La bayo saint Jelian” n’est pas autre chose que l’abbaye Saint-Jean. C'était un ancien édifice qui avait été donné à “la noble confrérie des Frères Blancs.” Cette association religieuse, composée des principaux citoyens, bourgeois et marchands de Saint-Malo, avait été érigée “en l'honneur de Dieu et de la glorieuse et benoiste Vierge Marie et par espécial de Monseigneur Sainct Jehan Baptiste.” Le chef en était nommé à vie et prenait le titre d’abbé ; les membres portaient le costume ducal de Bretagne, moins les hérmines. (Généalogie de la ftunille Maingard, par le comte Maingard.) Ils célébraient la fête de leur patron avec beaucoup d'éclat et un très grand concours : on y accourait de tous les endroits environnants. Par une coïncidence assez singulière, cette fête n’est pas moins solennelle en Canada, et l’on peut dire que “ Monseigneur sainct Jean Baptiste” est notre patron national.

5 Ramé, p. 5.

118 L'ABBË HOSPIOE VERREAU

l'honneur conféré à un membre de la communauté par la mission importante que l'amiral de France lui confie au nom du roi. Cartier présente donc la commission précédente, et l’on en fait la lecture publique avant de l'insinuer aux registres officiels.

5, “ Le moreredy tiers jour de mars l'an mil V° X XXELT à l'abaye saint Jehan.” !

Dans cette séance de la cour, où il est question de mesure à prendre contre la peste, Cartier est mis en demeure de choisir les navires dont il a besoin pour son deuxième voyage.

ë mars T :

6, “ Le mercrody dernier jour de mars après Pasques l'an mil Ve XXXV. ?

31 mars 1535.

Séance de l'assemblée des bourgeois, tenue le lendemain de la seconde fête de Pâques, le 4e jour de la nouvelle année: on y produisit la liste des gens de l'équipage qu’on avait pu enrôler jusqu'à cette date.

J'étudierai plus trrd jes listes des équipages de Cartier: elles peuvent donner lieu à des recherches intéressantes. Avec nos idées modernes, nous sommes trop enclins à nous représenter ces bourgeois, propriétaires de navires et maitres pilotes, comme de vulgaires armateurs et mariniers. Tous n'étaient pas nobles; mais plusieurs semblent appartenir à des familles qui portaient blason et qui possédaient noblement des fiefs dont l'importance ne peut être évaluée par l'étendue. *

7. ‘Le dimenche, iour et feste de la Penthecoste seiziesme iour de May, en l'an mil cinq cens

“trente cinq. . ... Et avec bon temps avons nauigué . . . tellement que lo 6 iour juillet 1536, “sommes arriuez au hable de sainet Malo.” !

Second voyage de Cartier. Les deux styles s'accordent pour les dates extrêmes ; mais il faut se rappeler que l'année 1535 se prolongea jusqu'au 15 avril, qui en fut le dernier jour. On sait comment l'hiver fut, pour Cartier et ses compagnons, une époque de deuil et d'angoisse. La fête de Paques, qui ramenait une nouvelle année, semble aussi leur avoir ramené des jours meilleurs : à la mi-avril, ils cessèrent d'être enfermés dans les glaces.

Il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer qu'après le deuxième voyage, le nom de Cartier, pendant un temps assez considérable, du 1er décembre 1536 au 25 mars 1589, ° cesse de paraitre sur les registres des baptêmes, où l'on constate fréquemment sa présence à d’autres époques, au moins jusqu'à 1533 et après 1539. D'un autre côté, un passage du registre des audiences, cité par M. J. des Longrais *, constate que Cartier, dans des

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1 Jacques Cartier, p. 21. M, Joüon des Longrais a fait la correction de l’année.

* Ramé, p. 8.

* Je dois à l’obligeance de mon ami, l'honorable juge Berthelot, communication de la Généalogie de la famille Maingard, par le comte A. Maingard. Ce travail, malgré la sécheresse de son cadre obligé, offre plus d’une page intéressante, et il est enrichi de notes qui accusent l'érudition üe l’auteur. Le comte Maingard établit sa descendance depuis Jacques Maingard, maistre du gulion.

‘* La date du 26 voyage de Cartier est la même dans les différentes éditions. Nous suivons celle de Tross, Bref récit... précédé d'une introduction par M, d’'Arvezac, Paris, 1863.

* Jacques Cartier, . .. p. 177. $ Ibid. . .. p.165.

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procès où il se trouve impliqué, se fait représenter par un procureur à la date du 2 octobre 1588, tandis qu'il comparait en personne le 15 octobre 1539. Faut-il conclure de ces faits que Cartier, à peine arrivé du Canada, a été employé à d'outres expéditions lointaines ? La question mérite d'être étudiée.

8. ‘François par la grâce de Dieu, , , . , Donné à Sainct Pris lo dix septième d'octobre l'an do “ grâce mil cinq centz quiranto.'! Commission de capitaine général de la flotte donnée à Cartier pour le troisième voyuge.

17 octobre 1640.

9, Honri, fils aisné du roi, , . . . Donné à Suinet Pris le vingtième jour d'octobre l'an mil cinq centz quarante.” * Ordre du Dauphin, due de Bretagne, aux officiers de ce duché, de faire livrer les prisonniers que Cartier réclamerait.

20 octobre 1540.

10. “ Françoys par la grâce de Dieu, , . . . Donné à Fontaincbloau lo XIe jour de décembre, . l'an de grâce mil V° XL,” ‘ Arrêt du conseil du roi au sujet des matelots qu'on faisait cacher afin d'empêcher Cartier de les retenir pour son troisième voyage. . 12 décembre 1540.

11. “Le sabmedy XIILe jour de novembre mil V° XL, fut par dom Roland Columbel . . . baptizée, etc.

13 novembre 1540.

Acte de baptême où Cartier est parrain. Nous y avons la preuve que la commission accordée le 15 octobre précédent à notre découvreur était hautement appréciée par les citoyens de Saint-Malo. Il est appelé “noble homme mestre Jacques Cartier, lieutenant “ général du Roy, capitaine et pilote dud syre en son entreprise de la descouverte des ‘ terres de Canada.”

12. ‘Francoys . . . Comme pour le desir . . . Donné à Fontainebleau le quinziesme jour de janvier, l'an de grâce mil cinq cens quarante, ete.” Commission de lieutenant général accordée par François Ier à Jean de La Roque, sieur de Roberval, vers la fin de 1540, style français, ce qui a trompé plusieurs écrivains. ‘

. + 1540 5 ‘ à 15 janvier ;;41

13, % Françoys . . . Comme nous avons constitué, ordonné . . . Donné à Fontainehleau, le quin- ‘ ziesme jour de janvier, l'an de grâco mil cinq cens quarante, ete.” "

Lettres patentes qui donnent à Roberval l'autorsation de faire des levées de gens, vivres, etc., pour le voyage au Canada et l'essai de colonisation.

! Ramé, p. 12. # Ibid... p.17.

# Ibid. p. 19. ‘ Jacques Cartier, p. 182.

5 Harrisse, Notes pour servir à l'histoire . . . de la Nouvelle-France, pp. 243 et suivantes. 5 Harrisse, op. cit., p. 265, dans le vidimus de Joan d’Estouteville.

æ 120 L'ABBÉ HOSPIOR VERREAU Même date que le précédent : 15 janvier ve

14, Le Sabmedy XX1Xe jour de janvier, l'an mil V‘ XL, devant monsoigneur l'alloué,' Publication et enregistrement au greffe de Saint-Malo de l'arrêt du conseil du roi, accordé en faveur de Cartier le 12 décembre 1540.

20 janvier;

15, “Et sur le reply , . . ce jourduy sixiesme de febvrier, l'an mil cinq cons quarante, ete,” ? Certificat du serment prêté par Roberval en qualité de lieutenant général.

6 février 16, * Françoys, , . , Comme pour l'augmentation de notre sainete foy, . , , Donné à Fontaine- “ bleau, le septiesme jour de febvrier, l'an mil cinq cens quarante, ote." ? Lettres patentes par lesquelles François ler signifie aux différents Parlements qu'il a permis à Roberval de choisir un certain nombre de prisonniers, aux conditions indiquées, pour l'essai de colonisation au Canada.

1 février Gil

17. ‘A tous ceux qui ces présentes lettres verront . ,.,. faictes et passées l'an mil cinq cens “ quarante, le dimanche vingt septiesme jour de febvrier."” !

Procuration donnée par Roberval à Paul Auxillon de Senneterre,” son lieutenant, pour aller choisir des prisonniers dans les juridictions de Carcassonne, Béziers, Narbonne, etc. etc.

27 février- TS

18. “ Des registres de la Court du Parlement de Rouen . . . Prononcé à Rouen, en la dite court “ de Parlement, le neufviesme jour de mars l'an mil cinq cens quarante,” "

Certificat de l'enregistrement des différentes commissions accordées à Roberval.

9 mars 1641

19, “Le jeudy XIXe de may V° XLI, davent Monsieur l'alloué,” ?

Liste officielle et détaillée des prisonniers de Toulouse et de Bordeaux, délivrés à Roberval pour être envoyés en Canada. Cette liste comprend huit hommes et cinq femmes.

19 mai 1541.

20. ‘ Endroict davent nous notaires , . . en la court de KSainct Malo , , . Et fut faict ct le gré “ prins en cested, ville . . . le dix neufticsme jour de may M. D. XLL."*

Donation réciproque faite entre Cartier et sa femme, Catherine des Granges, quelques jours avant le troisième voyage.

19 mai 1541.

! Ramé, p. 19.

- Harrisse, op. cit, p. 253, à la suite de la commission, n°. 12,

% Harrisse, op. cit., p. 259. ! Harrisse, op. cit, p. 254.

5 De Saint-Nectaire, selon M, Joùon des Longrais.

5 Harrisse, op, cit., p. 258, 7 Jacques Cartier . . ., p. 28, * Ibid, p. 39,

21, “ Visto en el consejo do las Indias los capitulos de la cartu que su Mag! escrivio.... cerca “ do los Franceses Corsurios,”!

Avis du conseil des Indes donnés à l’empereur Charles-Quint sur les moyens à prendre pour empêcher que les vaisseaux préparés en France ne nuisent aux établissements

du roi, espagnols.

Vers le mois de mars 1541.

22, “ Dice que en Crucique se adereszaban dos naos.., Que en Samalo de Lila..." ? te,” Relation de l'espion que le conseil des Indes avait envoyé pour examiner la nature des armements qui se faisaient dans différents ports de France. Avant le 10 avril 1541.

butin 23, ‘ Vistos los Capitulos de la curta que su Mag oscrive... y la relacion de Francia.” * Avis du conseil des Indes sur ce qu'il faut faire au sujet des vaisseaux qui sont sortis qu'il a des ports de France, ER FER iquées, Vers le 10 juin 1541.

24, “Recivi la curta de V. M. hecha à 13 del presente, y con ella la relacion del capitan de una “ curaveln....t"

Lettre écrite de Lisbonne par l'ambassadeur espagnol au sujet du troisième voyage de Cartier: il a pressé, mais inutilement, le roi de Portugal de s'unir à l'empereur pour détruire la colonie française.

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tenant, bonne,

25. ‘ En el Consejo de las Indias…. se vié lo que V. M. mandé escrivir de la respuestu quel Rey “de Francia...”

L'empereur ayant décidé de préparer un armement pour combattre celui des Français, qu'il croyait destiné aux Indes, le conseil lui transmet un mémoire sur ce qu'il faut faire. Commencement de l'été, 1541.

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On voit par ces documents espagnols que la troisième expédition de Cartier avait grandement inquiété Charles-Quint, et qu'il fut question de faire simplement massacrer le capitaine malouin et tout son monde.

Ces documents ont une autre importance pour l'histoire de Cartier et de ses découvertes. 11 semble en résulter : 1° que les deux premiers voyages avaient été tenus secrets, ou que, du moins, on les avait ignorés en Espagne ; 2° qu'une ligne de démarcation, différente de la ligne indiquée par Alexandre VI, existait entre les possessions de l'Espagne et celles du Portugal," donnant à celui-ci la partie extrême de ce qui est aujourd'hui l'Amérique anglaise ; 8° que les Français faisaient déjà un commerce considérable au Brésil et sur les côtes de l'Afrique.

L'observateur y trouvera en outre un contraste piquant entre l'impétuosité de Charles-

ivrés à t cinq

t le gré

elques

1 Coleccion de varios documentos para la historia de la Florida y tierras adyacentes, publié par Buckingham Smith, Londres [Madrid] 1857, t. I, p. 103. Cette pièce et la suivante auraient dû venir avant le no. 19. J'ai préféré les réunir aux autres.

? Ibid, pp. 107 et 108. 5 Ibid., p. 109,

# Ibid, p. 112. 5 Ibid, p. 114.

5 Probablement en vertu de l’arrangement signé à Tordesillas en 1494, Voir l’atlas de Kuntsmann,

Sec. I, 1890, 16.

Quint, le calme de son conseil et l'indifférence du roi de Portugal qui semble dire à son redoutable voisin, en repoussant le rôle de bourreau qu'on lui offre: Gardez-le pour vous.

Comme ces pièces n'ont pas encore été publiées en français, j'en donne la traduction plus loin, note C, et je saisis cette occasion pour remercier M. l'abbé Casgrain qui a mis obligeamment à ma disposition la publication de M. Buckingham Smith.

26. “Le Roy Francois Premier ayant ouï ce qu’avoit rapporté le capitaine Quartier . . . les “ susdits Cinq Navires firent voile le vingt troisième jour de mai 1540 . . . et notre Fort en bon : “ ordre.”

Troisième voyage de Cartier, traduit d'Hakluyt et publié par la Société historique de Québec.' Il fut accompli du 28 mai 1541 au mois de juin 1542.

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Tout le monde sait que Hakluyt donne à ve voyage la date de 1540.* L'erreur peut résulter d'une faute d'impression.

Dans ce troisième voyage, il y a un point qui m'a toujours paru obscur, et sur lequel

les pièces précédentes, mises dans l'ordre où elles doivent être, jettent une certaine lumière. Quelle a été la position relative de Cartier et de Roberval ? Leurs commissions se complètent-elles ? KSont-elles le résultat de deux projets différents, formés ou acceptés par François Ier? Il n'entre pas dans le plan de cette étude d'approfondir la question. Je me contenterai de faire observer que dans la préparation de ce voyage, il semble y avoir trois phases.

4 Première phase. — La commission du 17 octobre 1540, pièce n° 8, fait voir qu'on ne ‘4 songeait alors qu'à poursuivre les découvertes, et à entrer en relations avec les peuples ji occidentaux que l'on croyait confiner à l'Asie. Il n'y avait pas encore de projet de colonisation ou d'habitation permanente. (Cartier est revêtu de tous les pouvoirs nécessaires pour une telle mission. On lui permet aussi de choisir dans les prisons un certain nombre de condamnés, — pas plus de cinquante, — par crainte de ne pas trouver assez de personnes libres pour cette lointaine expédition.

Deuxième phase. — Commission et lettres patentes du 15 janvier 1541; pièces n° 12 et 13. Aux premiers desseins de poursuivre les découvertes et de travailler à la conversion des peuples barbares, François Ier ajoute l'intention de prendre possession ‘“ de tous “pays transmarins inhabitez ou non possédez . . . par aucuns princes chrétiens .,. “afin d'y construire et édifier villes et forts, temples et églises . . . constituer et establir “loix de par nous, ete” Les pouvoirs les plus amples sont accordés à Roberval : François Ier, qui l'appelait le petit roi de Vimeu, le faisait pour ainsi dire roi d'un pays

dont il ne connaissait pas les limites. 11 n’est nlus question de prisons, ni de condamnés : on veut envoyer des

gentilshommes, des gens de guerre et des gens du peuple de l’un et l’autre sexe” Mais ce qui parait fâcheux, c'est que, dans cette longue pièce, on évite avec ane espèce d'affectation de prononcer le nom de Cartier, bien qu'on soit forcé de faire allusion, — en des termes aussi discrets que possible, — à ses voyages et aux renseignements qu'il avait donnés. Roberval est mis à la tête de toute l'expédition, tant sur mer que sur terre ; il choisira et nommera pour les navires les capitaines, maîtres et vilotes qu'il jugera à propos: tout cela anéantit complètement la commission de capi-

taine général donnée à Cartier. Et, comme si ce n'était pas assez, le roi ajoute : “Et ! Voyages ct découvertes au Canada, entre les années 1534 et 1542 . . . Québec, 1843, pp. 70-77, * Je dois avouer cependant que je n’ai pu consulter l'édition originale,

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“si par cydevant nous avyons baillé aucunes lettres ou pouoir a quelque personne “ contrarians a la teneur de sesdites (sic) lettres, icelles avons desaprésent comme pour “ lors revoquées et revoquons, cassons et adnullons par cesdites présentes, synon autant ‘et pour le temps que notredit lieutenant les vouldrait tollérer et endurer.” !

Il me semble impossible de se méprendre sur le sens de ce passage. Ne faut-il pas voir, dans ce brusque changement, les conséquences de la chute de l'amiral Philippe de Chabot, qui venait d'être arrêté, et de l'influence, un instant triomphante, du connétable Anne de Montmorency ?

Troisième phase. — Lettres patentes du 7 février 1541, etc., ete. Les choses paraissent changées. L'enthousiasme de l’inexpérience, qui « dicté les lettres précédentes, a dû disparaître peu à peu devant les difficultés de la réalité : les nouveaux colons ne se présentant pas en nombre suflisant, on revient à la première idée de prendre les gens condamnés à la prison, et l’on colore ce projet du desir de ‘“ leur faire reconnaitre le Créateur, luy en “ rendre grâce et amender leur vie” Le moment de s'embarquer approche : les munitions et l'argent manquent, les pondres et l'artillerie ne sont pas encore arrivées. Que faire ? On aura recours à Cartier, et on l’obligera à partir en avant avec les navires qui sont prêts à prendre la mer. Pour prévenir une résistance bien légitime ou la force des raisons qu'il peut opposer, on a fait parler le roi. C'est au moins ce qui ressort de cette phrase du troisième voyage, phrase qui montre à la fois la répugnance du capitaine justement froissé, et la pressante nécessité où l'on se trouvait: “ Considérant que le dit capitaine “avait reçu des lettres du Roy, par lesquelles il luy enjoignait expressément de partir “et faire voile incessamment à la vue et récette d'icelle, à peine d'encourir son déplaisir “et de lui en imputer tout le blâme.” Cartier quitte Saint-Malo, après “avoir délibéré sur tous ces choses” et avoir fait son testament à la hâte, p. 120, pièce n° 20, Dans la colonie de Charlesbourg-Royal, Cartier n'agit pas comme lieutenant de François Ier, et en vertu de la commission royale du 17 octobre 1540, mais simplement comme représentant la personne et l'autorité de Roberval, en vertu des pouvoirs que ce dernier lui a communiqués.

On trouve dans ces différents faits l'explication du peu d'enthousiasme que Cartier a montré pour une entreprise dont il connaissait d'ailleurs les difficultés, sinon l’impossibilité.

27. ‘Jehan François de la Rocque. . . . Receus avons, . . . Faict au fort de Francy-Roy sur “ Francy-prime, ? ce neufviesme jour de septembre mil cinq cens quarante deux.” *

! Harrisse, p. 250,

* Telle est l'orthographe du document original, quoique Harrisse ait cru y lire lrançois-roy et François-prinee. Me trouvant aux Archives nationales en 1874, j'ai fait copier cette pièce par un élève de l'Ecole des chartes, M. Paul Meyer, qui s'est distingué depuis par des travaux d’une grande valeur; M. Meyer a lu Zraney et non François. J'ai comparé ensuite la copie avec original et voici les remarques que j'ai inscrites dans mes notes : “ILest impossible de lire Françoys. Après ç vient une seule lettre qui est l'y des mots roy et autres où y doit “ se trouver. ‘Sous François-prince’ sont d’autres inexactitudes. Il faut ‘ Sur Franey-prime” Francy-roi était le “nom du fort, et l'rancy-prime, celui du fleuve, qu'on ne désignait jusque-là que par l'expression très vague de “ grande rivière du Canada, Sur est le terme consacré pour indiquer la position d'une ville ou d’une place auprès “ d’une rivière.” La lecture France-roy et Franc-prince, adoptée pour l'édition de Québec, n'offre aucun sens. C'est de son bienfaiteur, François ler, que Roberval voulait rappeler le souvenir dans l'enthousiasme de sa reconnaissance, et il a eu le bon goût d'éviter l'apparence même d’une équivoque avec le nom vulgaire d’un François Roi quelconque. Voir note D.

# Harrisse, op. cit., p. 273.

9 septembre 1542.

Lettres de grâce et de rémission accordées par Roberval à son lieutenant Paul de Senneterre, pour un homicide commis par ce dernier. C’est le premier acte officiel rédigé en Canada qui nous ait été conservé. Harrisse, à qui nous en devons la publication, l'a placé après le suivant, probablement parce que celui-ci est daté du 26 janvier et l'autre du mois de septembre 1542: c'est l'ordre contraire qu'il faut suivre. Au 9 septembre 1542, Senneterre se trouvait encore en Canada, à Francy-roy où il était arrivé vers le-milieu de juillet. Il en repartit le 14, “afin de donner avis au Roi et de revenir l'année suivante

avec victuailles et autres fournitures ainsi qu'il plairait au Roi.” "

28. ‘ François . . . Comme pour secourir . , . Donné à St. Laurent le XXVI janvier, l'an de grâce mil cinq cens quarante deux.” ?

Commandement donné à Senneterre de retourner en Canada porter du secours à Roberval, avec deux navires que le roi avait fait équiper en Bretagne. Senneterre est mis

26 janvier

à la tête de l'expédition parce “ qu'il a l'expérience nécessaire, ayant déjà fait le voyage, et qu'il peut exécuter l'intention du roi, aultant bien et myeulx que nul autre.” L'allusion est aussi évidente qu'injuste.

29 ‘ Vandredi tier jour de juillet V' XHIT, M. l'alloué.” ? Cour de Saint-Malo, plumitif des audiences, à la date. Cartier est appelé comme témoin.

3 juillet 1543.

30 Jehan François de la Roque... Nous vous notifions..…... En tesmoignage desquelles choses

‘.. avons signé... le onziesme jour de septembre mil cinq cens quarante trois.” 11 septembre 1548.

Procuration de Roberval à Senneterre pour désarmer deux vaisseaux qui se trouvaient à la Rochelle, revenus du Canada, et pour vendre la partie de l'armement qui lui appartenait.

Roberval était donc de retour en France au commencement de septembre 1543. Si Cartier avait fait le voyage pour venir le chercher, il aurait dû quitter Saint-Malo au printemps et non pas dans l'automne, comme on l'a supposé.

Nous savons que le 19 juin, Roberval se trouvait encore au Saguenay, et qu'il faisait demander à ses compagnons, dégoûtés de leur séjour à Francy-roi, de retarder leur départ jusqu'au 22 juillet. Il a pu rencontrer Senneterre avant cette date, remonter avec jui à son fort et en repartir au commencement d'août,

31 “ François... comme pour veoir ct entendre... Donné à Evreux, le troisiesme jour d’apvril, “l'un de grâce mil cinq centz quarante trois avant Pasques.” ? 1 1543 8 avril :

C'est la commission donnée par le roi à Mtre Robert Legoupil pour examiner les

1 Voyages et découvertes, . . . p. 93. * Harrisse, op. cit, p. 272. ! Jacques Cartier, ..., p. 164. 4 Harrisse, op. cit., p. 276. * Ramé, p. 21.

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