‹ Jacques Cartier questions de calendrier civil et ecclésiastique [microforme]Chapitre 9 sur 9 · CORSAIRES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

CORSAIRES FRANÇAIS

LS Avis du Conseil des Indes sur les précautions à prendre du côté des Inde s, au Sujet de la flotte et des

projets ds Français. * |

Après avoir lu dans le Conseil des Indes les extraits de la lettre que $S, M. a écrite au révéren-

dissime cardinal de Tolède, en réponse à la relation envoyée à 5, M. au sujet des corsaires franmis

dont on annonçait la sortie des ports de France, et des soupçons qu'on avait sur l'escadre que le roi

avait l'intention, selon ce qu'il disait, d'envoyer en découverte; après <'étre ionguement occupé,

comme $, M. le désire, de la flotte qu'il faudrait envoyer à la rencontre de ces vaisseaux. ;

vu les difficultés qu'il y a de fournir cette année une escadre capable de combattre et de détruire erlle

Cette table se trouve dons le missel et dans le bréviaire sous le titre Tabula paschalis antiqua reformata. Elle y a été conservée précisément pour le but que nous nous proposons ici, * Extraits et analyse.

ont les éléments la date de Pâques ‘mière colonne le lunaire, passant la lettre dominimême ligne hori- En 1534, le nomest 15; la lettre f ême ligne que le scendre dans la \insi en 1536, le ‘elle est vis-à-vis le rencontre, qui

jue cartiérienne,

ble est à.

la flotte et des

rite au révérenorsaires franis scadre que Île roi ruement occupé, de détruire celle ses SUP] O8É

ta reformata. Elle

que S, M. fasse connaître qu'elle ne désire pas, pour sa part, que la guerre soit déclarée cette annéo,

ces Préparer un armement ferait croire le contraire, vu surtout lu déclaration du roi de France qu'il n'expédie que six navires; il semble, par la commission qu'il a donnée au capitaine, no vouloir les envoyer qu'aux côtes de la (uinée pour le commerce de la malaguette, et au Brésil, qui est en dehors de la ligne de démarcation de S. M... On ne peut croire qu'une flotte si peu considérable soit destinée à attaquer les territoires possédés et établis par S. M... Pour ce qui a 'apport aux établissements dont on leur attribue le projet dans la mer du Nord, il n'y a là rien de bien enviable,

Nous en étions à examiner ces suggestions atin d'envoyer à l’empereur l'avis du Conseil, quand

on nous remit les lettres de S, M., en date du 25 et du 26 février, et un extrait de celle que lui a écrite

son ambassadeur en France, et la traduction de la commission que le roi de France donne à monsieur !

……... Capitaine des six bâtiments qu'il a fait armer. [Comme les rapports reçus de Séville et des

vaisseaux arrivés des Indes font voir qu'on n'a observé aucun bâtiment français] excepté dix-sept, qui

ont passé par les Canaries, on est certain qu'ils vont faire la traite à Malaguctte et au Brésil, comme

ils ont coutume chaque année, et on ne sache pas qu'ils aient fait aueun dommage aux bâtiments de

S. M. [En conséquence, le Conseil indique les mesures de précautions à prendre, en cas de surprise,

surtout pour le transport de l'or et de l'argent qui appartiennent soit à l'empereur, soit aux particu-

liers.] Tout ceci considéré, il est préférable de suspendre l'armement.

JUAN DE SAMANO.

BACCALAOS ET CARTIER, 1541.

Relation de l'espion envoye en France par le Conseil des Indes pour observer les armements qu'on y préparait.

H dit qu'à Crucique? on apparcille deux bâtiments, l'un de 130 tonneaux ct l'autre de 120, bien fournis d'artillerie et munitions, avec 180 hommes. On n'a pu savoir où ils vont, on dit que c'est à la

recherche d'aventures.

À Saint-Malo-en-l'Tle, sur la côte de Bretagne, on arme, par ordre du roi de France, 13 navires

très bien équipés, avec beaucoup d'artillerie et toute sorte de provisions de bouche et de guerre, pour

plus de deux ans. Jacques Cartier est chargé de cette escadre ; il lui a parlé aussi bien qu'à son beau-

père, qui était le fournisseur de l'escadre ; il a appris par eux qu'ils allaient peupler une terre nommée

Canada, et que pour la peupler et y bâtir une forteresse, ils emmenaient des ouvriers et des outils de

toute sorte; ils se pressent beaucoup. Les gens de l'escadre disaient qu'elle partirait vers le milieu

ou à la fin d'avril, cette année, et qu'il y aurait dans l'expédition plus de deux mille cinq cents hommes, , I y l J Î

Jacques Cartier à dit que cette escadre se composait surtout de bâtiments qui étaient équipés pour

aller à la pêche de la morue.

Dans le port de Morlaix, à Brest, et à Quimper Corentin, il y avait deux bâtiments et deux galions très bien approvisionnés et montés par des gentilshommes du pays. On les disait destinés à la côte

du Brésil: on parlait assidu Rio-de-la Plata, Ils devaient partir avant le dimanche des Rameaux,

À Harfleur et à Honfleur, on appareillait quatre galions de premier ordre et bien approvisionnés ;

on disait comme chose certaine qu'ils iraient se joindre aux treize autres bâtiments de Saint-Malo,

Il sut À Dieppe que de ce port quatorze ou quinze bâtiments et galions étaient partis pour Malappe 4 Il [l I &

guette et le Brésil, et qu'ils avaient aussi l'intention de so rendre au Rio-de la-Plata, Duns le même

endroit de Dieppe il vit qu'on apparcillait cinq bâtiments de 130 tonneaux au moins. Les uns disaient

qu'ils devaient rejoindre l'escadre; d’autres, qu'ils se rendraient au Brésil et au Rio-de-la-Plata ; d'autres onfin, qu'ils allaient à la découverte de terres et d'îles uouvelles; il ne put rien apprendre de certain.

M. Smith nous prévient que le nom manque à l'original. Je pense qu'ils'agit de Roberval. ? Croisic. ?

Ve]

On disait que les bâtiments partis de Dieppe, et les cinq autres qu'on y préparait étaient armés par un riche particulier de ce royaume, qui tratique dans les différentes mers du royaume, Ils l'appellent le vicomte de Dieppe.

Après avoir entendu cette relation, on ordonna de nouveau à l'espion de retourner en France, pour apprendre, dans les différents ports, ce qu'étaient devenus ces bâtiments: s'ils étaient partis, et avec combien de gens, de munitions et de provisions; où ils allaient, dans quel but, si on les avait

armés ; si l'on appareillait un plus grand nombre de bâtiments, et que du tout il fit une relation complète.

FLORIDE Er BaccaALAos.

Résolutions du Conseil d'Etat et des Indes, en réponse aux demandes de S. M., touchant la flotte expedice de France.

Vu les passages de la lettre que S. M, a écrite au révérendissime cardinal de Tolède, la relation envoyée de France et celle qu'on a reçue de l'espion par l'entremise de Christophe de Harro, dont la traduction ci-jointe est transmise à S, M. ; il paraît — si ce que cette dernière renferme est vai — que la première terre où les Français ont pénétré est à 760 lieues de Saint-Malo, en Brotagne, où se fait l'armement, et qu'il ne peut y avoir d'autre terre que celle où l'on pénètre du côté de Baccalaos — terre que les Bretons prétendent avoir découverte il y a longtemps'—. La preuve c'est que jusqueà on trouve précisément les 760 lieues, et sur la côte il n'y . pas d'autre terre où l'on puisse compter la même distance, ni en deçà ni au delà de la côte qui aboutit à la Floride, laquelle a été découverte par le licencié Ayllon et par Estaven Gomez, et se trouve confiée actuellement à l'Adelantado Soto, On croit que telle doit être la vérité. En effet si l'on ajoute les 700 autres lieues qu’il y a encore, selon eux, on arrive au canul de Bahama, qui est ln meilleure position dont ils pourraient s'emparer, quand nous serons en guerre avec la France, pour nuire à nos vaisseaux des Indes, attendu que le plus grand nombre passe par le dit canal de Bahama. Il n'y en pourrait passer aucun sans être saisi par eux, et tel doit êtm leur but principal en s'établissant sur cette côte, quoique le sol en soit aride, cette route leur est d'un. zrande importance pour leurs projets, S'il en est ainsi, il est clair qu'ils vont s'établir dans les limites assignées à V. M. Mais comme il n'est pas plus certain que cette expédition aille d'un côté que de l'autre, on pense que pour S'en assurer — vu que S, M. ordonne d'envoyer sur les traces des vaisseaux français une caravelle — il faut en envoyer deux, afin que si l'une se perd, l'autre puisse rapporter la nouvelle; il faut même envoyer d'autres caravelles jusqu'aux îles du cap Vert pour s'informer si les bâtiments ont passé par là, afin qu'on signale ceux qui peuvent se rendre au Riode la-Plata et jusqu'à la côte de Maragnon, si par hasard quelques-uns avaient été chassés de ce côté; il faut arriver au fond de la vérité,

Cette caravelle peut aller et revenir assez vite, et sachant que les Français n'ont pas été de ce côté, on sera certain qu'ils se sont rendus à la côte de Baccalaos.—Jusqu'au retour de quelques-unes de ces ‘aravelles, où jusqu'à ce qu'on ait d'autres renseignements sur l'escadre française, il ne faut faire aucun armement, parce que, le mois d'août arrivé, on aura les vaisseaux qui seront nécessaires jusqu'en avril, avec 500 hommes de guerre pour une année; mais, en attendant qu'on exécute les préparatifs nécessaires en vue de l'armement, s'ils ne servent pas, la perte ne sera pas grande; et en même temps qu'on mette en ordre artillerie, munitions et apparaux.

Si S. ML. agrée que cette flotte soit mise en ordre aussitôt que l'on sera certain du lieu où les

Français sont allés, il faut que cela se fasse avec dissimulation, afin qu'ils ne puissent dire que nous

voulons rompre la paix ou violer la trève, comme ils nous en accuseraient s'ils apprenaient que nous

! Dans les anciennes relations on lit terre des Bretons, dans d’autres, terre du Portugal, dans d’autres enfin, terres découvertes par les Français. 11 y en a d'autres où l’on trouve en latin: terra tata dicitur de los Maccalaos, quam pre-

Jectus quidam sive archigubernius Britanniæ Regis invenit : ingens est piscium copia quos Vaccalaos vocant. Note de Na-

varette.

fparait étaient armés royaume, Ils l'ap-

‘tourner en France, ‘ils étaiont partis, et 1 but, si on les avait fit une relation com-

puchant la flotte

e Tolède, la relation he de Harro, dont la ferme est vai — que Brotagne, où se fait côté de Baccalaos — uve c'est que jusque- \ l'on puisse compter lle a été découverte à l'Adelantado Soto, sues qu'il y a encore, Jourraient s'emparer, ndes, attendu que le aucun sans Être saisi le sol en soit aride, l'est clair qu'ils vont que cette expédition donne d'envoyer sur si l'une se perd, l'auaux îles du cap Vert nt se rendre au Rio-

chassés de ce côté; il

it pas été de ce cûté, quelques-unes de ces lne faut faire aucun aires jusqu'en avril, ss préparatifs néceset en même temps

tain du lieu où les ssent dire que nous prenaient que nous

18 d’autres enfin, terres 8 Maccalaos, quam presvocant. Note de Na-

rs

préparons une flotte : pour cela il faut trouver une personne d'autorité qui réunisse les qualités nécessaires pour en être capitaine général, et qui demande à faire la conquête et l'exploration de ces terres, On conviendra des conditions avec elle, et il faudra que cette personne sache impérativement que d'autres arrangements devront se faire, toujours de manière que la flotte se trouve véritablement sur les côtes qui appartiennent à S. M, et qu'on mette ces découvertes et établissements au compte de tout le monde. Ta chose peut se faire avec le secret et la dissimulation nécessaires

nn nn nn nn nn nn nee nn nn ete nnnnnensnions CCRETELEEITET ETETETETETETIES RER TEEEENEEE ETES TETE TT EIT TITI ensure

Lettre du cardinal db Séville à Samano,

J'ai lu deux ou trois fois l'avis auquel se sont arrêtés les Conseils d'Etat et des [ndes en ce qui regarde la flotte qui serait partio de France pour les Indes, et après avoir bien considéré les délibérations de leurs Seigneuries, je n'y vois, pour Le moment, rien à ajouter ni à retrancher, excepté pour ce qui est d'une ou de plusieurs caravelles qu'on envoie, afin d'avoir des renseignements certains: on leur donne des commissions pour naviguer, de manière qu'en arrivant au milieu de la flotte française, ces caravelles ne soient pas regardées comme espions, ni traitées en ennemies, En agissant ainsi, on ne peut — à moins d'une très grande chance — éviter une des deux choses, où qu'elles se perdent où qu'elles ne donnent aucune nouvelle certaine de ce qui se passe. Par conséquent, à l'époque où l’on a dépêché les dites caravelles, il n'y avait pas de nécessité de nous occuper de cette question,

On eût pu écrire à S. M. qu'on s'en rapportait à elle pour le temps où il serait nécessaire d'agir, Toutefois, je suis persuadé d'abord que les Français ne pensent ni au Rio-de la-Plata ni à cette partie de notre territoire qui s'étend de la ligne de démarcation au détroit, Ensuite, ce voyage, qui doit être de 600 lieues au delà de Baccalaos, ils ne le font ni pour s'établir ni pour s'embusquer afin d'attaquer facilement nos navires ; tout cela ne leur servirait à rien, Sinon à rompre la trève entre la France et l'Espagne, et, comme l'on craint cette rupture, tous les hommes doivent raisonnablement espérer que la paix ou la trève dureru encore quelques années, atin d'exécuter les grands préparatifs nécessaires pour triompher dans une guerre que l'on redoute,

Il me semble que ce serait folie. Leur motif, c'est qu'ils croyaient — d'après certaines indications — que ces terres sont riches en or et en argent, et qu'ils espéraient faire comme nous. A mon sens, cependant, ils se trompent, parce que la côte entière jusqu'à la Floride n'offre absolument d'autres richesses que celles de la pêche. Par conséquent, ils se ruineront, où tout au moins ils s’en retourneront après avoir perdu beaucoup de monde et presque tout ce qu'ils auront tiré de France...

De Talavera, 10 juin 1841.

BACCALAOS ET CARTIER, 1541,

/ À Extraits d'une lettre que l'ambassadeur à écrite de Lisbonne au Commandeur Majeur au sujet des démarelf qu'il a faites auprès de la Cour de Portugal pour empêcher l'établissement des Francais du côté de (l : 1 gai } Î Baccalaos.

J'ai reçu la lettre de votre Seigneurie, éerite le 13 du courant, et avec elle la relation du capitaine d'une caravelle que Sa Majesté avait envoyée peur faire le tour de Baceulaos, afin d'apprendre ce qu'y avait fait un Capitaine français qui s'appelle Jacques Cartier.

Je l'ai montrée ensuite au roi, et aussi au seigneur infant Don Louis. Ce que le roi m'avait déjà répondu sur la nécessité de s'armer contre ces Français, je l'ai écrit le 15 de ce mois à S, M. par un de mes domestiques que j'ai envoyé avec le Vénitien, et un More de Perse, venu avec lui de Sophia, qui

1 Je crois que le texte a été mal coupé par la ponctuation, et qu'il faut lire: por que hacer grandes gastos para ganar en querra que se eme paresceme es pecar de locura. “Parce que faire de grandes dépenses pour aboutir à une

guerre qu'on redoute me paraît folie.” Sec. I, 1890, 19,

suivent la même route, mais parce que celle-ci arrivera plus tôt, j'envoie encore une copie de l’autre lettre,

Quand je parlai au roi de cette affaire, il me dit que la relation et certain passage d'uno lettre que son ambassadeur en France lui avait écrite, passage dont la copie est ci-jointe — étaient presque la même chose, et que sur ce point il m'avait déjà donné — afin que je les communiquasse à Sa Majesté — les raisons qui lui fairaient croire que quand même S. M. ou lui enverraient des vaisseaux pour empêcher les Français de faire des découvertes, cela ne servirait pas à grand'chose, vu l'étendue de l'Océan. Je lui ai répondu que jusqu'à présent on avait douté qu'il fût possible de les attaquer; mais que maintenant on savait à quel endroit les Français avaient pénétré, et qu'on ne pouvait manquer de les rencontrer; que quoique Son Altesse m'eût dit, comme elle me le répétait encore, que c'était dans la ligne de démarcation de ses domaines, et que cela la regardait on particulier, je savais que l'empereur, à cause de son grand amour pour elle, l'aiderait aussi de ses vaisseaux, pour que les deux escadres puissent tomber à la fois sur les Français, afin de s'en défaire et de les détruire partout où ils les trouveruient; que sion faisait cela une fois, les Français, de longtemps, peut-être jamais, ne songe raient à un nouvel armement,

Le roi me répondit que 1 où les Français sont allés du côté de Baccalaos, il fait aussi froid, dit-on, qu'à la hauteur de Flandres, et que la mer est toujours si mauvaise, qu'il ÿ & perdu deux escadres, et son père, le roi Don Manuel, deux autres qu'il y avait envoyées; que les Français ne pouvaient aller à aucun autre endroit où ils causeraient moins de dommages à S, M, ni à lui rême; enfin, qu'il y songerait de nouveau et me répondrait. 11 me demanda cette relation, et je la ini ai donnée. De même, j'ai vu privément l'infant Don Louis, et il m'a répondu comme le roi; il a ajouté que le roi son frère se trouvait au milieu de nombreuses et de grandes diflcultés, soit duns les Indes, soit ailleurs: il avait tant de choses à régler qu'il ne pouvait y suflire; souvent il vaut mieux paraître ignorer ce qu'on ne peut empêcher que de chercher à s'en mêler, comme de vouloir empêcher les Français d'équiper des vaisseaux pour faire des découvertes; s'ils ne pouvaient se rendre à la mer du Sud par le flouve qu'ils avaient découvert, peu importait, à son avis, co qu'ils pourraient faire là; il lui semblait plutôt qu'ils y périraient, Je lui dis que je voyais le contraire; qu'une fois établis 1, ils feraient des découvertes de côté et d'autre, et que ce qu'il fallait, c'était de no pus laisser Les Français se fixer ni là ni ailleurs, mais de les détruire immédiatement, D'après ce que je viens d'apprendre, je crois que la réponse que le roi me donnera sera comme la précédente ; il ferait encore la même réponse, je pense, si les Français lui prenaient Lisbonne, car on ne veut pas rompre publiquement avec eux par la raison que je donne dans ma lettre à SM. D'un côté, on montre une grande faiblesse, et de l'autre, on veut faire la loi a tout le monde; certainement S'ils le voulaient, comme ils ont un grand nombre de navires et tout ce qu'il faut pour les armer, ils pourraient envoyer d'ici, en peu de jours, une escadre suffisante, sans avoir besoin de laide de SM; mais ils ne voudront pas le faire. Je me suis alors adressé à S, M la reine sur le sujet, et comme je sais que Son Altesse est dévouée à S, M. l'empereur, je me suis même permis de lui dire que je regarde comme une grande lächeté ce que lon fait ici sous ce rapport; car le roi, son époux, dit que l'endroit où les Français sont allés le regarde d'une manière particulière, et puisqu'il ne veut pas le détendre qu'il abandonne à S. M. la navigation de toutes ces côtes, que S. M, la défendra comme elle fuit des autres Feux de son domaine; j'ajoutai d'autres ruisons pour leur faire honte de permettre tout ce mal, Son Altesse me dit qu’elle en parlerait au roi, son époux, et y travaillerait de tout son pouvoir ; elle croit qu'il n’y «a pas de négligence intentionnelle, mais persuasion sincère que tout cela aurait peu d'effet. Je donnerai avis à S. M, et à votre Seigneurie de ce que le roi me répondra; pour le moment je veux profiter de l'occasion que m'offre un domestique de la reine très chrétienne pour vous écrire ceci en chiffres, Ce domestique est flamand et paraît très affectionné au service de $S. M, Césarienne, d'après ce que me disent François de Guzman et son

épouse, etc,

e uuc copie de l'autre

certain passage d'uno est ci-jointe — étaient es communiquasse à Sa erraiont dos vaisseaux d'chose, vu l'étendue de de les attaquer; mais 10 pouvait manquer de ncore, que c'était dans , je savais que l'empeour que los deux escauire partout où ils Len

être jamais, ne songe

fait aussi froid, dit-on, du deux escadres, et is ne pouvaient aller à »; enfin, qu'il y songennée. De même, j'ai ue le roi son frère so soit ailleurs: il avait

itre ignorer ce qu'on es Français d'équiper du Sud par le flouve e là; il lui semblait lis 1à, ils fornient des Français se fixer ni là prendre, je crois que me réponse, je pense, vec eux par la raison ot de l'autre, on veut id nombre de navires rs, une escadre suffre. Je me suis alors à S, M. l'empereur, que l'on fait ici sous sarde d'une manière n de toutes ces côtes, l'autres ruisons pour it au roi, son époux, ntionnelle, mais pertre Seigneurie de ce re un domestique de imand et paraît très

de Guzman et son

JTACQUES CARTIER 147

ConsAIREs FRANÇAIS, 1541.

Mémoires du Conseil des Indes sur ce qu'il faut faire pour résister aux vaisseaux qu'on dit être partis de France pour les Indes,

Au conseil des Indes, en présence du révérendissime cardinal de Séville et du comte d'Orsono commandeur majeur de Léon, on a examiné l'avis que V M. a commandé de lui envoyer sur la réponse que le roi de France a donnée à l'ambassadeur de V, M, et au sérénissime roi de Portugal, au sujet des découvertes dans les Indes ; l'on a aussi examiné ce que l'ambassadeur qui réside à Lisbonne a écrit,

L'opinion du conseil est qu'on écrive à Christophe de Haro, qui est à Burgos, pour qu'il continue à agir avec la même diligence dont il a fait preuve, sur l'ordre de V, M. et comme on le lui intime de nouveau ; qu'il agisse avec autant de diligence et même plus, s'il est possible, afin de connaitre tout particulièrement les préparatifs, armements et arrangements qui se font dans les ports de France, à cet effet; s'il est certain que des commissions ont été données par le roi de France à ses sujets — publiquement ou en secret — pour faire des découvertes du côté des Indes; qu'il s'informe spécialement si Jacques Cartier en a reçu une, si quelques navires ont déjà fuit voile, si l'on prépare d'autres armements — leur qualité, quantité, les gens qui en font partie, quelle direction ils ont prise,

Pour mieux connaitre la vérité et l'état des choses, qu'il envoie immédiatement une personne de contiance et eupable, et qu'il lui fournisse tout ce qui est nécessaire, Nous tenons sa réponse pour arrivée, D'après ce qu'elle rapportera, on verra à prendre les précautions convenables pour ce qui n'aura pas encore été pour vu,

[Le reste des délibérations du conseil regarde les renseignements à obtenir des ports d'Espagne, les avis et les ordres à transmettre, surtout l'armement de la flotte que l'empereur a ordonné de préparer, Entre autres mesures à prendre, il faut nommer immédiatement un homme capable de lu commander: trois noms sont soumis au choix de l'empereur: ceux du marquis de La Vallée, de D, Alonzo de Lugo, adelantado des Canaries, et de D, Alvur de Bazan]. Tous trois sont des hbonimes de mer expérimentés dans l'art de la navigation et serviteurs dévoués de V, M. ; mais il semble que le marquis de La Vallée ne manque d'aucune des qualités nécessaires dans cette entreprise. V, M, nommera celui qui lui plaira, [He conseil prie l'empereur de faire ectte nomination au plus tôt pour éviter les retards.]

Ce qui paraît le plus important pour le moment, c'est que V, M. demande au sérénissime roi de Portugal de ne point permettre aux vaisseaux français de so ravituiller dans aucun des ports de son royaume ni des îles Açores. S'ils veulent ÿ entrer, qu'ils soient traités comme les ennemis de V.M,,

et les siens, Il est évident qu'ils ne peuvent naviguer dans ces eaux qu'au préjudice de V. M, et de

S, A., et pour cet effet, on doit faire au nom de V. M., auprès du roi toutes les instances qui sont

nécessaires en pareille occurrence, Notre D.

Je donne ici cette pièce telle qu'elle a été coniée par M. Meyer et revue par moi sur l'original, J'indique en note los principales variantes et inexactitudes de Harrisse,

“ Jehan Françoys de La Rocque, chlr, s° de Roberval, Noyens et Prax, Lieutenant et Capitaine gnal de par le Roy en l'armée, voyage et expédition par lediet seigneur ordonnez estre faictz en ces pays de France noue. A tous ceulx que ces pntes Îtres vairont, salut, Receue* auons l'humble sup-

[Ces variantes sont la lecture de Harrisse. La phrase qu'il donne n'a aucun sens, Le mot nor Terre

1 nous à tous ceulx.

Quels peuvent être, en eflet, ce voyuge ct expédition—ordonnez être fuiets en ces dicts pans de Freoice ? commençait à vieillir à cette époque ; mais il était encore usité. Cartier emploie partout l'adjectif neufre s neufve, la neufve Espagne |:

? roceus.

plication et requeste à nous pntée de la part de nostre tres cher et bien amé Paoul de Auxillon esf s'* de Sanneterre, ot l’un de ceux faisant ! ledict voyage en cesd, pays pour le service du Roy soubz nre charge, contenant ‘que l'an passé, vous estant en France pour amasser vre armée, cussiez * constitué le dict suppliant capne de l'un des navires nommé Lanne', estant au service du Roy soubz vre charge pour faire ce que tel estat requiert, Quoy faisant lediet suppt a son pouvoir-partant que par ung gen tilhomme’ estant audict navire, luy auriez” mandé le jour de Noel dernier, estant en la radde de Landevenec", qu'il ne luissast partir homme de son navire sans son congié, d'auttant que tous estans en!" l'esquipage de la nef du cup" larticque !!, ou la plus grand partie se departoient d'avec vous ! sans congié, et par ainsi demeuroit le service du Roy en retard. A! raison de quoy, iceluy suppliant, desirant ce empescher et a son pouvoir voyant ce mesmes jour, en son diet navire, auleuns attediez ! du ser. vice dudict Roy, et voulant descendre en terre, leur feist deffence ©, mesmes a Guill® Rogier !", contremaistre du diet navire et autres, de ne le faire. Lequel Rogicr se print a murmurer, et suscita! de ses mariniers, mesmes Laurens Barbot contre lediet suppliant, Lequel Barbot voyant que iceluy suppliant, comme captiaine, les voulluit empescher 4e mectre a exécution leur voulloir, se mist en effort user de main mise, en sorte qu'il mist la main au pongnart, et en voulust ferir lediet supplt son cap",

luy disant telles purolles, tirant vers luy: par le sang Dieu, vous ne turez pas les gens, Pour a quoy

obvier et eviter l'eminent peril de mort auquel estoit lediet supplt mist aussy la main au pongnart, et en bailla ! ung coup a l'estomac du diet Barbot, de quoy mourust. A raison de ce sortist tumulte au diet navire par auleuns desd, mariniers crians : aux lances a feu "et aux picques, en sorte que sur co coup, par le moyen dud, tumulte, en feurent tuez deux autres mariniers, mais ce ne fut faict par led, supliant, Toutesfoys, doubte que ce ayt esté faict par quelques souldars © voyans les dictz mariniers malmenz en telle fureur, et qu'ils auroient mys ln main a l'espée pour luy, A raison ‘de quoy doubte grandement le diet supp, que par ung faulx * donre a entendre mesmes a gens n'ayans

* seigneur; [Sr n'est pas l'abrégé de seigneur. Ce dernier mot dans toute la pièce est mis pour indiquer le roi.] couly faisans.

nous eéstant.... pour amassé nostre armée (avons) [Il est impossible de s’y tromper: on ne peut lire ni avons, ni avions, ni cussions, Roberval récite la requête même de Senneterre, dressée, où du moins présentée en Canada, Vous, c'est Roberval. Harrisse, pour être conséquent, a dû mettre la première personne partout où il faut la seconde, dans l'espace compris entre les guillemets que j'ai ajoutés au texte.]

% Canne, [La première lettre est ? absolument formé comme dans l'an passé et lieutenant, ete. Le nom du vaisseau était l'Anne, A cette époque, on ajoutait assez rarement le mot saint au nom chrétien donné aux bâtiments. ]

? par ung yeune homme.

“ luy avons.

* Landeneur. [Landevenec est un bourg maritime à quelque distance de Brest.]

10 de,

Cartier (?) [Harrisse a bien fait d'hésiter devant un pareil nom. Ce qui a pu le tromper c’est que L n'est pas capital. Sans ennuyer le lecteur de l'analyse des deux mots, lettre par lettre, il me suflira de dire que dans l’original les trois syllabes sont bien distinctes et qu'il ne peut y avoir d'erreur. |

nous.

1 [Cette lettre est une capitale |

1 [Omis par Harrisse. Ce mot se trouve encore dans les dictionnaires du milieu du 17e sièclo.] deftendre,

1 Roque. [Le nom de Rogier est bien lisible, surtout la seconde fois.]

IT inscita.

1 pour bailler.

Cannes à fer. [On trouve dans les dictionnaires anciens lances à feu et lances à fer émoulu ; mais non pas Cannes à fer. Cannes de fer est une expression poétique au temps de Cartier : elle est employée pour fusil]

0 souldats,

‘par raison de quoy.

# par ung iceulz.

’aoul de Auxillon es' s' * rvice du Roy soubz nro rmée, cussiez ” constitué lu Roy soubz vre charge artant que par ung gen ant en la raddo de Lanint que tous estans en!" t d'avec vous ! sans coneluy suppliant, desirant leuns attediez ! du ser.

\Guill® Rogior !!, contretmurer, et suscita! de voyant que iceluy supulloir, se mist en effort * ledict supplt son cap", les gens, Pour a quoy la main au pongnart, et de ce sortist tumulte au les, en sorte que sur co ce no fut faict par led, voyans les dictz mari.

out luy, A raison‘! de AUSMes gens n'AYANS

t mis pour indiquer le roi.]

romper: on ne peut lire ni ou du moins présentée en personne partout où il faut

lieutenant, ete. Le nom du

chrétien donné aux bâti-

romper c'est que L n'est pas flira de dire que dans l'ori-

17e siècle.]

fer émoulu; mais non pas ployée pour fusil]

l'intelligence entiere dudict cas, comme maintosfoys advient, fust enfin convaincu d'homicide, et pour iceluy a la rigueur du droict poursuyvy,"!" et par ce moyen nous auroit humblement requis sur ce *! noz lettres de pardon et abolution, selon le pouvoir et auet® à nous octroyé par les lettres patentes du Roy, Pour co est il * que nous, ces choses considerez, ayant esgard n lu coustume gnale de France, qui est

telle que en quelque legitime deffence que ce soit que tel cas advient, le Roy est requis de donner

pardon et abolution pour la conservation des prerogutives de droict, mesmes aussy eu esgurd que le

dict suppliant a fuict ce en furveur et bon zele du service du Roy, et pour éviter l'eminent peril auquel ilso voyoit pour l'agression et rebellion susd,

Nous, pour ces causes et autres ad ce nous inclinant, advous au dict supp. requerant donné, concedé et octroyé, et par ces presentes donnons, concedons et octroyons, de par le Roy, ? lettres de abolution et pardon; requerant tous juges, baillifz, soneschaulx

ot allouez ” et autres juges royaulx, a qui cod, Itres seront pntées, donner l’enterinement d'icelles au diet supp,

Et neantmoins en tant que mestier seroit, et que nred pouvoir so puist estendre et com-

porter, Mandons et commandons, de par le Roy, a tous juges royaulx qui du diet enterinement seront

requis qu'ils ayent a l'octroyer comme de droict et juridicque, sauf * en aultre cas le droict dud, soi.

gneur ot le droict d'autruy partout, sur poyne de desobeissance audict seigneur, car ainsy le trouvons estre «a faire, Faict au fort de Francy-Roy

Donné en tesmoing de verité soubz noz grans seuulx.

sur Francy-prime, ce neutiesme jour de Septembre mil cinq cens quarante doux. *

De La Rocque ”

NoTE E.

La table suivante donne les lettres dominicales pour chacune des années de l'époque cartiérienne,

sans qu'il soit nécessaire de faire la correction du style,

Style français.

1533 de Pâques au ler janvier e ; de janvier à Pâques d,

1534 LL «6 d'; de junvier à Piques e, 1535 œ \ ec; de janvier au 28 février b ; le reste de l'année 4. 1536 “e vs A; do janvier à Pâques 4.

1537 [0 “ g ïe “ “ f.

1538 é ‘6 f : LE: se e.

1539 LL NL e; de janvier au 2% février d'; !1 reste de l'année c.

1540 se : e ; de janvier à Püques b.

‘ l 1541 sk L b; té COR À 1512 “6 d. A : [U te g.

1542 à Fe g ; de janvier au 25 février f ; le reste de l'année e,

154 LL LL ramène l'année au style romain, on aura une table plus simple.

e, de janvier à Pâques d.

# [Ici se termine la requête, et Roberval continue.] #1 requis faire nos lettres. [Harrisse a voulu corriger, mais À tort. Je crois la phrase correcte, surtout en style Je vous requiers cette grâce,”

du palais : ‘“ Nous ne requérons pas beaucoup de science aux femmes, “ Montaigne :" Dictionnaires. ]

% est ce que nous [Inintelligible].

# [Harrisse a omis ces quatre mots.]

* avouez. [L’'alloué était un juge; mais non l'avoué.]

# gans [Inintelligible]. % Voir Note additionnelle, à la fin.

% [Signature de Roberval. Elle ne se trouve pas, il est vrai, sur cette pièce ; elle est au bas de la procuration donnée à Senneterre, pièce no 30, où je l'ai copiée avoc soin.]

Style romain.

1535 c. 1539 e. 1543 ge 1536 b, À, 1540 d, e, 1544 fe 1537 UE 1541 b,

La lettre dominicale étant donnée, celle des jours de la semaine suivent dans l'ordre alphabéti-

que. Ainsi, en 1534, la lettre dominicale étant d, les jours de la semaine seront invariablement : TA dimanche. VA mercredi, c. samedi.

c, lundi, A, jeudi. d, dimanche, f. mardi, b, vendredi,

Connaissant la lettre dominicale, quand on a sous la main an livre liturgique — bréviaire ou missel — il est facile de voir si le quantième et le jour de la semaine donnés par Cartier se correspondent, Lorsque le quantième est donné, on peut toujours trouver le jour de la semaine où il tombe.

Appliquons cette règle à la première pièce citée plus haut,

# Du jeudi, 19 mars

Les quantièmes sont exacts: le dimanche étant indiqué par la lettre d, tous les jeudis le seront par À.

Le document se termine par une autre date:

‘ Faict par la court de Sainet Malo, le XX VII jour de mars de l'an mil cinq cents trente trois.”

Lo 28 mars correspond à la lettre c, et, par conséquent, au samedi,

Si l'on n'a pas de livre liturgique à sa disposition, il faudra dresser le calendrier du mois, après avoir cherché, dans la table suivante, lu lettre qui comnience le mois :

L'janv. | 1 fév. 1 mars avril 1 mai | Ljuin | 1'juill, | 1 août | 1 sept. | Loct, | 1 nov.) 1 déc.

| | A, d, d, g. b. | e, g- | Ce, | fa À, d, f.

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