Voyage de Jacques Curtier
En 1867, M. M. Michelant et Ramé découvrirent ce manuscrit à la Bibliothèque vonRE iale de Paris, et malgré la date erronée de 1544, il se trouva être la relation originale du premier voyage. Ce Doit document fut publié à Paris, l’année même de sa découverte, par M. M. Michelant et Ramé. Ces cinq relations s'accordent, quant à la substance du récit ; il y a même une ressemblance frappante entre la première, la seconde et la quatrième, malgré quelques variantes, ici et là,
qui ont paru suffisamment importantes à M. Michelant (qui a consacré beaucoup de travail à élucider cette question) pour le confirmer dans l'opinion que les versions italienne. anglaise et française proviennent de sources différentes, La cinquième diffère plus souvent des précédentes que de ces dernieres ne différent entre-elles ; et lorsqu'il s'agit des distances, etc., sur lesquelles le lecteur peut se renseigner par lui-même, la Relation Originale est général:ment la plus exacte, Pour cette raison, nous lui donnons la préférence, lorsqu'il y a divergence entre les autres versions. Nous n'avons pas eu l'avantage de consulter la troisième (celle de Florio) qui est, de l'aveu de l'auteur, une traduction de Ramusio, et ne saurait, comme le prétend M. Michelant, être identique avec celle dont se servit Hakluyt, ainsi qu’on serait naturellement porté à le croire,
Dans son ‘* Dictionnaire du Commerce,” imprimé à Londres en 1600, Louis Roberts dit que Brest était la principale ville de la Nouvelle-France ; que le Gouverneur, l'aumônier et les autres employés publics y avaient leur résidence : que les Français en exportaient de grandes quantités de morues (baccalao), d'huile de baleire, et de fourrures précieuses, Voir le travail de M, Robertson, sur la côte du Labrador, dans les comptes rendus de la Société littéraire et historique de Québec, pour l'année
Malheureusement, ce vieux dictionnaire de Roberts ne se trouve pas en Canada ; nous n'avons pas même pu nous le procurer à Boston. Après avoir cité Roberts, M. Robertson ajoute:—‘" On ne saurait douter de la véracité de ce qu'avance Roberts, comme on peut s’en convaincre par les ruines des édifices qui paraissent avoir été construits généralement en bois. J’'estime que l'enceinte de la ville devait contenir environ 200 maisons, sans compter les magasins, etc., et une population d'environ mille habitants, pendant l'hiver, laquelle devait être trois fois plus nombreuse perdant la saison d'été.”
Mais la période dont il parle est po:tr'eure à celle'‘des voyages de Cartier. Un peu plus loin, M. Robertson commet une erreur au sujet de Brest, qu'il confond avec Bradore—/es Islettes de Cartier.
L'île aux Basques est sous la lat. 48° 9’ et la long. 69° 15.
L'île à l'Echafaud, telle que décrite sur les cartes marines de Bayfield, n’est qu'un rocher, au large du chemin des Basques ( Basque Roads.) Le cap du Chafaut aux Basques se trouve vis-à-vis, sur la terre ferme, et à environ deux lieues de Tadous-
sac, S, E. 1 S. de la ‘‘ pointe aux Alouettes” ou de Saint- Mathieu (le promontoire à l'ouest de l'entrée du Saguenay. vd de Caen y jeta l’ancre en 1629, Champlain, pp. 1096-7,
Voici le texte de la commission autorisant Cartier à faire son deuxième voyage PHELIPPES CHABOT,—
chevalier de l'ordre, compte de Buzançoys et de Charny, baron d’Aspremont, de Paigny et de Mirebeau, seigneur de Beaumont et de Fontaine franczose admiral de France, Bretaigne et Guyenne, gouverneur et lieutenant général poür le roy en Bourgongne, aussi lieutenant général pour monseigneur le daulphin ou gouvernement de Normandie, au cappitaine et pillote maistre Jaques Cartier de Sainct Mâlo—salut,. Nous vous avons commis et depputé, commettons et deputons du voulloir et commandement à roy pour conduire, mener et emploier troys navyres équippées et advitaillées chacune porr . quinze moys au parachevement de la navigation des terres r vous ja commencées à descouvrir oultre les terres neufves en icelluy voaige essayer de faire et acomplir ce qu'il a ,.. audit seigneur vous commander et ordonner, pour l’equippaige duquel vous achapterez ou freterez à tel pris raisonnable que adviserez au dire de gens de bien à ce congnoissans, et sellon que verrez et congnoistrez estre bon pour le bien de ladite navigation, lesdites troys navires prandrez et louerez le nombre des pillotes, maistres, et compaignons marynyers telz qu’il vous semblera estre requis et nécessaire pour lacomplissement d'icelle navigation, desquelles choses faire equipper, dresser et mettre sus, vous avons donné et donnons povoir, commission et mandement espicial, avec la totale charge et superintendence d'iceulx navires, voaige et navigation, tant à laller que retourner. Mandons et commandons à tous lesdits pillottes, maistres et compagnons mariniers et aultres qui seront esdits navires vous obeyer et suyvre pour le service du roy.en ce que dessur, comme ilz feroint à nous mesmes, sans aucune contradition ne reffuz, et ce sur les peines en tel cas acoustumés à ceulx qui se trouveront desobeïssans et faisans le contraire. Donné soubz noz seing et scel d'armes, le pénultieme jour d'octobre l'an mil cinq centz trante quatre. Ainsi signé Phelippes Chabot, et saellé en plat quart de cire rouge (in the maïgin)—‘‘ Collationné avecq loriginal.”
Voici le rôle de lequipsen de Cartier, lors de son second
voyage, rôle dont il est parlé à la page 59.
ous avons adopté l’ortographe des 10oms, telle que donnée par M. Joüon des Longrais, dans son livre intitulé : ‘ Jacques Cartier, Documents nouveaux,” Paris, 1888. Les noms en italiques sont copiés d’après les ‘Documents inédits sur Jacques Cartier,” publiés par M. Alfred Ramé, en 1865, Comme on le verra, il y a quelques variantes entre les listes, malgré qu’elles soient supposées avoir été, toutes deux, copiées sur l'original.
Le mercredy dernier jour de mars apres Pasques mil Ve XXXV à l'abaye Sainct Jehan........
Et a celluy Poulet aparu le rolle & numbre des compaignons que led. Cartier a prins pour lad. navigation ; & a esté mis entre mes mains pour incerer y dessous, & a celluy Poulet protesté de en dymyer du numbre de XXV à trente & d'en prendre d’aultres à son chouaix.
L’incertion desd. maistres, compaignons, mariniers & pillotes s’ensuyvent—