ACTE DEUXIÈME
Dès demain, les ouvriers se remettent au travail et votre père reprend le train de ses affaires. Vous aurez tout le temps de vous reposer des festins et des ovations...
ALBERT
Écoulez donc, Louise, j’en ai des éblouissements à la fin...
LOUISE
C’est que vous vous plaignez encore 1 n’est-il pas naturel qu’on tue le veau gras pour fêter le retour de l'enfant prodigue !
ALBERT
Bon; mais huit jours de veau gras!... J’aspire au mouton!... Et qu^l est le programme d’aujourd’hui?
LOUISE
Aujourd’hui, il y a grand dîner, suivi d'une chasse aux flambeaux.
ALBERT
Pas de feu d’artifice?
La chasse en tient lieu.
ALBERT
On va bien déranger les moineaux du parc.
LOUISE
Dans le parc? il n’y a pas de gibier.
ALBERT
On peut en mettre... tenez : le veau gras?
JACQUES CERNOL LOUISE.
Pas du tout, c'est une chasse véritable. Elle a lieu dans ce petit bois, là; voyez-vous?
ALBERT
Le bois de M. de Bliac?
LOUISE
Oui.
ALBERT, autre ton.
C’est vous qui en avez eu l’idée, Louise ?
C’est une idée de votre père. Pour témoigner de la joie que j’éprouve à vous revoir, Albert, je n’ai, moi, que ma meilleure mine à vous montrer. Je comptais si peu vous revoir!...
ALBERT
Vous ne pensiez pas qu’un jour ou l’autre...?
LOUISE
Pourquoi seriez- vous revenu?
ALBERT
Ne fût-ce que pour vous demander s’il vous souvient de ces projets...
LOUISE
Quels projets?... (Gaiement.) Ahloui, les projets de votre mère! Il est bien loin ce temps; mon père vivait encore, et vous ne songiez pas à courir le monde... Au fait, puisque je vous liens là, d’où vous vint cette folie de partir?
ALBERT
Qui sait!