‹ Jacques Cernol comedie en trois actesChapitre 18 sur 51 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LOUISE

Quoi ! il aura passé le meilleur de sa vie à travailler au bonheur des autres; il aura été bon, tendre, généreux et de votre autorité privée, vous oseriez souffler sur l’illusion qui l’enchante?... Vous ne l’aimez donc pas? et si vous ne l’aimez pas, de quel droit ?

ALBERT

Louise, vous êtes femme et vos sentiments sur la famille et l’honneur sont d’un idéal autre que...

LOUISE , l’interrompant.

Ah ! pensez-en ce que vous voudrez, mais, ou je suis idiote, ou il n’est pas vrai qu’un fils, sous prétexte d’honneur à venger, ait le droit de détruire le bonheur de son père, non 1 Et ce que vous supposez fût-il certain, vous ne l’auriez pas encore, ce droit-là. Ma raison, ma conscience vous le refusent 1

ALBERT

Allons donc!...

LOUISE

Ahl du moins, prenez garde à vous-même, Albert I... Que lui répondriez-vous à ce père, à jamais humilié, désolé, si le lendemain, il venait vous dire en pleurant : « Tu l’as chassée, assurant qu’elle me déshonorait ; tu as bien fait sans doute; mais... la preuve I... »

/ '.BERT, frappé.

La preuve? ..

( Léger silence. )

LOUISE; k part.

On dirait qu’ils ont entrepris de le faire mourir de chagrin I

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