AMÉLIE, ALBERT
Loeette do tort qu’après l’entrée d’Albert.
ALBERT, très-ealme.
Que me voulez-vous?
Je voudrais vous supplier de m’entendre.
ALBERT
A quoi boni je ne suis pas votre juge. Vous ne prétendez pas vous excuser, n’est-ce pas?
AMÉLIE
Non. Mais...
ALBERT
Et vous accuser serait superflu ; ainsi...
AMÉLIE
Votre sang-froid m’épouvante.
ALBERT
Bah !... Soyez certaine que vous n’avez personnellement rien à redouter de moi... Tenez, voilà votre lettre...
AMÉLIE, refusant.
Non... (Albert la déchire arec indifférence). Je no VOUS demande
qu’une chose : ce que vous avez résolu à mon égard. Dites*le* moi; quoi que ce soit, je suis prête à m’y conformer.
ALBERT
Je n’ai aucune résolution à prendre à votre égard, vous portez notre nom, et vous êtes protégée par le souvenir de celle qui le portait avant vous.
Mais, enfin, vous avez une idée, vous avez un dessein...
ALBERT
Ahl vous voulez savoir ce que je compte faire? Je ne voudrais pas vous insulter, madame; mais, Dieu marcil cela ne vous regarde pas.
AMÉLIE
Mais voyez donc que mes idées se heurtent dans mon cerveau ; voyez donc que ma conscience est inerte sous le déchirement du remords, je ne sais que faire pour inspirer de la pitié. Un seul instinct survit : me jeter à genoux et pleurer en demandant pardon... (Vivement.) Ahl voulez-vous que je me tue? Diles-le moi, vous verrez!...
ALBERT
Vous tuer? Et c’est là tout ce que votre raison et votre cœur vous dictent? (s’animant a mesnre.) Ainsi, cette maison, cette chère maison où, à votre arrivée, il y avait tant de joie, où la vie se passait au grand soleil, où tout était honnête et limpide, vous y aurez introduit l’élément le plus pitoyable et le plus humiliant : la galanterie ! De cet homme, brave et loyal, grand par les sentiments et l’intelligence, qui vous y amenait triomphant, vous aurez fait un pauvre homme, dont la bonté confiante égaie les commères et les faquins ; d’honoré qu’il était vous l’aurez rendu risible même pour ceux qui le ser-