DE XAINTRAILLES
quatre mille écus d'or à percevoir, disaient les lettres patentes, « sur le produit des tailles de la chastelk-nie de Salignac^ » D'après ses biographes (le fait suivant vient à l'appui de leur assertion), Xaintrailles n'aurait jamais pris part aux expéditions des écorcheurs. Un prieur de sa terre de Vailly, en Berry, était venu se plaindre à lui de ce qu'on voulait, en son nom, retirer au prieuré des privilèges dont il avait joui jusqu'alors. « Monsieur le prieur, aurait H répondu Xaintrailles en présence d'un garde du sceau « royal qui enregistrait ses paroles, les usages et privilèges « qu'avez en mes bois et que mes prédécesseurs, seigneurs « de Vailly, vous ont donnez ainsi qu'il m'appert, je veuil <; que vous en jouissiez et que l'on ne vous donne aucun « destourbier, car je ne veux rien de l'Eglise^. » Un dessin
1 Catalogue des Archives de M, le baron de Joursanvaiilx, année
* M. L. Raynal, loc. cit., t. III, p. 317, pièces jusliticalives. — On lira avec intérêt la lettre suivante, adressée par Poton de Xaintrailles à la dame de Granville.
« Honorée et puissante dame. Madame de Grantvilie, je, Poton, « seigneur de Sainlaraille , premier escuier de corps du Roy nostre M seigneur, ay sceu que comme principalle lionesse* des biens meubles « de vostre feu mary et seigneur, vous détenez prisonnier un poure gen- « tilhomme, nommé Jehan Du Vergier, et est à finance à la somme « vuil cens saluz d'or à paier à dous termes par moictié, laquelle « somme lui est moult griefve au regart de sa faculté; mais nyent- H moins, s'il vous plaist m'envoier le dit Jeli.;ii Du Vergier séant « quittes de toutes chouses avecques bon, seur cl loyal saufconduit « durant troys moys, je vous promet la foy et serment de mon corps « et soubz l'obligation de ces présentes sans fraude et sans mal engin « vous rendre et paier ou à tout autre par vous commis, dedans trois « mois après la dabtedou saufconduit doudit Jehan, la somme de dous « cens saluz d'or, quelle somme fait moiclié dou premier paiement et « autres deus cens saluz dedans autres trois moys prouchains ensui- « vans, au lieu de Beaumont, et en baillant bon et loyal saufconduit
* Honesse, héritière ; de honor, honneur, fief, doraaint. ( Roquelort, Glottaire.)
î)8 GASPARD
du temps représente La Hire et Xaintrailles sur le même cheval, <.^ allant fourrager le pays du duc deBourgogne^. » On les voit également tous deux en scène dans ce charmant fabliau qui parait remonter au commencement du seizième siècle. «Au temps du roy Charles VII«, Poton et La Hire fu- « rent deux gentilz capitaines qui aydèrent bien à chasser « les Anglois de France. La Hire dit ung jour à Poton : Mon « compaignon, nous combattrons demain les Anglois qui (' ont si gros nombre d'arcbiers que leurs flèches nous « feront perdre la clarté du soleil. Poton respondit : Ce sont « bonnes nouvelles; nous combattrons à l'ombre^. »
Issus d'un simple bourgeois de Paris, les frères Gaspard et Jean Bureau occupèrent aussi dans les conseils et dans les armées de Charles VH une grande position. L'aîné, Gaspard Bureau, s'était le premier distingué dans l'artillerie, science nouvelle qui, à cette époque de sièges et de combats incessants, jouait un grand rôle. D'abord commissaire au Cbàtelet, chargé ensuite de diverses missions qu'il remplit avec intelligence, Jean Bureau s'avança à la cour, fut employé dans l'artillerie avec son frère et le surpassa bientôt. Au siège de Pontoise qui, par les difficultés qu'il présentait et par ses conséquences, fut un des événements de l'époque, il fit des prodiges. « Tellement s'y « comporta, dit un historien contemporain, qu'il en est
« au dit Jehan comme par devant, en moy rendant ces présentes en la « fin dou paiement; ou vous rendre le corps doudit Jehan mort ou vill u au dit lieu de Beaumont. Escript à Beaumont, le XVi' jour de juillet « l'an mil 1111'= vingt et neuff. Poton. » (CoUecfion du baron de T.'-émont. La signature seule est de Poton.) 1 Bibl. inip., cabinet des estampes, collection Gaignière, rég/ie de Charles VIL
« Bibl. imp., Mss. Collection Béthune ; 8,623, fol. 45, cité parDelort dans son Essai sur Jeanne d'Arc, Agnès Sorel et Charles VU.