‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 104 sur 359 · ET JEAN BUREAU · texte numérisé non relu

ET JEAN BUREAU

« digne de recommandation perpétuelle^ » En, peu de temps, la faveur des frères Bureau égala celle des plus puissants et leur suscita des envieux ; on leur fit un crime de leur naissance. Il importait sans doute à la France que les Anglais fussent chassés du royaume par des hommes comptant douze ou quinze quartiers. La science accommodante des généalogistes vint en aide aux deux frères, et ils prouvèrent que « leur père, pauvre cadet de famille, « estoit venu de Champagne s'habituer à Paris, parle malci heur des guerres, néantmoins qu'il estoit noble et sorty de « devanciers qui estoient nobles de toute ancienneté. » Jean et Gaspard Bureau lui étant très-utiles, Charles YII confirma ces prétentions par des lettres patentes^. Les contemporains ont cependant persisté à donner à Jean Bureau une origine moins illustre. Un écrivain qui s'était trouvé à la cour avec lui en a laissé ce portrait : « 11 y avait alors « dans les conseils du roi un homme qui était chargé de la « direction de toutes les machines et des appareils de « guerre destinés aux sièges, c'était maître Jean Bureau, (( bourgeois de Paris. Issu d'une famille plébéienne, d'une « petite taille, mais grand par l'audace et le courage, il « excellait dans la disposition et l'emploi de ces ma- « chines*. » A la mort de son frère, Jean Bureau, qui avait

1 Jean Chartier, dans Godefroy, loc. cit., p. 117.

* Godefroy, dissertation sur les frères Bureau, p. 8G6 et suiv. de l'Histoire de Charles VU.

3 « Erat tune in ministerio régis Francorum, geveraliler super omnes machinas et beUicos apparatus prseposiius. magister Joannes Bureau civis parisiensis, vir quidam plebeius et stulura corporis parvus, verutn audax et animo magnus, qui in usu et exercitio hujusmodi machinarum, atque in cis convenienter ordinandis, valde int'ustrius et perilus erat, ul pote qui jam per annos plurimos etium snh Ânglorum servitio et dilioue, tali officio incubuerat. » — Thomas Basin, De rébus gestis Carol. VU, lib. V, cap. VI, cité dans les Études sur le passé et l'avenir de l'arlil-

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