‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 112 sur 359 · PARIS EN · texte numérisé non relu

PARIS EN

Cbapelle-Saint-Denis. Sur son passage, toutes les rues furent richement tendues; des fontaines versèrent le vin à profusion, et l'on représenta les plus beaux mystères du temps, à l'entrée de divers carrefours. A la vérité, un semblable cérémonial avait été observé six ans auparavant, pour l'entrée de Henri VI, roi de France et d'Angleterre. Arrivé à la Porte Saint-Denis, Charles YII vit au-dessus de sa tête un jeune enfant habillé en ange, qui paraissait descendre du ciel et tenait un écu d'azur à trois fleurs de lis d'or. Au môme instant, des voix accompagnées d'instruments firent entendre ces quatre vers :

« Très-excellent roi et seigneur, « Les manans de votre cité « Vous reçoivent en tout honneur « Et en très-grant humilité '.»

Quand les cérémonies de l'c fée royale furent terminées et que les choses eurent repr leur cours ordinaire, Paris se montra à Charles VII te. qu'il était réellement. Cette ville offrait alors et présenta pendant plusieurs années encore un aspect désolé. En proie depuis vingt ans à toutes les violences, à toutes les misères des guerres civiles, elle avait vu sa population diminuer peu à peu, ses riches habitations successivement abandonnées et des rues entières devenir désertes. Maintes ordonnances rendues de 1423 à 1436 constatent cette profonde détresse. Forcés par l'augmentation des impôts d'exiger des loyers hors de proportion avec les ressources de la population qui n'avait pas émigré, les propriétaires ne trouvaient pas de locataires pour leurs maisons, et n'avaient plus, par conséquent, d'in-

1 Le P. Dani^lj Histoire de France, année 1437.

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