IMPOT SUR LA RICHESSE
(( grosse taille sur les gens de l'Eglise, et après sur les gros « marchands. Et payoient. l'un 4,000 francs, l'autre 3,000 « ou 2,000... Et autres plus petits, nul ne passoit 100 sols, « ne moins de 40 sols parisis... Après cette douloureuse « taille, firent une autre très-déshonneste, car les gouver- « nans prindrent ès-églises les joyaux d'argent, comme ente censiers, plats, burettes, chandeliers, etc. ^. »
Enfin, comme si ce n'eût pas été assez de tant de misères, les environs mêmes de la capitale étaient non-seulement in(iuiétés uar les Anglais, mais des bandes de voleurs pillaient et ran- -^jnnaient sans pitié tous ceux qu'ils rencontraient. « Jus- « qu'à six ou huit lieues, dit le chroniqueur que nous \e- « uons de citer, nul n'osoit aller aux champs ou venir à la « ville, fust moine, prestre, nonnain, femme ou enfant, qui « ne fust en grand péril de sa vie, et si on ne lui ostoit la « vie, il estoit despouillé tout nu. » Les Parisiens auraient voulu que Charles VII se fût d'abord occupé de faire cesser ces brigandages. « Au lieu de cela, disait-on, le roy va en « Lorraine, et le dalphin, son fils, en Allemagne, guerroyer « ceux qui rien ne leur demandoient. » Aussi les plaintes étaient amères, surtout de la part des anciens Bourguignons. « Et en ce temps, écrivait celui d'entre eux qui nous a « laissé l'expression de leurs doléances, il n'estoit ne roy ne « évesque qui tenoit compte de la cité de Paris ; et se tenoit « le roy toujours en Berry ; ne il ne tenoit compte de l'Isle (( de France, ne de la guerre, ne de son peuple, que s'il fust « prinsonnier aux Sarrazins *. »
On a vu plus haut que Jacques Cœur avait visité les échelles du Levant en 1432. Le commerce qu'il entreprit
1 Journal d'un bourgeois de Paris; passim.
* Ibid. — Vie de Charles VII, dans Godefroy, p. 99; Ordonnancei des rois de France, t. XIII, préface, p. vnr et suiv.