‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 12 sur 359 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

conduire par labeur. Dont, sa diligence et activité qui tout convertissoit en affaires publiques et en chose de profiBt et de gloire à son maislre, tant multiplia en bien que, en l'état de sa vocation, n'avoit pareil à lui au monde. Estoit venu de cent à cent mille à nombre de millions par son sens. La gloire de son maistre fil-il bruire en toutes terres, et les fleurons de sa couronne fit-il resplendir par les lointaines mers. Tout le Levant il visita atout (avec) son navire, et n'y avoit en la mer d'Orient masl revestu sinon des fleurs de lys. Alexandrie et al-Kaire lui estoient Colchidies-Porles, et ne voloient ses yeux qu'en la circuition du monde, pour tout seul l'eslraindre ; quéroit à appliquer à lui seul par vertu, ce en quoi les diverses nations du monde labeurent ensemble par divers regards. Dont envie crut dure sur lui ets'espentèrent les cuers des hommes de son hault contendre. »

Enfin, un autre document contemporain des plus importants contient, sur le caractère et la chute de Jacques Cœur, des détails plus complets qu'aucun de ceux qui précèdent ; je veux parler de V Histoire de Charles VII et de Louis XI ^ longtemps attribuée au pseudonyme Amelgard, et restituée par M. J. Ouicherat à un personnage dont la vie fut aussi très-agitée et pleine de vicissitudes, Thomas Basin, évêque de Lisieux sous Charles VII. M. Quicherat a établi, dans une intéressante biographie de cet évêque passablement remuant et ambitieux, qu'après avoir joui d'une grande faveur sous Charles VII, il tomba en disgrâce sous son successeur, pour s'être mis à la tête d'un parti eu faveur du duc de Normandie, frère du roi, s'exila à Louvain, revit la France, et fut obligé de la quitter encore^. Les appréciations de l'évêque de Lisieux ne sauraient donc être exemptes de passion ; mais , ces réserves faites , et elles concernent

' Voir celte notice dans l'édition que M. Quicherat a donnée de Yllis- (oire de Charles VU et de Louis XI. Pari», 18â6. (Colleclion de la Société de l'histoire de France.)

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