‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 11 sur 359 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

povoit parler. Toutefois, icelluy Roy Charles, sous umbre de certaine accusation de crime que luy imposa la demoiselle de Mortaigne et aultres, le avoit faict faire prisonnier et tenoit bien eslroictement et bien gardé; de laquelle il eschappa par moyen qui seroit long à raconter, et s'en alla à Rome ; et illec se tenoit aussy honorablement comme il faisoiten France , car, nonobstant tout ce qu'il avoit en France, que on estimoit valloir un million d'or, qui vault dix cent mille escus S le Roy avoit faict tout mettre en sa main ; et n'en avoit rien ; sy, estoit-il encore riche, pour les grosses marchandises qu'il avoit hors du royaume *. »

Un chroniqueur attaché à la cour de Philippe le Bon, et son conseiller intime, Georges Chastelain ' a écrit, sur les événements de son temps, des mémoires d'un style diffus, irrégulier, mais empreints parfois d'une grande vigueur, et que recommandent des appréciations élevées. Ces mémoires, principalement consacrés au récit des affaires qui concernaient la cour du duc de Bourgogne, ne font pas mention de Jacques Cœur ; mais le chroniqueur bourguignon a réparé cette lacune dans un autre livre *, où il parle formellement des glorieux services rendus par Jacques Cœur à la France, et des envieux que lui attirèrent ses immenses richesses.

« Jacques Cuer, dit-il, argentier jadis du roy Charles, homme plein d'industrie et hault engin, subtil d'entendement et hault eraprendre, et toutes choses, comme haultes fussent, saschant

* Voir, pour se rendre compte de la valeur réelle de cette somme, la notice qui fait suite à cette préface.

* Mémoires de Jacques Du Clercq, p. 84.

3 Nommé, en 1468, premier roi d'armes de la Toison d'or, il reçut, en 1473. de Charles le Téméraire, la dignité de ciievalier et d'historiographe de l'Ordre.

* Temple de Jehan Boccace; De lamine d'ancuns nobles malheureux, par George, son imitateur.

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