‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 120 sur 359 · REVENUS PUBLICS SOUS CHARLES VII · texte numérisé non relu

REVENUS PUBLICS SOUS CHARLES VII

surhaussées, ne prouve-t-elle pas que le gouvernement entendait renoncer aux spéculations déloyales dont le public avait eu tant à souffrir?

En même temps qu'il avisait aux moyens de rétablir l'ordre dans cette partie si délicate et si importante du service public, Charles VII promulguait plusieurs édits sur l'assiette et la perception de l'impôt, sur l'Université et sur l'administration de la justice. Un contemporain a remarqué que ce prince « voyoit chaque an, et plus souvent, tout le fait « de ses finances, et le faisoit calculer en sa présence, car « il l'entendoit bien ; qu'il signoit de sa main les rôles des « receveurs généraux, les états et acquits de ses finances, « et tellement s'en prenoit garde, qu'il apercevoit et conce- « voit tout ce qu'on y pouvoit faire^ » Ses nombreuses ordonnances sur l'impôt et la perception témoignent de ces préoccupations. Le revenu de la France, qui s'éleva sous son règne, à 2,300,000 livres du temps^, indépendamment des profits que pouvait donner le droit de seigneuriage des monnaies, avait trois sources principales : le domaine, les aides et gabelles, les tailles. Le produit du domaine et des aides et gabelles a été évalué à 500,000 livres ; les tailles auraient monté à 1,800,000 livres. Longtemps, le revenu du domaine avait suffi, dans les circonstances ordinaires, aux besoins de la couronne ^ on y ajouta depuis les aides et gabelles ; on eut enfin recours aux tailles qui, établies d'abord à des intervalles éloignés, pour faire face à des situations critiques, devinrent perpétuelles à partir du règne de Charles VIP.

1 Godefroy, Vie de Charles VU, Éloge de Charles VII, par un anonyme, au commencement du volume.

* Leber, loc. cil., p. 67, note.

* Ordonnances des rois de France, 1. AIII, préface, p.LXXxii et suiv.

Page 1