ÉTRANGES MENACES DE LUNIVLRSITÉ
accordé une exemption totale détailles, aides et subsides. Cédant à de mesquines pensées , elle avait combattu de toutes ses forces l'établissement d'une université à Gaen, et son opposition était surtout fondée sur ce que cette création diminuerait le nombre de ses écoliers. Au lieu de faciliter l'enseignement, elle y mettait obstacle, et cela par les mo- }ifs les moins avouables. Mais Henri VI avait passé outre en créant l'université de Caen , plus tard confirmée par Charles VII. Cependant, comme celle de Paris avait seule alors la science et le renom, sa puissance sur l'opinion était grande, et ses quatre mille écoliers lui formaient un cortège d'approbateurs, sinon très-autorisés , du moins fort bruyants, avec lesquels le gouvernement lui-même était obligé de compter.
Un de ses principaux privilèges était d'être jugée par le roi sans subir le niveau de la justice ordinaire. En 1445, le prévôt de Paris ayant livré au parlement des écoliers qu'il avait fait arrêter, le recteur et quelques députés de l'université les réclamèrent d'une manière assez irrévérencieuse, menaçant, suivant leur habitude, de suspendre les leçons, s'ils n'obtenaient satisfaction. Le parlement ajourna la cause au lendemain en enjoignant à l'université de continuer les leçons et faits d'étude sous peine de méfaire envers le ?'oi. Celle-ci allégua qu'elle ne relevait pas de sa juridiction, que le roi seul pouvait connaître de ses causes, et interrompit ses leçons, espérant sans doute que la crainte du désordre tiendrait le gouvernement en respect. Mais il s'était peu à peu affermi, et il eut le bon esprit de ne pas s'effrayer. Le procureur général du parlement représenta d'ailleurs au roi que c'était pour le peuple un véritable scandale de voir cesser, à tout instant, pour des intérêts particuliers, l'instruction publique et religieuse ; il insista notamment sur