AUX ÉTATS DE BLOIS
.( ont eu leur fruit, lequel on a laissé mourir sans baptes- (( me. Et après on agetté et femmes et enfans en la rivière. (I Prenoieut les moynes et gens d'église, laboureurs, les " mettoient en ceps et autre manière de tourment nommé « saryez^. Et eux estant en iceux les battoient, dont les au- (! cuns sont mutilez, les autres enragez et hors de sens. « Appatissoient les villages, tellement que un pauvre vil- (i lage estoit à appatis à huict ou dix places. Et si on ne (( payoit, on alloit bouter le feu es villages et églises. Et (i quant les pauvres gens estoient prins, et ils ne pouvoient (! payer, on les a aucunes fois assommez, eux estant en ceps, « et gettez en la rivière. Et n'y demouroit cheval laboureur « ni autres bestes. Si le roy donnoit sauvegardes à pauvres « églises ou autres personnes, ils estoient rompuz, et n'en « tenoit-on compte, au grand déshonneur du roy et de sa (( seigneurie*. »
Dans les provinces du Midi, on désignait les auteurs de ces violences sous le nom de routiers. Le 16 avril 1434, Charles VII permit aux habitants de Nimes d'avoir une cloche pour sonner l'alarme et convoquer les assemblées, par le motif que les faubourgs situés sur la grande route d'Avignon à Toulouse étaient incessamment ravagés par des bandes de gens d'armes qui les pillaient et rançonnaient à i'envi^. Une pièce comptable du temps constate que quel- [jues gens d'armes et de trait de la compagnie du Dauphin [depuis Louis XI) qui étaient descendus dans le Languedoc
âamnés. Il y avait des ceps portatifs ou volants. « Jelian, seigneur de « Monteavrel, dit \eGlossaire de Du (".ange, t. I, v° Cippus, fut mis en « cep volant, auquel ledist chevalier lut pendu par longtemps en l'air. »
1 Ni Carpentier ni Roquefort ne donnent l'explication de ce mot.
* OEuvres de maistre Alain Chartier, p. 839 ; édition et notes d'Ân- Jré Duchesne.
Ordonnances des rois de France, t. XUl, p. 196.