RODRIGUE DE VILLANDRANDO
Rodrigue de Yillandrando était arrivé au comble de la faveur. Il épousa, vers 1432, une tille naturelle du duc de Bourbon. On le retrouve bientôt dans les Cévennei:-, mettant, suivant son habitude, le pays à contribution. Battu quelquefois, presque toujours vainqueur, il prenait d'assaut les villes qui ne voulaient pas lui donner de l'argent, et entrait tout armé dans les cathédrales, où il s'asseyait fière-
« d'armes et de traict pour le roy nostre syre, ay juré aux saints Dieu (I Évangèles, et si ay promis et promecl sur la foy et serment de mon corps c( et sur mon honneur et la dilTamaeion de mes armes, que je seray (1 doresnavant bon, vray, loyal amy, alié et bienvueillant de mons le M conte de Beaufort, viconte de Turenne et de Valerne et seigneur de « Lymueille ; et ly secourray et ayderay envers touz et contre louz, c( excepté le roy, messeigneurs les contes de Glermont, d'Armeignac, (I Mgr de La Trémoille, et Mgr de Saincte-Sevère, maresdial de France, « et, avecques ce, son Lien et honneur ly garderay, son mal et dom- « maige et deshonneur ly enverray et l'y feray assavoir, à mon po- (( voir. Et, toutes les choses dessus dictes promect et jure, comme « dessus, tenir et accomplir sans fraud, Laras et mal engin, de poinct « en poinct, non obstans quelconques promesses et alyences faictes « le temps passé. En tesmoing de ce, j'ay signé ces présentes de mon H seing manuel et fait sceler du scel de mes armes. Ce xvij» jour de M janvier, l'an mil cccc trente et deux. Rodrigo de Villaandrando. » (M. QmcheT3it, Bibliothèque de l'École des Chartes, 2« série, t. 1, p. 119 et suiv.)
Les engagements de ce genre ou analogues n'étaient, du reste, pas rares. 11 en existe un très-curieux, souscrit le l'"' mai 1229, en faveur du comte de Champagne, par le sire de Joinville, historien de saint Louis. En voici un extrait : c Je Jehans, sires de Joinville, Séné- « chaux de Champaigne, fas à scavoirà tous cels qui ces lettres verront, « que je jure mon très chier signor Tliiebaulx, par la grâce de Dieu, » roi de Navarre, conte palais de Champaigne et de Brie, sur la foi 'I que je li dois, que je ne m'alieray au conte de Bar, ne par mariage, (I ne par autre chose, ne à luy, ne à autruy, encontre luy, et no- « méement je ne prendray à feme la fille le comte de Bar... » {Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XX, La vie du sire de Joinville, p. .314.) Enfin, on rencontre encore de ces engagements au dix-septième siècle. J'en ai cité plusieurs dans le procès de Fouquet.