DÉTAILS ODIEUX
« mentoient et le tirannoient moult grièvement. Et les « aucuns mettoient en grants huches, et puis prenoient les « femmes, et les mettoient par force sur le couvercle de la « huche où le bonhomme estoit... Et quant ils avoient fait « leur malle œuvre, ils laissoient le pouvre périr là-dedans, « s'il ne payoit la rançon qu'ils luy demandoient; et si « n'estoit roy ne nul prince qui pour ce s'avançast de faire « aucune aide au pouvre peuple, mais disoient à ceulx qui « s'en plaignoient : Il faut qu'ils vivent ; si ce fussent les « Auglois, vous n'en parlassiés pas; vous avez trop de « biens'. »
Un des plus redoutables et des plus célèbres routiers de ' cette époque fut sans contredit Rodrigue de Villandrando. Espagnol d'origine, il vint en France vers 1415 pour y chercher fortune, et s'attacha d'abord au maréchal deSévérac. Ambitieux, d'une audace sans égale, s'estimant assez redoutable pour faire seul son chemin, Rodrigue de Villandrando se mit à la tête d'une bande de gens d'armes qu'il disciplina à son point de vue, ne souffrant dans son camp ni querelles, nipilleries, ni violences, et punissant de mort quiconque enfreignait ses ordres. En 1429, Rodrigue fit, dans diverses affaires, un grand nombre de prisonniers dont la rançon lui rapporta, pour sa part, plus de huit mille écus d'or. Nommé comte de Ribadeo, recherché par La Trémouille, par le comte d'Armagnac, il prit, en 1432, envers le comte de Beaufort, l'engagement, qui peint à la fois l'homme et son siècle, de le secourir envers et contre tous, le roi, les comtes de Clermont, d'Armagnac, de La Trémouille et le maréchal de Sévérac exceptés^.
1 Journal d'un bourgeois de Paris.
* La pièce est étrange et mérite d'être citée textuellement : « Je, « Rodiguo de Villadrando comte de Ribedieux et cappitaine de gens