LE BATARD DE BOURBON
Castille, où il mourut vers l'âge de soixanle-dix ans, après avoir expié les crimes de sa vie par le jeûne, la prière et la contrition.
Le bâtard Alexandre de Bourbon, son beau-frère, fit une fin moins édifiante. Destiné primitivement à l'Église, il avait renoncé à un canonicat et abjuré ses vœux pour suivre Rodrigue de Villandrando et apprendre à ses côtés le noble métier de pillard. Ce fut lui qui, après la publication du traité d'Arras, organisa, de concert avec quelques chefs de bandes que le ralentissement des hostilités allait laisser sans emploi, les fameuses compagnies d'écorcheurs dont La Hire fut aussi l'un des capitaines, et qui, plus redoutables que les Anglais eux-mêmes \ ravagèrent particulièrement le Nord, la Normandie, l'Anjou, le Berri et l'Auvergne. Le bâtard de Bourbon se distingua entre tous par les atrocités les plus odieuses, et il fut, en outre, un de ceux qui, en 1439, entraînèrent le dauphin dans sa première rébellion contre Charles VIL Celui-ci ne l'oublia pas, et quand vint une occasion favorable, il fit un exemple qui produisit la plus salutaire impression. En 1440, le bâtard de Bourbon ravageait la Champagne à la tête de ses bandes d'écorcheurs; il annonçait hautement l'intention de passer avec elles à l'étranger, malgré les ordres du roi. a Vers le même temps, dit un chroniqueur, un homme et « sa femme se vinrent plaindre au roy et à Monseigneur le « connestable d'un grand oultrage que ledict bastard de « Bourbon leur avoit faict, car il avoit forcé la femme sus
* Un capitaine anglais s'était néanmoins rendu célèbre par sa férocité. Il portait le nom de Mathieu Gough, dont le peuple avait fait Matago. Dans quelques provinces de la France, notamment en Provence, le nom de Matago est encore aujourd'hui l'équivalent de Croquemitaine.