‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 147 sur 359 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Jacques Cœur est nommé argentier du roi. — !1 est anobli par lettres du mois (l'avril 1440. — Sa participation à la révision des statuts de la draperie de Bourges; son commerce. — Jean de Village, son neveu, est envové en ambassade dans le Levant. — Réponse du Soudan d'Egypte à Charles VII, — Fondation de l'influence française en Orient. — L'imporlalion des dindons en France est atlribuée à Jacques Cœur. — Il exploite des mines d'argent, de cuivre et de plomb dans le Lyonnais. — Incertitude au sujet des avantages qu'il en aurait retirés. — Population de la France au quatorzième et au quinzième siècle. — La pesle de 1.3 48. — Beaucoup de villes étaient plus peuplées à celte époque qu'aujourd'imi. — Description géographique de la France au quinzième siècle pnr un auteur contemporain. — Jacques Cœur est chargé de l'installation du nouveau parlement du Languedoc. — Tous les ans, de i44-i à 1460, il est nommé commissaire du roi aux Élals de cette province. — Les États lui allouent des indemnités considérables. — La fondation d'une papeterie à Bourges lui est atlribuée. — 11 fait partie, en 1446, d'une ambassade ayant pour objet de réclamer l'annexion de Gènes à la France. — Motifs qui s'oppost'ut à ce résultat. — Letire de Janus de Campofregoso à Jacques Cœur, — 11 est nommé ambassadeur auprès du duc de Savoie pour faire cesser le schisme qui divisait l'Église. — Détails relatifs aux aflairesde l'Église sous Charles VII. — La pragmatique sanction. — Jacques Cœur est envoyé en ambassade auprès du pape. — Instructions remises à l'ambassade dont il fait partie. — Entrée solennelle dans Rome. — Le pape se prête à un accommodement qui met fin à toutes les diflicultés concernant les affaires de l'Église. — Heureuse influence et habileté de Charles VII dans ces nésociations.

Tandis que radministration réparatrice de Charles YII tirait peu à peu la France de ses ruines, Jacques Cœur,

EN QUOI CONSISTAIENT SES FONCTIONS. iH

chargé pendant quelque temps de la fabrication des monnaies à Paris et à Bourges, et entretenant avec les ports du Levant, de l'Italie, de la Catalogne et de l'Angleterre, des relations que chaque année voyait s'accroître, posait les bases d'une immense fortune. La perception des impôts étant enfin redevenue régulière, le roi put appliquer aux dépenses de sa maison une partie des revenus du domaine si longtemps absorbés parles frais de la guerre. C'est alors (1438) qu'il rétablit la charge d'argentier dont il confia les fonctions à Jacques Cœur, qui dut y trouver la source de nouveaux profits; mais ces fonctions ne donnaient pas, comme l'ont pensé quelques historiens, la direction des finances publiques. Les attributions beaucoup plus modestes de l'argentier consistaient à recevoir des trésoriers généraux une certaine somme affectée aux dépenses de la maison royale, à condition d'en faire connaître annuellement l'emploi à la chambre des comptes. Un des prédécesseurs de Jacques Cœur dans ces fonctions touchait, au quatorzième siècle, quatre cents livres pour ses gages ^. Il est vrai que,

1 « Argentarius, — Ejusmodi mnitus fuit argeiitarii Régis in aula Re- (( gum noslrorum, pênes qiiem Thesaurarii Regii exfisco qiiolannis certain « peciinix summam deponebant ad domus regix impensas, de qua ra- « tiones inibat in caméra computorum : is aulem an. 1351. 400 lib. (' pro vadiis percipiebat, ut docemur ex computo Stephani de la Fon- « taine, argentier du Roy, quod in ea caméra asservatur. » — Du Cange, Gtossarium ad scriptores medix et infimx latinitatis, t. I.

Voici, en outre, comment Olivier de la Marche définit les fonctions de l'argentier des ducs de Bourgogne. « Là sied l'argentier auquel « sont baillez les appointemens pour payer les dons des ambassades et (c voyages, le faici des habillemens et garderobbe, et autres choses « extraordinaires. » Estât de la maison de Charles le Hardi, — Des finances. Collection Micliaud et Poujoulat, t. III, p. 581.

Les fonctions d'argentier n'étaient donc pas, comme on l'a cru généralement, l'équivalent de celles de surintendant des finances ou de contrôleur général.

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