‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 146 sur 359 · DES ORDONNANCES DE CHARLES VII · texte numérisé non relu

DES ORDONNANCES DE CHARLES VII

grâce à rinstitution des compagnies d'ordonnance, la sécurité la plus complète avait succédé au pillage et à la dévastation des campagnes. La féodalité elle-même, dont la mission était accomplie, recevait de cette institution une atteinte devenue légitime. Enfin, des châtiments éclatants^ apprenaient aux plus hautes familles qu'il leur faudrait désormais subir le joug de la loi. Pendant que ces réformes et ces actes de justice s'accomplissaient, les Anglais perdaient chaque jour du terrain, et l'on entrevoyait le moment où ils seraient chassés du royaume. On peut dire en toute vérité que, sous le rapport politique et administratif, la France sortait en quelque sorte du chaos; une ère nouvelle commençait.

* Un autre procès, horrible entre tous, fut celui de Gilles de Kaiz, ou de Retz, jugé à Nantes, en 14 40, d'après les ordres et dans les Élats du duc de Bretagne. Gilles de Retz avait longtemps servi dans les armées de Charles VII, qui l'avait nommé maréchal de France. Retiré en Bretagne, il s'y livra, pendant quelques anuées, aux crimes les plus abominables. Les détails de son procès que j'ai sous les yeux remplissent trois cent huit pages d'un Ms. in-folio de la Bibl. imp. (Fonds Saint-Germain, 572). Le maréchal de Retz fut convaincu, entre autres abominations, d'avoir fait enlever une centaine d'enfants de huit à dix ans, auxquels il coupait la tèle lentement, avec une volupté féroce. 11 fut b"ii\é vif à Nantes, avec deux de ses complices, le 26 octobre 1440. Son procès n'a jamais été publié, je crois, dans son affreuse nudité.

no JACQUES CœUR ARGENTIER DU ROI.

Page 1