COMMERCE DU LEVANT. H
SOU commerce à l'intérieur, Jacques Cœur faisait aussi vendre des marchandises dans les pays étrangers, et l'on sait par un document officiel que pendant les trêves avec l'Angleterre, c'est-à-dire de 1444 à 1448, Guillaume de Yarye y avait envoyé quelqu'un , « pour les besongnes de Jacques « Cuer avec certaines martres, drap d'or et autres choses, ;; pour les vendre audit pays^ »
La France n'avait jusqu'alors entretenu avec le Levant que des relations sans importance. Elle allait, grâce à l'argentier enfin, disputer aux Génois, aux Vénitiens, aux Marseillais et aux Catalans une partie des bénéfices que procurait ce commerce. Il est vrai que, par suite de l'avidité des agents du Soudan et des préjugés de son gouvernement contre les Francs, ces relations se trouvaient soumises à des vicissitudes sans cesse renaissantes, et qu'elles étaient fréquemment interrompues par les exigences des autorités musulmanes. Les Vénitiens eux-mêmes furent, en 1442, les victimes de cette intolérance. On ne sait sous quel prétexte, le Soudan les chassa de ses États et confisqua leurs biens. Quelque temps après, l'interdit qui les avait frappés fut levé par l'intervention des facteurs de Jacques Cœur^. Dans le
Par le roi, le prix de deux harnais complets à armes, dont il avait fait présent à Guillaume Goupil et à Jean Debroc, écuyers.
(Bibl. imp. Mss. Inventaire dps papiers de Jacques Cœur.) — Fragment, en très-mauvais état, et que je crois original, de ce précieux document. Par malheur, ce qui reste est fort peu de chose. C'est un simple cahier, dont les pages ont été déchirées vers le milieu. Ce manuscrit fait partie d'une liasse de documents désignée sous le titre de Portefeuille de Jacques Cœur. (Voir pièces justiû., n° 2.)
1 Bibliothèque de l'École des Chartes. 3^ série, t. 1, p. .309; Lettres de rémission en faveur d'Etienne de Manné, qui avait donné à vendre en Angleterre une pièce de fourrure, déposée chez Jacques Cœur, laquelle avait appartenu à Aqn'es Sorel : article de M. Vallet de Viriville sur Agnès Sorel.
* Pardessus, loc. cit. Introduction, 3^ partie, p. lxxvui.