‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 155 sur 359 · AU QUATORZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU QUATORZIÈME SIÈCLE

on arrive à une population de plus de trente-cinq millions d'habitants. On a ajouté que les vilains possédant au-dessous de dix livres parisis, et les serfs, fort nombreux encore alors, ne figuraient pas dans ce dénombrement. Faisant entrer en ligne de compte cette multitude immense d'ecclésiastiques et de personnes religieuses des deux sexes, les universités, le corps entier de la noblesse, tous exempts de subsides, un savant académicien a prétendu qu'il y avait eu, en France, du quatorzième au dix-huitième siècle, une sensible diminution de l'espèce humaine. « Il est hors de « doute^ ajoute-t-il, que les cent seize années de guerre « d'extermination que se firent les Français et les Anglais « depuis 1336 jusqu'en 1452, plus l'interruption de la cul- « ture causée par ces guerres et les ravages des compagnies (( de brigands armés qui occupèrent le pays pendant un « siècle tout entier, enlevèrent une grande partie de la po- « pulation française. Elle se releva dans la dernière moitié « du quinzième siècle et les soixante-dix premières années « du seizième ; s'affoiblit de nouveau dans les guerres de « religion, sous le règne de Louis XIV par la révocation de « l'édit de Nantes et la guerre de succession. Enfin c'est de- « puis la régence jusqu'à nos jours que la population est « dans un état de progression constante.... ^ »

* Bureau de la Malle, ubi supra. — Le témoignage de Bureau de la Malle est confirmé dans les termes suivants par M. Léopold Delisle, dans ses Etudes sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Normandie au moyen âge : « M. Bureau de la Malle, dit M. Léopold « Delisle, p. 17 4, prétend qu'au quatorzième siècle la population de » la France était au moins aussi considérable que de nos jours. Nous « sommes assez porté à adopter cette opinion. En parcourant les cen- " siers et autres registres du quatorzième siècle, on est frappé de la « multitude des personnes qui y sont nommées dans chaque paroisse. Il On y remarque que chaque famille renferme beaucoup d'enfants. « B'un autre côté, les églises bâties au moyen âge sont presque lou-

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