‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 156 sur 359 · RAVAGES CAUSÉS · texte numérisé non relu

RAVAGES CAUSÉS

Aux causes de dépopulation qui vienûeut d'être signalées, il faut ajouter une peste terrible qui dévasta l'Europe en 1348. Un contemporain, Symon de Covino, a décrit dans un poëme latin les effets de cette épidémie, à l'occasion de laquelle les populations se soulevèrent une fois de plus contre les Juifs, et qui donna naissance à la secte des flagellants. « Quelque éloignés que soient les souvenirs gardés « par les vieux livres, dit Symon de Covino, jamais l'espèce « humaine n'a souffert pareille ruine ; jamais peste aussi « formidable n'a été répandue en tant de lieux, n'a régné « durant tant d'années. Pendant qu'elle ravageait les peu-

« jours en rapport avec la population moderne, et il est assez naturel » de penser que, comme les cimetières des villes, ces édlQces étaient u proportionnés au nombre des fidèles qu'ils devaient contenir. Enfin, « au treizième siècle, nous voyons de fous côtés s'établir de nouveaux a villages; de vastes terrains sont dépouillés de bois et mis en cul- « turc. La réunion de toutes ces circonstances nous porte à croire qu'au M moyen âge nos campagnes étaient bien peuplées, trop peuplées même M pour les ressources alimentaires que l'agriculture pouvait alors four- « nir. Aussi, voyons-nous les famines et les pestes amener pério- « diquement la population à un cliilTre en rapport avec la production « agricole. Malheureusement, ces terribles avertissements n'étaient « guère écoutés. » — 11 s'en faut, d'ailleurs, que les avis soient unanimes sur la question. Un économiste italien, M. Louis Cibrario, a fait des recherches approfondies à ce sujet, et il arrive, du moins en ce qui concerne la Savoie et le Piémont, à des conclusions contraires à celles de MM. Dureau de la Malle et Léopold Delisle, pour la France. M. Cibrario reconnaît bien que la population de plusieurs grandes villes d'Italie s'est beaucoup amoindrie depuis quatre siècles. Ainsi, Florence comptait, en 1396, environ cent quarante mille habitants ; cette ville n'en a plus aujourd'hui que quatre-vingt mille; Sienne est descendue de cent mille à vingt mille; il y a des raisons de croire que la population de Milan a été, vers 1492, de deux cent quatre-vingt-douze mille habitants; il n'y en a plus que cent quarante mille. Suivant M. Cibrario, ce sont là des faits exceptionnels, et le seul pays de l'Europe où la population a àù, suivant lui, diminuer, c'est l'Espagne, à raison de l'expulsion des Juifs et des Mores. M. Cibrario

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