‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 169 sur 359 · AMBASSADE A ROME · texte numérisé non relu

AMBASSADE A ROME

teau de Final qui tenaient toujours pour le roi. Charles YTI espérait encore que le traité de 1444 concernant l'annexion de Gênes à la France finirait par recevoir son ex'kution, et il attachait le plus grand prix à la conservation de Final. Tanneguy-Duchatel et Jacques Cœur se dirigèrent ensuite, avec trois navires seulement, sur Civita-Yecchia. L'ambassade fit son entrée à Rome d'une manière solennelle et avec le plus grand éclat. Plus de trois cents chevaux richement caparaçonnés et harnachés figuraient dans le cortège. « Il n'y avoit pour lors homme vivant, a dit un « chroniqueur, qui oncques eust vu entrer à Rome si hono- « rable ambassade, ny en si grande magnificence, ny qui eust « ouy parler de pareille compagnie, ce qui tournoit au grand « honneur du Roy et de son royaume ^ » Le 8 août 1448, Nicolas V écrivit à Charles VII que ceux-là mêmes qui habitaient Rome depuis soixante ans ne se souvenaient pas d'avoir jamais vu une ambassade aussi nombreuse et composée d'hommes aussi illustres ^. Peu de jours après son arrivée à Rome, Jacques Coeur avait été atteint de la fièvre. Nicolas V le fit aussitôt transporter dans son palais de Saint- Pierre et donna des ordres pour qu'il y fût l'objet des soins

1 Jean Chartier, dans Godefroy, p. 131. — La chronique rlnitîe du règne de Charles VII parle comme il suit de cetlH cérémonie.

• L'en ne vid entrée si pompeuse

• Des François comme ceste-là, « Ne despeuce si oultrageuse

• Comme Ten fis* çà et delà.

(Les Vigilles de Charles VII, par Martial d'Auvergne; année 1448.)

- « Misit quippe ad nos Cehiludo tua legationem prxlatorum ac alio « mm iyisignium et nobilium virorum otnni ex parle prxstantium, cum « adeo insigni et prxclaro comitatu, ut qui sexagenta annorum in ro- « muna curii retinebant, nunquam meminerint tam prasctaram, tnm in- « signetn, tam numerosam legatione n adventasse... » (Spicilegium, etc., t. III, p. 767.)

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