CONDITIONS EXORBITANTES DE FÉLIX V
les plus attentifs ^. Il lui accorda en outre, comme l'avait déjà fait Eugène IV, l'autorisation de trafiquer avec les infidèles.
Des ambassadeurs du roi d'Angleterre avaient précédé ceux de Charles VII à Rome. Ayant échoué dans leurs démarches auprès de Nicolas V, ils s'étaient retirés à Viterbe pour y attendre le résultat de l'ambassade française. La mission de celle-ci était d'ailleurs difficile, car Félix V mettait à sa renonciation au pontificat des conditions exorbitantes. Il voulait préalablement faire trois bulles qui auraient pour objet, la première, de rétablir tous les ecclésiastiques qu'Eugène IV et Nicolas V avaient déposés ou privés de leurs biens à l'occasion du schisme; la deuxième, de lever les excommunications qu'il avait luimême publiées contre les personnes, communautés et villes qui avaient fait acte d'obédience envers Eugène et Nicolas; la troisième, de confirmer tout ce qu'il avait fait pendant son pontificat. Il devait ensuite se déposer volontairement entre les mains d'un concile général qui élirait Nicolas V. Une fois déposé, Amédée serait cardinal, évèque, légat et vicaire perpétuel du saint-siége dans toutes les terres du duc de Savoie; il aurait, dans l'Eglise romaine, la première place après le pape ; si jamais il paraissait devant Sa Sainteté, elle se lèverait de son siège pour le re-
* « Sanctiias Sua eundem argentarium dîlîgebat in tanlum quantum « tune temporis fuisset aliqitali infirmitate febrium alteratuSj Sua Satic- « titus voluit eum tenere infirmum in palatio suo Sancti Peiri ut mnjo- « rem curam de eo haberent medici Suœ Snnctiialis quitus mandavit ut « non minus curaient de sanitate ejus quam de pi'rsona Suœ Sanctitatis « si infirmatu fuisset, quia casu arripuerat eum febris ipso stante in
« caméra parlamenti etc. » Déiiositions en faveur de Jacques Cœur,
envoiiéeSj en 1452, à la cour de France par celle de Rome, Bib!. imp. Mss. Fonds Saint-Germain, n° 572; Procès de Jacques Cœur, p. 708.