‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 18 sur 359 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

Ecoutons maintenant un compatriote de Jacques Cœur, Jean Chaumeau, auteur d'une Histoire du Berry, publiée à Lyon vers le milieu du seizième siècle :

" Auquel temps un enfant de Bourges, venu d'assez petit lieu, nommé Jacques Cueur, avoit, par son bon esprit et jugement, tellement prospéré en biens et en aulhorité, que non-seulement il surmontoit les marchands de France, mais voulut le Roy se servir de luy et le fit son argentier, office qui emportoit beaucoup d'autres d'aujourd'hui et luy avoit fait grands services à la conqueste de Normandie, pour laquelle il fina grand argent. Pour cela néantmoins il ne s'eslevoit en rien ; ains s'esludioit à acquérir d'amis et familiarisoit jusques aux plus petitz, prestant aux princes de grandes sommes de deniers, vivres et marchandises. Et fut en telle authorité envers le Roy qu'il fist un de ses fils archevesque de Bourges, son frère évesque de Luxon, et ses autres parents en autres estats : et, quant à luy, il acquéroit villes et chasteaux, et faisoit édifices nompareiis, comme son hostel superbe qui esta Bourges; ce que l'envie ne pouvoit faillir de courir sur luy, car il y avoit bien à mordre'. »

En ce qui concernait les motifs de la disgrâce de Jacques Cœur, Jean Chaumeau, se lançant dans le champ des conjectures, prétendit qu'Agnès Sorel, jalouse de la faveur dont jouissait Jacques Cœur, l'avait dénoncé au roi pour des propos malveillants tenus sur elle et sur lui. Jean Chaumeau avait pu voir à Bourges des personnes ayant connu les enfants de Jacques Cœur, et l'on est d'abord porté à prendre ses conjectures pour l'expression d'une tradition ocale; un instant de réflexion prouve le contraire. En

p. 326. Voici le passage: « Exemplum, quod periculosum sitversariin Regum aulis malorum, qui non nisi malis uluntur hominibus, creduntque adulatoribus cl perfidis. »

1 //litoirerfiiBem/, par Jean Chaumeau, 1 yoI. in-folio, Lyon, 1666, p. 146.

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