SUR LA FOKTUNE DE L'ARGENTIER
ses frères était évêque, et son fils, archevêque de Bourges, avait été appelé, à vingt-cinq ans, au premier poste ecclésiastique de la France^. Néanmoins, il ne négligeait pas les soins que lui imposaient ses fonctions, spécialement celles de maître des monnaies. Un jour (on ne sait dans quelle année), il fut inform ) confidentiellement qu'un receveur des aides des environs de Bourges payait les gens d'armes du roi avec de la fausse monnaie. Là dessus, il adressa au sieur de Barbançoys, capitaine de la ville de Saint-Benoît, la lettre suivante, écrite en entier de sa maîn^ :
« Monsieur de Barbançoys, ge me recommande à vostre « bonne grâce tant come faire le peuz, et vous plaise sçavoir « que hier, après vespres, est venu par deçà ung home in- « connu, lequel a dit qu'il vouloit parler à moy, moyennant « que luy promettrois tenir sa dicte parolle secrète sans ne (( descouvrir ne révéler à personne vivant que de luy ve- « noit, auquel ayant donné oreille m'a dict que le recepveur « des aides à Saint-Benoyst avoit accointance avecque des « arquemiens' par le moyen desquels faisoit escus d'arque-
* En 1450, Charles d'Orléans, oncle du roi, faisait aclieter » dans « son ducliié d'Orléans, du vin cleret, pour iceulx vins psfre donnés « et distribués aux gens du Grand (>onseil, » et il en envoyait quatre poinçons à Jacques Cœur. (M.Aimé CliainpoUionFigi^ac, Louis ft Charles d'Orléans, leur influence sur les arts, la littérature et l'esprit de leur siècle; ]l« partie, p. 366.
2 Cette lettre faisait partie de la collection d'autograplies du baron de Trémont.
' On lit dans Du Gange ; « Arquemia pro alchimia. Extrait de Let- « très de rémission délivrées en 14 47 . « Et lors luy dit niaistre Jehan... « qu'il avoit accointance à un des habilles hommes du monde, nommé Il Bazatier, qui esloit le meilleur arquemien que on peust trouver, et « avecques faisoit escuz d'arquemie les plus beaulx que on pourroit « dire. » — D'après Roquefort, Glossaire de la langue romane, « l'ar- « quemien éloit un alcliimiste, c'est-à-dire un homme qui faisoit des « opérations de chimie pour Irouvi^r la pierre philcsopiiaie. »