CAUSES DE DÉFAVEUR
participation à la fabrication de monnaies faibles de titre. D'autres faisaient probablement vibrer une corde plus sensible encore , en rappelant les Médicis qu'il semblait avoir, sous certains rapports, pris pour modèle, et en lui attribuant les mêmes desseins, la même ambition. Une cause de défaveur bien plus puissante vint se joindre à celles-là. D'après des assertions contemporaines, Jacques Cœur avait prêté au roi 200,000 écus pour chasser les Anglais de laNormandieV Une pièce authentique établit qu'au mois de décembre 1450, Charles VIT lui remboursa 60,000 livres qu'il lui avait empruntées au mois d'août précédent pour le siège de Cherbourg*. L'emprunt dont il s'agit fut-il
* C'est le chiffre donné {ar la plupart des chroniqueurs. Seul, Thomas Basin ne parle que de 100,000 éeus.
* Voici ce reçu : « Je Jacques Cuer, conseiller et argentier du Roy « nosfre sire, confesse avoir eu et receu de Macé de Launoy, receveur « gênerai des finances dudit seigneur en son païs de î^ormandie, la « somme de soixante mil livres tournois, à compter XXX st. pour estre « foible monnoie à présent ayant cours audit païs de Normandie*, à « raoy ordonnée parle Roy nostredit seigneur, et par ses lettres patentes « données à Montbazon le tiers Jour de ce présent mois de décembre « estre payée et baillée comptant en son acquit, par ledicl receveur « gênerai pour restitution de semblable somme par moy preslée comptant i( audit seigneur au mois d'aoust dernier passé pour le fait de la reddi- « tion en son Obéissance des villes et chastel de Cherbourg lor: occupez « par les Angloiz anciens ennemis de ce royaume; tout ainsi, et en la M forme et manière qu'il est contenu et déclairé èsdictes lettres part lentes, et en une cedule en parchemin signée de la main dudit sci- « gneur, donnée à Escoché '", le X^ jour dudit mois d'aoust, que lors « il me flst bailler pour seurelé d'icelle somme ; de laquelle somme de a LX mil livres tournois je me tiens pour content et bien paie et quitte « le Roy nostredit seigneur, ledit Macé de Launoy, et tous autres à « qui quittance en puet ou doit appartenir. En tesmoing de ce, j'ai « signé ceste présente quittance de mon seing manuel, et scellée du
* Il s'agissait sans doute d'une bonification motivée sur le titre reiativemeut intérieur des monnaiËs normandes.
** Écouché, chef-lieu de canton d«ns le département de l'Ome.