DONS REÇUS EN LANGUEDOC
le seul? On est tenté d'en douter. Cette somme de 60,000 livres, en effet, avait été prêtée pour une circonstance déterminée, et l'on sait que la campagne de Normandie se composa d'une série de sièges et d'efforts. Constatons encore, pour prouver la pénurie du trésor, que, le 14 mai 1450, Charles VII empruntait la moitié des impositions levées sur les villes du Poitou pour l'entretien des fortifications^. On prétend que Jacques Cœur avait su se faire indemniser des dépenses que lui occasionnait la guerre de Normandie, et l'on allègue un don de 1,000 livres que les Etats du Languedoc lui avaient fait à cette intention au mois de novembre 1450^ Mais ce don (il en reçut même de bien plus considérables) n'était autre chose qu'une gracieuseté de ces Etats qu'il présidait depuis plusieurs années, et doit-on lui faire un crime d'une habitude qui s'est conservée jusqu'à la Révolution?
Quoi qu'il en soit, les prêts faits à Charles VIT par Jacques Cœur déterminèrent sa ruine. Une circonstance imprévue, et qui ne paraissait pas de nature à exercer la moindre action sur sa destinée, la mort subite d'Agnès Sorel, vint, sur ces entrefaites, fournir le prétexte impatiemment attendu par les ennemis que ses richesses, son ostentation et ses maladresses lui avaient attirés.
« gcel de mes armes, le XI !« jour de d(5cembre, l'an mil CCCC cinquante. « J. CuER. » (Bibl. imp., Mss. Cabinet des litres, Poricfenille de Jacques Cœur, i^a pièce porte encore le sceau en cire rouge.)
J Bibl. imp., iiïss. Poriefenillcs Fontanien, n"^ 121-122.
- Mémoires de Mathieu d'Escouchy, publiés par la société de {'Histoire de France; à la table j V" Jacques Cœur.