PEINTURE SUR VERRE
majestueuses où l'habile fusion des couleurs produit des harmonies de lumière dont l'art moderne désespère d'égaler la beauté. Depuis l'apparition de ces chefs-d'œuvre, la peinture sur verre s'était modifiée. Aux mosaïques transparentet du treizième siècle avaient succédé des verres d'une dimension suffisante pour composer des vitraux d'une seule pièce ou d'un petit nombre de pièces rapportées^. D'autre part, les grisailles tendaient à remplacer les couleurs éclatantes. Ainsi le goût et la mode de fabrication avaient changé à la fois. Bien que très-remarquables encore à divers titres, les verrières de la sainte-chapelle de Riom, de Saint-Vincent de Rouen, de la cathédrale de Tours ^, et de la chapelle de Jacques Cœur dans la cathédrale de Bourges, donnent la mesure de l'amoindrissement de cet art charmant que les gentilshommes pouvaient, par une faveur spéciale, pratiquer sans déroger. La maison de Jacques Cœur à Bourges était ornée de vitraux; l'un d'eux, en grisaille, représentait une galère capitane*. L'artiste qui les exécuta était sans doute Henri Mellin, à qui l'on doit les verrières de Riom, plusieurs vitraux de la cathédrale de Bourges, et qui peignit aussi sur verre pour l'église Saint-Paul, à Paris, les portraits, malheureusement détruits, de Charles VII, de Jeanne Darcet de Jacques Cœur''.
En même temps, c'est-à-dire vers le milieu du quinzième siècle, la grande peinture prenait enfin son essor et s'élevait,
1 M. de Labordc, Notice, elc, p. 123.
* Le moyen âge et la renaissance ; M. P. Ghaiiipollion Figeac, Peinture sur verre.
8 Ce vitrail existe encore dans le musée de Bourges, où il y eq a aussi un autre représenlanl les armoiries de Jacques Cœur avec des allégories (|u'ur.e de nos gravures sur bois reproduit.
* M. F. Bourquelot, Histoire de la peinture et des aris du dessin en France, dans Patria, cole 2256.