‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 211 sur 359 · LES PREMIERS PEINTRES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS PEINTRES FRANÇAIS

élèves dout quelques-uns devinrent célèbres, et c'est sans doute l'un d'eux qui fit le meilleur portrait de Jacques Cœur. Moins somptueux que le duc de Bourgogne (car les revenus de la France étaient bornés, et la défense du royaume les absorba pendant longtemps), Charles VII encouragea néanmoins les peintres, et les exempta « de toutes tailles, sub- « sides, guardes et guet. . . . » Quand les guerres avec l'Angleterre furent terminées, il fit représenter ses victoires dans la salle des gardes du palais de Fontainebleau. De leur côté, les grands seigneurs et les riches abbayes formèrent des galeries. On sait l'impression profonde qu'avaient produite au quinzième siècle les terribles scènes de la danse macabre; l'imagination du peuple en fut frappée au point qu'on les représenta sur les murs mêmes des cimetières ^. Parmi les peintres français de cette époque dont le nom est arrivé jusqu'à nous, malgré l'indifférence des contemporains à l'égard des plus grands artistes, figurent, outre Lichtemon et Henri de Vulcorp, attachés, l'un à la maison de Charles VII, l'autre à celle de la reine '^, Guillaume Josse et Philippe de Foncières. On serait heureux de trouver la preuve que les fresques si remarquables de la chapelle de Jacques Cœur, dans sa maison de Bourges, sont l'ouvrage de l'un d'eux ; mais leur caractère les fait attribuer à quelque artiste italien. Si cette supposition est fondée, tout porte à croire que cet artiste devait être un élève de Fra Angelico. Vers 1449, le pape

* M. Félix Bourquelot, loc. cit., col» 2239.

' On lit ce qui suit dans un compte de i'argenterîe de Marie d'Anjou pour l'année 1444 (Arch. de l'Emiiire; reg. 1, in folio, K 55): « A « Henri de Vulcorp, painlre de la dite dame, la somme de XXX francs, « qu'elle lui a fait payer comptant pour ses gaiges des mois d'octobre, « novembre et décembre, à X francs par mois. » — Cité par M. Leroux de Lincy dans Les femmes célèbres de l'ancienne Francet t. I, p. 652.

Page 1