PEINTURES DU ROI RENÉ
celles de ses œuvres qui sont restées annoncent plus de bonne volonté et de persévérance que de génie ^. Les contemporains du roi René et les chroniqueurs provençaux le jugèrent, à la vérité, différemment. Un historien de Provence a dit de ce bon et excellent prince, si populaire, même de son vivant, quoique malheureux dans toutes ses entreprises, mais peintre et poëte médiocre, que « sur « toutes choses aimoit, et d'un amour passionné, la pein- « ture, et l'avoit la nature doué d'une inclination tant « excellente à ceste noble profession qu'il estoit en bruit et « réputation entre les plus excellens peintres et enlumi- <( neurs de son temps, ainsi qu'on peut voir en plusieurs
* M. Alex. Lenoir a reproduit dans son ouvrage sur les Monuments des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les Gaulois jusqu'à François !*■" (un vol. in-folio, p. 46), le dessin d'un tableau du roi René à deux volets, au sujet duquel il fournil divers renseignements. M. Lenoir remarque que le roi René peignait dans le genre de Jean Van Eyck, aveclequel on suppose qu'il entretenait des relations. — Le musée de l'Iiôtel de Clunv possède du roi René un tableau peint sur bois repr^st^ntant Marie-Madeleine à Marseille. « Ce tableau, dit (I avec raison le catalogue du musée, empiunle une grande partie de « son intérêt à son roval auteur. — Sur le premier plan sont les fl- « gures du roi René et de la reine Jeanne de Laval. Autour d'eux sont « groupés les habiianls de Marseille, rangés en cercle devant Marie- « Madeleine, debout sur une tribune, en altitude de parler à l'assemblée ; « dans le fond, on voit la ville de Marseille, les forts et la haute mer .. »
Le plus beau spécimen de l'école française existant au musée de Clun^r est un tableau peint sur bois, à volets, représentant le sacre de Louis XII, en 1498. — On admire, en outre, dans la salle de la cour d'appel à Paris, un beau tableau de la fin du quinzième siècle représentant un Crucifiement. « Nulle production de Hemling, dit M. A- Mi- « chiels {Peinture sur bois, cuivre, toile; loc. cit.), n'offre un art « aussi avancé, une couiposilitn aussi prolonde, des tvpes aussi ori- « ginaux. La Bi'lj,vque ei la Holl;inde ne renfeiment pas une œuvre du « même style qu'on puisse dire plus belle. » — Voir aussi sur ce tableau. Les ddcs de Bourgogne, par M. le comte de Labordc; II® partie, t. l. Preuves, p. cxL.