‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 214 sur 359 · LES ENLUMINEURS · texte numérisé non relu

LES ENLUMINEURS

«divers chefs-d'œuvre achevés de sa divine et royale « main *... »

Mais, si le roi René était un artiste inférieur dans la grande peinture, il se distingua, sans y prendre néanmoins le premier rang, dans celle des manuscrits, qui compte aussi des chefs-d'œuvre touchant parfois au domaine de l'art. Les premiers essais de ce genre en France paraissent remonter à l'époque de l'invasion romaine ; plusieurs bibles du huitième siècle sont ornées de miniatures. Au treizième, il s'agrandit et se perfectionna sous l'inQuence des magnifiques verrières qui provoquaient l'admiration publique. Les miniatures d'un psautier de saint Louis et d'un manuscrit du fameux roman du Saint-Graal sont d'une rare élégance *. Dans le courant du quatorzième siècle, Nicolas Flamel se rendit d'à-bord célèbre et commença sa fortune par la calligraphie et la peinture des manuscrits ^. Déjà la caricature commençait à se montrer; plusieurs manuscrits représentent des charivaris populaires très-curieux. Parmi les œuvres le plus magnifiquement enluminées du siècle suivant, figurent la traduction des Femmes illustres de Boccace, le Livre des demandes et réponses^ remarquable par des portraits d'un travail achevé, et plusieurs livres d'Heures ayant appartenu au duc Jean de Berri*. Un psautier du roi René le représente occupé à peindre, entouré d'hommes et de femmes en habits

* César Nostradamus, Histoire et chronique de Provence, citée par le catalogue du musée de Cluny, p. 103.

* M. Aimé ChampoUion-Figeac, Miniatures des manuscrits dans Le moyen âge et la renaissance, t. II.

• M. F. Bourquelot, Histoirede la peinture, etc., lac. cit., coI« 2,272.

♦ Dans son grand ouvrage intitulé : Peintures et ornements des manuscrits, M. le comte de Bastard a reproduit deux dessins e^itraits de ces Heures. Voir I. III, planches 35 et 36.

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