‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 230 sur 359 · MYSTÈRES INÉDITS · texte numérisé non relu

MYSTÈRES INÉDITS

parut surtout un très-grand nombre vers la fin du quatorzième siècle. Chaque localité un peu importante voulut sans doute avoir le sien. Le titre seul de quelques-'Jines de ces pièces suffira pour donner une idée des sentiments qui y étaient exprimés et de la culture dos esprits pour lesquels elles étaient faites ^, Parmi les mystères, ceux qui obtinrent

1 D'après M. Achille JubiniU ( Vi/slères inédits du quinzihne siècle, t. I, préface, p. xx), un manuscrit de la Bibl. imp., de la fin du quatorzième ou du coinniencem ni du quinzième siècle, inlilulé Miracles de Xoirp-Dnw, en deux volumes grand in-4, contient quarante de ces miracles dont il donne les tilres. J'en reproduis seulement quelques-ui!s:

« — Comment N, D. délivra une abbesse qui était grosse de son clerc.

« — S'tlomié, qui ne croinit pus que N. D. etist enfanté virginalement sans œuvre d'home, perdi les mains pour ce qu'elle le voulut esprouver; il se repentit, mit ses mains sur N. S., et elles lui furent rendues.

« — D'une none qui laissa son abaye pour sen aler avec un chevalier qui l'espou^a, ei depuis qu'ils orent tus de biaus enfans, N. D. aparut à elle, dont elle retourna duni son ubaije, et le chevalier se rendit moyne.

« — D'un évesque à qui N. D. aparut et luij dotia un jouel d'or auquel avait du lait de sis mamelles.

M — Une femme, nommée Theodora, pour son péchié se mit en habit d'home, et pour sa penunce faire, devint moijne^ et fut tenue pour home jusqu'après su mort.

« — Cl/ commence un miracle de saint Vaienlin, que ung empereur fisl décoler devant sa lubie, et tantôt s'estrangla l'empereur d'un os qui lui traversa la gorge, et diables l'emportèrent,

« — Cy commence un miracle de N. D.: Comment la fille du Roy de Hongrie se ropa la main pource que son frère la vouloit espouser, et un eslurgon la garda vu om en sa mulette,,,. »

Pendant longtemps ces jeux et mii acles furent représentés dans les églises. Peu à peu les mœurs et le goût s'épurant, le cleigé lui-même défendit ces représentations et toutes celles qui avaient lieu dans les temples. Le concile de Bâle rendit, à ce sujet, un décret ainsi conçu :

. ■( Turpem eliam illum abusum in quibusdam frequentaium ecclesiis, quo in certis anni celebritatibus, nonnulli cttm miira, buculo ac vestibus poitii/icalibus, more episcoporum benedicunt ; alii ut reges ac duces in-

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