‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 231 sur 359 · LES MYSTÈRES A METZ · texte numérisé non relu

LES MYSTÈRES A METZ

le plus grand succès furent, après la Passion, la Conceplion et Sainte Catherine. Ce dernier, représenté à Metz en 1434, dura trois jours. « Et fust, dit un témoin ocu- « laire, Jean Didier, ung notaire, Sainte-Catherine ^ » L'impression produite par cette représentation dut être vive, car en 1437 les habitants de Metz firent élever, dans une plaine voisine de la ville, un nouveau théâtre, à neuf étages, sur lequel on joua le mystère en vogue, celui de la Passion. « Et fut Dieu, dit le même chroniqueur, un sire appelé seigneur Nicolle, lequel estoit curé de Sainct-Victor de Metz, lequel fut presque mort en la croix s'il n'avoit esté secouru-, et convint que un autre prestre fut mis à la croix pour parfaire le personnage dou crucifiement pour ce jour; et le lendemain le dict curé de Sainct-Victor parfit la résurrection; et fit très-haultemei.t son personnage et dura ledit jeu. Et un autre prestre, qui s'appeloit messire Jean de Nicey,fut Judas, lequel fut presque mort en pendant, car le cueur lui faillit, et fut bien hâtivement despendu et porté en voye. Et estoit la bouche d'Enfer très-bien faite, car elle ouvroit et clooit quant les Diables y vouloient entrer et issir ^. » Un auteur contemporain a fait du purgatoire, tel qu'il était représenté sur les

dtili, quod feslum fiiiuoriim tel innocciidum seu puerorum in quibusilam regionibns miiicuijatnr ; nlii hin<ales ac theciira^es jocos ; alii choreas uc iripudia mariiim ac muUernm facieiiies ut liomines ad spectaatlnm et cacliiiiiiutiones movennt, alii comrntss iiioiips et coiivivia ibidem préparant. Hxc sancla Synodus dctestuns, staiuit et jubet, etc., etc.»

L'édil de la pragtnutiiiue sanction rendu -i IJoiirges. le 7 juillet 1 438, approuva ces inlerdietions et donna force de loi au décret du concile de Baie, dans toute l'élemlue du royaume. [Recueil général des anciennes lois françaises, t. iX, p. 42)

* Les frères Parfait, Histoire du théâtre français, depuis son origine jusqu'à présent, t. Il, p. 262.

* Histoire du théâtre français, etc., p. '^54.

210 ARNOUL GREBAN.

théâtres du moyen âge, le tableau suivant : « Notez que la limbe doit estre une habitation en la fasson d'une grosse tour quarrée, environnée de retz et de filetz ou d'autre chose clère, afin que, parmi les assistants, on puisse voir les âmes qui y seront. Et derrière la dicte tour, en ung entretien, doit avoir plusieurs gens crians et gullans horriblement tous à une voix ensemble, et l'ung d'eux qui aura bonne voix et grosse parlera pour luy et les aultres âmes damnées de sa compaignie^. »

Enfin, après les mystères que nous venons de nommer, celui àes Actes des Apôtres excita encore l'enthousiasme. Vers le milieu du quinzième siècle, Arnoul Greban composait sur le sujet toujours populairede la Passion un nouveau mystère qui renfermait une sorte d'idylle sans aucun lien avec la donnée principale, mais empreinte d'une certaine naïveté, pleine d'ailleurs d'affectation. La scène suivante, tout à fait épisodique, se passe entre deux pastoureaux, Aloris etPellion^.

ALORIS.

I! fait assez doulce saison

Pour pastoureaux, la Dieu mercy

PELLION.

Rester ne pourroye en maison Et voire ce joyeux temps-ci,

ALORIS.

Fy de richesse et de soucy !

Il n'est vie si bien nourrie Qui vaille estât de pastourie.

PELLION.

On parle de grant seigneurie,

•M. Achille Jubinal, loc. cil., préface, p. XLil. * M. Ch. Louandre, loc. cit.

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