FRANÇOIS 1" ET BRANTOME
— Sourdes rumeurs contre Jacques Cœur. — Sa confiance. — 11 reçoit une gratification du roi, qui le fait arrêter quelques jours après.
La duchesse d'Étampes, Diane de Poitiers, Gabrielle d'Estrées, mademoiselle de La Vallière, madame de Montespan, madame de Pompadour et beaucoup d'autres favorites ont laissé un nom célèbre. Aucun n'est devenu populaire comme celui d'Agnès SoreP. Un joli quatrain de François I"^, une historiette de Brantôme, tels sont les titres sur lesquels cette popularité repose. Brantôme, ce libre causeur, rapporte que Charles VII, absorbé par son amour, négligeait les affaires du royaume pour Agnès Sorel. Un jour, celle-ci lui aurait dit qu'étant encore jeune fille un astrologue la prévint qu'elle serait aimée d'un des rois les plus vaillants et les plus courageux de la chrétienté; qu'elle avait d'abord cru que cet horoscope était réalisé , mais qu'elle s'apercevait bien du contraire, et qu'il s'agissait sans doute, dans la prédiction, du roi d'Angleterre qui « faite soit de si belles armes et prenoit tant de belles villes à la « barbe du Roy, ajoutant qu'elle alloit le trouver, car c'est « celuy duquel entendoit l'astrologue. » — « Ces paroles, « ajoute Brantôme , picquèrent si fort le cœur du Roy « qu'il se mit à plorer, et de là en avant, prenant courage,
1 On écrivait au quinzième siècle, Seurelle ou plus souvent Sorelle, bien que le nom de famille fût Soreau, Cette habitude de modifier le nom des femmes était commune au moyen âge. On lit dans les Mémoire» de DuClercq {Année 1465) : « Au dit an, le 21^jourde juing, en la ville « d'Arras, une femme mariée, nommée Jehanne Lenglesse, femme de « Jehan Lenglé... » Le même usage existe encore dans les campagnes, notamment en Provence.
* « Gentille Agnès, à bon droit plus mérite,
« La cause estant de France recouvrer, N Que ce que peut dedans un cloistre ouvrer, « Close nonnain, ou bien dévot hermite. »