‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 270 sur 359 · CHEFS D'ACCUSATION · texte numérisé non relu

CHEFS D'ACCUSATION

très-grand nombre, avaient, comme on devait s'y attendre, été formulés contre lui. On l'accusait ;

D'avoir vendu des armes aux infidèles et exporté dans le Levant des monnaies françaises et des lingots, marqués d'une fleur de lis;

D'avoir fait fabriquer des écus courts de poids;

D'avoir fait embarquer de force à Montpellier, sur ses navires, divers individus dont un s'était jeté à la mer de désespoir;

D'avoir fait ramener à Alexandrie un esclave chrétien qui s'était réfugié sur un de ses navires;

Enfin, de s'être attribué des dons faits au roi par diverses villes du Languedoc, et d'avoir commis dans ce pays des exactions nombreuses.

L'année d'auparavant, Charles YII avait fait arrêter et renfermer, au château de Tours, Jean de Xaincoins, receveur général de ses finances en Languedoc et en Langued'oil, ce qui équivalait aux fonctions de trésorier général du royaume. Jean de Xaincoins était accusé de concussion et de falsification d'écritures. Interrogé par quelques membres du Grand Conseil, il avait, dit-on, avoué son crime. La peine capitale aurait pu lui être appliquée, mais Charles VII lui fit grâce de la vie. Xaincoins fut condamné à la prison, à la confiscation de tous ses biens et à une amende de soixante mille écus d'or, qui, s'il faut s'en rapporter à l'historiographe de Charles YII, «sembloit estre bien peu de chose, au regard de ce que l'ancien receveur général avoit pillé et dérobé, comme sa propre confession le portoit. » Un magnifique hôtel qu'il avait fait construire à Tours fut donné par Charles VU au comte de Dunois *.

» Jean Charlier, Histoire de Charte» YII, dans Godefroy, p. 219.

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