‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 271 sur 359 · DÉPOSITION DES TÉMOINS. 2C · texte numérisé non relu

DÉPOSITION DES TÉMOINS. 2C

La CDD lamnation de Jean Xaincoins était évidemment un précédant très-fâcheux pour Jacques Cœur, et il est probable qu'elle fut habilement exploitée par ses ennemis. Quelques historiens ont même pensé qu'elle avait été provoquée dans ce but, et l'on est surpris qu'elle ne lui ait pas servi d'avertissement.

L'interrogatoire des témoins commença le 10 septembre 1451.

Le fait relatif aux ventes d'armes fut d'abord établi. Un témoin déposa à ce sujet que Jacques Cœur lui avait montré à Montpellier « des guisarmes, des haches, des arbalètes, des cranequins, un riche jazeran, un grand nombre de belles salades garnies d'argent, ainsi qu'une coupe dont il vouloit, disoit-il, faire présent au souldan pour avoir sa faveur aufaictde ses gallères^. » Ces objets avaient en effet été

* Procès de Jacques Cœur, p. 325 à 334. — Au sujet du commerce avec les Juifs et Sarrasins, voici quelle était la coutume du quinzième siècle : « il n'appartient à nul chreslien de faire avec eux quelque participation ne compagnie, ne substanter contre les chrestiens ; et quiconque le fait, il chet en excommunication et confiscation de Li'^ns, et est réputé comme iraistre à Dieu. » {Somme rural, ou le grntid coustumier général de praciique, civil et canon, par Jean Bouleiller, liv. H, litre XII.) Depping a raconté avec délail, dans son Histoire du commerce entre le Levant et l'Europe (t. Il, chap. X, p. 170 et suiv.), les entraves que ce commerce avait eu longtemps à souffrir de la part de l'autorité ecclésiastique. Pendant plusieurs siècles, les papes avaient cru que la défense du commerce avec le Levant était un excellent moyen de combattre et de ruiner les infidèles ; ils tenaient de plus à empêcher l'odieux tralic des Vénitiens qui enlevaient ou achetaient sur les côles des enfants qu'ils allaient ensuite vendre aux Sarrasins. Telle fut l'origine et le principal motif des interdictions. Des commerçanls vénitiens ayant passé outre, ils furent frappés d'excommunication; puis, à l'heure de la mort, voulant rentrer en grâce avec le ciel, Il plupart léguèrent leurs biens aux églises. Un grand nombre de testarr.euts de ce genre ayant été attaqués par les familles, des théologiens et des casuisles vénitiens décidèrent qae les commerçants n'a-

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