‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 275 sur 359 · MOYENS JUSTIFICATIFS · texte numérisé non relu

MOYENS JUSTIFICATIFS

Quant à l'esclave qu'une de ses galères avait ramené, d'abord il ne savait pas qu'il fût chrétien ; ensuite cet esclave avait été conduit en France, contrairement aux conventions avec le Soudan d'Egypte. Aussi les marchands français du Levant et le grand-maitre de Rhodes lui avaient-ils écrit que, s'il ne le faisait pas rendre, son commerce en souffrirait beaucoup. Il ne s'y était, d'ailleurs, décidé qu'après avoir consulté les marchands et négociants de Montpellier.

La justification au sujet des exactions qu'on lui reprochait d'avoir commises dans le Languedoc fut moins concluante. Il répondit «qu'il ne se trouveroit point qu'il eust exigé aucune somme d'or ni d'argent dont il n'eust tenu ^t eust bonne volonté de tenir bon et loyal compte, et qu'il pouvoit estre que ledict pays, oultre la somme octroyée, auroit donné aucunes petites sommes de deniers qu'il auroit eues et appliquées à son profict. » Au surplus, Charles VII ayant dit, au commencement du procès, que « si ledict argentier n'estoit trouvé chargé d'avoir empoisonné ou faict empoisonner ladicte Agnès Sorelle, il luy remettoit et pardonnoit tous les autres cas dont on lui faisoit charge, » Jacques Cœur réclamait, particulièrement à à cet égard, l'effet de la parole royale ^.

Cependant, le procès traînait en longueur et des délais imprévus venaient, de temps à autre, ajouter à l'impatience des accusateurs et des juges. Arrêté le 30 juillet i 454 , à Taillebourg, Jacques Cœur avait été transféré, à la suite de la cour, au château de Lusignan, où il fut interrogé pour la première fois, le 10 septembre suivant, par Guillaume Gouffier, premier chambellan du roi. Au mois de juin 1452, il était prisonnier à Maillé où la cour s'était trans-

1 Procès, etc., p. tl57.

Page 1