REPUS D'UN CONSEIL A JACQUES COEUR
portée. Le 26 juin, la commission extraordinaire se réunit dans la grande salle du château. Plusieurs des juges nommés à l'origine du procès avaient été remplacés, mais le comte de Chabannes et Otto Castellani, ennemis jurés de l'argentier, faisaient toujours partie de la commission. Le grand maître de l'artillerie, Jean Bureau^, et Etienne Chevalier, qu'Agnès Sorel avait désignés, avec Jacques Cœur, Robert Poitevin et le roi, parmi ses exécuteurs testamentaires, y figuraient également. On fit comparaître l'accusé et on lui signifia d'avoir à produire, dans un bref délai, la preuve de ses justifications. Sur sa demande de se faire assister par un conseil en ce qui concernait les griefs se rattachant à sa gestion, on lui répondit « que ce n'estoit pas la coutume du royaume, quand un officier estoit accusé de choses touchant son office, de luy donner un conseil, et qu'il devoit se défendre lui-même. »
Surprisde ce refus, espérant peut-être attendrir Charles VII , s'il était exactement informé de toutes les circonstances du procès, Jacques Cœur répondit que « quant à luy, il se remettoit du tout à la bonne grâce du Roy, que tout estoit au Roy et à sa disposition pour en faire en son bon plaisir. » Mais on passa outre. Les commissaires lui donnèrent alors la liste des griefs sur lesquels il aurait à répondre et
' Outre son frère Gaspard (ou, comme on disait alors, Jaspard), qui fut d'abord grand maître de l'artillerie (voir p. 58), Jean Bureau avait aussi un autre frère, nommé, comme lui, Jean Bureau, qui était pourvu d'une charge à la cour. La (jlle de ce dernier î^sabeau Bureau, épousa, en I4C3, Geoffroi Cœur. Rien n'indique positivement lequel des deux frères Jean Bureau fit partie de la commission extraordinaire qui jugea Jacques Cœur. Il semble toutefois que Geoffroi Cœur n'a pas dû épouser la fille d'un des commissaires qui condamnèrent son père, et c'est pour ce motif que j'ai indiqué le grand maître de l'artillerie en 1451, comme ayant été l'un de ces commis» 8aire«.