LE PROCÈS TRAÎNE EN LONGUEUR
voit point commis les dicts cas, et que les dicts témoings estoient ses hayneux^. »
On pouvait croire que, l'affaire étant arrivée à ce point, 4'arrêt ne tarderait pas à être prononcé; il n'eQ fut pourtant rien, et deux mois se passèrent encore en hésitations. Evidemment, le gouvernement était embarrassé et ne savait comment sortir des difficultés qu'il s'était créées. Il fallait néanmoins prendre un parti. Dans le courant du mois de mai 1453, Charles VII, alors au château de Lusignan'*, ordonna qu'on lui apportât les pièces du procès pour les faire examiner en sa présence. Jacques Cœur était en ce moment à Tours; de nouveaux interrogatoires pouvant être nécessaires, on le transféra à Poitiers. Serait-ce enfin sa dernière prison? Macée de Léodepart, sa femme, était morte depuis peu de temps. On a vu qu'il avait souvent regretté sa prodigalité et qu'il lui reprochait « de dispendre et dissiper tout ce qu'elle avoit entre mains, et, qu'à ceste cause, il ne laissoit que le moins qu'il povoit en sa maison. » La disgrâce de Jacques Cœur, la perte de cette immense fortune, les ennuis de toute sorte qui suivirent, n'avaient-ils pas avancé sa mort ®? Ainsi la main des hommes et la main de Dieu
» Procès, etc., p. 1162.
* Le château de Lusignan, près Poitiers, passait pour un des plus beaux et des plus forts qu'il y eût en France au mo,\en âge. Attaqué en 157 4 par le duc de Montpnnsier, qui, a(irès quatre mois de siège, finit par l'enlever aux protestants, il fut rasé de fond en comble, hranlôme ajoute, en racontant le fait, que " ce château étoit si admirable et si ancien, qu'on pouvoit dire que c'éloitla plus belle marque de forteresse antique, et la plus noble décoration vieille de toute la France. »
3 Elle mourut à Bourges dans les premiei s mois de l'aimée 1453. Ses restes turent déposés dans l'église de Saint-Aoustrillet, et l'on grava sur sa tombe cette simple inscription?
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(M. Raynal, Histoire du Berry, loc. cit., p. 81.)