‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 291 sur 359 · DÉSAPPROUVE LES POURSUITES DE SES FRÈRES · texte numérisé non relu

DÉSAPPROUVE LES POURSUITES DE SES FRÈRES

au Koy par manière qu'il eust aucune chose de quoy vivre, et que se jamais il n'en devoit amander, et deust-il mandier, il ne se opposeroit contre les criées, ne demanderoit autre chose que le lion plaisir et la honne grâce du Roy. A quoy je luy dis et respondis qu'il ne se desconfortast point, et que je ne faisoye doubte que le Roy n'eust pitié de luy, et que je luy pourvoiroye d'aucune chose, et lui feroye le mieux que je pourroye \ »

Une indemnité de cinq cents livres récompensa cet acte d'insigne faiblesse. Le 6 novembre, le procureur général faisait faire pour Ravant Cœur deux robes noires fourrées d'agneau, un chaperon, un pourpoint, divers autres habillements, estimés vingt-huit livres tournois, à déduire des cinq cents livres que le roi avait accordées. Deux jours plus tard, Ravant Cœur ayant «juré et affirmé qu'il n'avoit un seul denier pour vivre » on lui remit vingt-cinq livres^

Quand tout eut été préparé pour la vente des biens de l'argentier à Tours, à Bourges, à Paris, à Lyon, à Poitiers, à Montpellier, le procureur général Dauvet se rendit en Provence. Son principal but était de décider le roi René à livrer au roi de France ce neveu de Jacques Cœur, Jean de Village, envoyé autrefois en ambassade auprès du soudan. Jean de Village avait été fort mêlé dans le procès; aussi refusait-il, malgré des lettres de sûreté, d'aller rendre ses comptes à Montpellier, sur les terres du roi. Le procu- ^1 reur général arriva le 24 juin d454 à Aix, où le roi de Sicile ^1 faisait alors sa résidence. A peine descendu de cheval, il se ^ rendit auprès de lui; mais, le jour étant avancé, René lui ^ donna rendez-vous pour le lendemain, api^ès sa messe. Il

> Vente des biens, elc, folio 106, reclo.

^ Vente des biens, elc. M. RayDal, loc. cit. y p. 87.

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